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Béatrice Moreau, corsetière des grands metteurs en scène

Par: Michel Cyprien  

Rubrique: Les gens (avril 2015)

 


De baleines en lacets, Béatrice Moreau a fait évoluer l’art du corset auprès des plus grands créateurs, en haute couture, au théâtre, au cinéma et à l’opéra.

Béatrice, corsetière par hasard ? Sûrement pas. « Mon métier et mes projets représentent la pérennité d’un patrimoine familial. Du côté de mon père, je suis arrière-petite-fille et petite-fille de corsetières. Mon premier apprentissage s’est fait auprès de ma grand-mère dont le magasin se situait rue Simart. Il existe encore dans son jus, mais a changé d’enseigne. Quant à mon arrière-grand-mère, veuve très tôt à cause de la guerre, elle avait atelier et magasin à Rouen. Tout en fabriquant et vendant ses corsets, elle vendait des pianos à queue par correspondance afin d’arrondir ses fins de mois pour élever ses enfants. ».
Elle est élève à l’école primaire rue Damrémont quand ses parents quittent Paris pour la banlieue. Le bac en poche, Béatrice revient à Paris, en fac à Jussieu. La fac l’ennuie profondément, alors elle ira de petits boulots en petits boulots, elle sera ouvreuse dans les cinémas d’art et d’essai du quartier latin.

Valoriser le corps sans torture

On lui prête une machine à coudre, elle fera des robes, en ayant toujours cette arrière-pensée de travailler un jour pour le théâtre et ses costumes. Puis, par un heureux hasard, elle décroche une formation à la chambre syndicale du prêt-à-porter de Paris et découvre la bibliothèque des Arts déco. Là, elle se nourrit de planches de corsets de l’Encyclopédie de d’Alembert et Diderot. En même temps, elle découvre le styliste Issey Miyake et son corset en plastique rouge. « J’ai 25 ans alors, ma grand-mère m’offre son matériel, en particulier sa machine à coudre et sa machine à sertir les oeillets, avec laquelle je travaille encore. Il faut bien sertir un œillet afin que le lacet, système de fermeture des corsets, puisse coulisser facilement dans le dos de l’utilisatrice  »...(Lire la suite dans le numéro d’avril 2015)


Illustration : © Christian Adnin