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Un homme agressé à Marx Dormoy témoigne

Par: Bernard Kalaora  

Rubrique: La vie du 18e (mars 2018)

 


Six personnes ont été agressées au couteau, le 12 février dernier, rue Marx Dormoy. Cinq d’entre elles ont été hospitalisées, sans que leur vie ait été en danger. Vous le savez sûrement, cela a fait les unes de l’actualité parisienne. Un lecteur, habitant du quartier depuis 25 ans, victime lui-même de cette agression, a souhaité nous livrer son ressenti.

J’avais tenté d’alerter le président Macron sur la situation inhumaine pour ne pas dire apocalyptique des réfugiés à Paris porte de La Chapelle quelques mois après son élection, sans succès. J’ai aujourd’hui l’honneur de faire, avec d’autres personnes, la une du Parisien et de BFM mais cette fois en tant que victime d’une agression par un jeune réfugié marocain de 17 ans, venu à Paris il y a un an d’après le rapport de police et vivant dans la détresse totale entre La Chapelle, Jaurès et Stalingrad comme des centaines d’autres abandonnés dans ces quartiers depuis des années (plus de cinq ans) par les pouvoirs publics.
Ce jeune, face à l’indifférence générale de nos gouvernants et à la violence imposée par des conditions de vie bestiales est devenu lui-même un barbare. Point besoin d’être radicalisé, selon l’expression dorénavant politiquement correcte, pour passer à l’acte : sa situation inhumaine suffit pour comprendre la haine qu’il doit ressentir et qui l’a conduit à passer à l’acte. Face à un tel traitement inhumain et indigne, moi-même dans les conditions de non-vie qui lui sont faites, j’aurais peut-être été envahi par la haine de moi et de l’humain et animé de la volonté de tuer. Sans doute, me direz-vous, j’ai le syndrome de l’otage qui compatit pour son agresseur. (Lire la suite dans le numéro de mars 2018)