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Quand la « loi travail » s’invite au conseil d’arrondissement

Par: Nadia Djabali  

Rubrique: La vie du 18e (avril 2016)

 


PC, Front de gauche et écologistes ont demandé le retrait de la loi de Myriam El Khomri, elle aussi élue du 18e.

Le débat politique national a trouvé une déclinaison locale en s’invitant au conseil d’arrondissement du 14 mars. Un vœu de­man­dant le retrait de la loi travail a été déposé conjointement par les groupes PCF-Front de gauche et EE-LV.
Pourquoi ce vœu ? « Parce qu’on pense que ce n’est pas un sujet uniquement national », a expliqué Hugo Touzet (PCF-Front de gauche) lors du débat au conseil d’arrondissement. « C’est un sujet qui va impacter directement et de manière très importante les habitants et celles et ceux qui travaillent dans le 18e arrondissement. »

Assumer ses convictions

Dans le 18e, plus d’une personne sur 10 entre 15 et 65 ans est demandeuse d’emploi. Avec un chômage qui touche plus particulièrement les jeunes : 22 % des demandeurs d’emploi ont moins de 25 ans.
« Si on devait déposer un vœu à chaque fois qu’on n’est pas d’accord avec ce gouvernement, je pourrais vous dire qu’il y aurait quelques vœux à la fin de chaque conseil d’arrondissement, a ajouté Pascal Julien. Nous sommes extrêmement raisonnables. Nous n’utilisons ce droit de vœu que ponctuellement, quand c’est grave, quand c’est solennel. Ce qui est le cas avec ce vœu sur la loi travail. »
Dévoiement de procédure, a estimé Éric Lejoindre maire du 18e. Débattre pourquoi pas, mais le conseil d’arrondissement n’a pas à voter un vœu et prendre position sur un débat qui ne le concerne pas directement. « Les habitants du 18e nous ont mandatés pour voter et savoir si on fait des crèches, si on fait des centres d’hébergements dans le 16e arrondissement ou dans le 18e ou dans les deux, pour gérer la propreté et l’ensemble de ces sujets. Ils ne nous ont pas mandatés, en tant que conseil d’arrondissement, pour prendre des positions sur des sujets de cette nature. Voilà pourquoi, après ce débat, je souhaiterai que ce vœu soit retiré, sinon j’inviterai à voter contre. »
Pour Gérald Briant (PCF-Front de gauche), le débat a toute sa place. « Il y a un moment il faut assumer le fait qu’on a des convictions. Les gens veulent savoir ce que pense leur maire et l’équipe municipale sur des sujets brûlants de l’actualité immédiate ». Le vœu a été rejeté à l’issue du vote.

Mauvaise idée ?

Phénomène assez rare pour être signalé : quelques jours avant le conseil d’arrondissement, les trois secrétaires de section du parti socialiste du 18e envoyaient une réponse publique à leurs « partenaires de la majorité municipale »... (Lire la suite dans le numéro d’avril 2016)