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Photographe humaniste

Par: Anne Thiriet  

Rubrique: Les Gens (avril 2018)

 


Caroline Feyt ouvre début mai un lieu d’exposition. La photographe, qui a travaillé pour la Ligue des droits de l’Homme et les Petits frères des pauvres, veut en faire un espace d’échange et de partage ouvert aux artistes.

"Sa maison était le point de rencontre pour les dissidents russes qui arrivaient à Paris dans les années 85. J’y ai rencontré toute une intelligentsia avec une aura, un charme incroyable, des ingénieurs, des poètes… qui vivaient ici pauvrement." Vitali Statzynsky, chez qui Caroline habite alors, a lui-même dû quitter l’Union soviétique où il était menacé par le KGB. "Cet illustrateur réputé gagnait sa vie comme bibliothécaire. Il m’avait loué une petite chambre dans le fond de son jardin, dans le 20e arrondissement. C’était le seul endroit où il ne pleuvait pas, raconte l’artiste qui réside aujourd’hui à la Cité Montmartre aux artistes, rue Ordener.

Vitali lui prête sa cuisine : "Je pouvais y faire sécher mes photos. Je les suspendais sur un fil à linge qui traversait toute la pièce. Cela l’amusait, il ne me demandait jamais de ranger."

S’évader

Paris est un pied-à-terre pour cette globe-trotteuse. Elle a quitté La Rochelle à 19 ans pour devenir photographe contre le souhait de sa famille, et s’échappe souvent. En Espagne, en Italie, en Norvège, en Inde… "Je traversais toute l’Europe pour faire des photos de paysage. J’avais très peu de moyens, j’ai fait du stop, j’ai vécu dans un camion pendant deux ans." (Lire la suite dans le numéro d’avril 2018)

Photo : © Jean-Claude N’Diaye