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Didier Lambert : le ciel pour horizon

Par: Jacqueline Gamblin  

Rubrique: Les gens (février 2014)

 


Didier Lambert peint depuis 45 ans, avec des pigments naturels, des toiles grands formats qu’il exposera en mai à Los Angeles.

Le peintre Didier Lambert est « l’un des derniers artistes à occuper, depuis quarante-cinq ans, un atelier authentique, époque 1900 » de la Villa des Arts, là où vécurent Toulouse Lautrec, Cézanne, Renoir et, plus récemment, le cybernéticien Nicolas Schoeffer. Aujour­d’hui, l’artiste de 68 ans, cheveux poivre et sel et sourcils en bataille accentuant son air préoccupé, cherche en vain le calme favorable à la création. Le bruit des travaux environnants le tourmentent. Cependant, la magie s’opère une fois franchie la cour intérieure en chantier, où on regrette de ne pas pouvoir admirer la déesse des Arts ornant l’escalier, protégée des travaux par des bâches. L’artiste se détend dans son atelier logement où la mezzanine d’origine, en bois, a été reconstituée à l’identique. Sur le mur de face, une œuvre figurative très grand format envahit l’espace. Le peintre laisse le visiteur surpris libre d’interprétater en fonction de son imagination et de ses émotions. Mer ou océan ? Les vagues on­du­lent, presque palpables, déclinant la gamme des bleus. Du blanc de l’écume au vert des algues, les volumes sont si justement structurés qu’on croit y suivre le mouvement de l’eau jusqu’aux traces rougeoyantes de soleil couchant, dans le lointain.
D’une série de petits formats posés près d’un chevalet de bois, Didier Lambert exhume une toile récente (vagues sombres, ciel tourmenté, ponctué d’une minuscule touche d’or) tandis que nous prenons place près du vieux poêle Godin qu’il alimente, l’hiver, « au bois de récup ». Cette œuvre tourmentée symbolise le trouble généré par le bruit des travaux. Des dizaines de peintures reposent dans leurs cadres, face appuyée aux murs de l’atelier où broc à eau et cuvette en étain, vieux réveil, poste de radio, lampe-tempête, balais de coco témoignent d’une carrière féconde, emplie de souvenirs nostalgiques. Le regard s’attarde sur un bouquet de longs pinceaux chinois, voisinant les peintures en pots – les préférées de l’artiste – et en tube...
(Lire la suite dans le numéro de février 2014)