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Adama Sacko, trompettiste et ferronnier d’art

Par: Sylvie Chatelin  

Rubrique: Les Gens (Janvier 2016)

 


Le beau parcours d’un enfant de la Goutte d’Or qui montre qu’on « peut être jeune dans le quartier et réussir ».

Dans le quartier tout le monde le connaît et il connaît tout le monde. Adama Sacko, 21 ans, né et élevé à la Goutte d’Or, s’y sent bien. Né dans une famille nombreuse de parents originaires de la région de Kayes au Mali, il est celui « du milieu », encadré de huit frères et neuf sœurs de 4 à 39 ans. Il n’est jamais allé, mais ira un jour, à Bamako et « au village » rencontrer la famille qu’il ne connaît pas. Il grandit dans une « bonne ambiance » familiale, va à l’école dans le quartier.
Il est « plutôt bon élève, sans problème ». En CP, il commence à fréquenter les Enfants de la Goutte d’Or (EGDO) qui vient alors de prendre contact avec l’atelier musical des Trois Tambours. Louise et Patrick Marty, musiciens et fondateurs de l’atelier, accueillent donc en 2003 un premier groupe d’enfants qui intègre la chorale Les P’tits Chanteurs de Barbès. Une bénévole d’EGDO les accompagne chaque semaine à l’atelier pour la répétition.

À cause du son

Très assidu, Adama est le seul à se voir proposer de débuter la pratique d’un instrument. Il choisit la trompette. « Ça lui plaît tout de suite » malgré les efforts et la rigueur qu’exige cet apprentissage. Et malgré l’opposition de son père qui, finalement, accepte qu’il en joue hors de chez lui et à la condition que ses résultats scolaires s’améliorent. Ce qui, souligne Lydie Quentin, directrice d’EGDO, se produit très rapidement car la pratique régulière d’un instrument apporte « quelque chose aux enfants qui leur appartient, les aide à devenir solides ».
Plus de dix ans après, et quelques fois l’envie de tout abandonner mais toujours soutenu et encouragé par Lydie et par Patrick, Adama joue toujours de la trompette et fait partie de l’orchestre de jeunes et du groupe de cuivres des Trois Tambours avec lesquels il participe à de nombreux concerts. Ses copains, qui au début lui disaient « arrête ça », « c’est nul », sont maintenant fiers de ce qu’il fait et le poussent à continuer... (La suite dans le numéro de janvier 2016)


Photo : © Tessa Chéry