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Du Maquis de Montmartre à la villa Léandre

Par: Maryse Le Bras  

Rubrique: Histoire (octobre 2017)

 


Une balade à la découverte d’une des plus charmantes rues de Paris, bâtie sur les décombres d’un îlot de misère.

Montmartre recèle bien des endroits pittoresques et hors du temps, mais il en est un qui vaut vraiment le déplacement, tant par son charme champêtre, en plein Paris que par son passé riche d’histoire : c’est la villa Léandre. Une courte voie publique de 69 mètres de long, bordée de petites maisons, qui se termine en impasse. Située entre le 23 bis et le 27 de l’avenue Junot à Montmartre, cette voie, créée en 1926, s’appelait d’abord villa Junot. C’est en 1936 qu’elle prend le nom de villa Léandre, rendant ainsi hommage au peintre, illustrateur et caricaturiste prolifique Charles Léandre (voir encadré).
Jusqu’au XIXe siècle, à l’emplacement de tout ce quartier, s’étendaient des prés, des cultures maraîchères et des vignes, vestiges des cultures introduites sur la butte par les Bénédictines de l’abbaye des Dames de Montmartre. Et aussi plusieurs moulins : l’un d’eux se dressait tout au fond de l’actuelle villa Léandre, construit en 1724 par le meunier des Batignolles Nicolas Menessier, déjà propriétaire du Blute-Fin. Ce moulin fut appelé moulin des Prés, à l’image du Montmartre de l’époque, ou encore par les villageois moulin de la Béquille à cause de la perche de bois fixée sur le corps du moulin qui permettait de le faire pivoter et de l’orienter en fonction des vents.
Ce moulin, utilisé entre 1780 et 1793 par un membre de la célèbre famille des meuniers de Montmartre Pierre-Charles Debray, cessa d’être exploité au XIXe siècle. Les terrains ouverts à tous vents où il s’élevait se recouvrirent d’une singulière agglomération : une population de Parisiens démunis s’installe sur ces terres argileuses, pentues et du coup difficilement exploitables. C’est ainsi que débuta le Maquis de Montmartre, accroché au flanc nord de la butte à l’emplacement d’un triangle formé par nos actuelles rue Lepic, Girardon et Caulaincourt... (Lire la suite dans le numéro d’octobre 2017)


Photo : © DR