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La trace des colonies d’Amérique autour du Marché de la Chapelle

Par: Marcel Dorigny  

Rubrique: Histoire (janvier 2018)

 


Nous avons demandé à Marcel Dorigny, spécialiste de l’histoire et de la mémoire de l’esclavage en France, auteur de nombreux ouvrages dont l’Atlas des esclavages et habitant du quartier La Chapelle, de nous éclairer sur l’origine des noms de certaines rues de ce quartier.


Le quartier de La Chapelle, intégré au nouveau 18e arrondissement, a été créé par le recul des limites municipales de Paris qui passait ainsi de douze à vingt arrondissements. Il a été loti après 1860. Auparavant, le site faisait partie de la commune de La Chapelle. Le quadrilatère formé par les actuelles rues Riquet, de Torcy et de La Chapelle plus, à l’est, la rue Pajol était occupé en grande partie par le "marché aux bestiaux de La Chapelle", détruit en 1863. L’architecte Auguste-Joseph Magne, qui a construit entre 1858 et 1861 l’église Saint-Bernard-de-La-Chapelle dans le quartier de la Goutte d’Or, a ensuite réalisé, entre 1883 et 1885, le marché couvert qui existe toujours.

Le contrat du Sieur de L’Olive

Les rues qui forment aujourd’hui ce quartier, autour du marché de La Chapelle, portent des noms qui évoquent les "vieilles colonies" françaises d’Amérique, à l’exception de la Guyane et de la République de Haïti, l’ancienne Saint-Domingue française, la grande absente de la toponyme parisienne. La rue de la Martinique, la rue de la Guadeloupe, la rue de la Louisiane, la rue du Canada ont été baptisées en 1877. Toutes ces rues enserrent l’actuel marché couvert. La rue L’Olive, ancienne rue du Marché qui conduisait au marché aux bestiaux, a été baptisée en 1875. Seul l’accès au dossier d’archives permettrait de connaître les raisons qui ont amené les élus des années 1875-77 à consacrer ce quartier, alors nouveau, aux colonies d’Amérique, dont deux n’étaient plus terres françaises depuis longtemps : le Canada, devenu britannique en 1763, et la Louisiane qui, après avoir été espagnole de 1763 à 1801, a été rétrocédée à la France et finalement vendue aux États-Unis en 1803 par Bonaparte... (Lire la suite dans le numéro de janvier 2018)