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	<title>Le 18e du mois</title>
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	<description>Le 18e du mois est un journal d'information sur le 18e arrondissement de Paris, ind&#233;pendant de toute organisation politique, religieuse ou syndicale. Il est &#233;dit&#233; par l'association des Amis du 18e du mois.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>Le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; du mois</title>
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		<title>Les dix jours qui pr&#233;c&#233;d&#232;rent l'&#233;vacuation des sans-papiers</title>
		<link>https://18dumois.info/les-dix-jours-qui-precederent-l-evacuation-des-sans-papiers.html</link>
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		<dc:date>2024-11-01T15:49:15Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Yves Rognant, Marie Delouze, No&#235;l Bouttier</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;En 1996, un collectif de sans-papiers s'installait dans l'&#233;glise Saint-Bernard &#224; la Goutte d'Or. Leur odyss&#233;e a eu un &#233;norme retentissement, dans le monde entier. &lt;br class='autobr' /&gt; Ce 12 ao&#251;t, il y a 147 jours que ce groupe d'environ 300 Africains sans-&#173;papiers a commenc&#233; son odyss&#233;e. Quatre jours &#224; l'&#233;glise Saint-Ambroise, expuls&#233;s, deux jours au gymna&#173;se Japy, expuls&#233;s, deux semaines au Th&#233;&#226;tre du Soleil &#224; Vincennes, avant de s'installer dans un hangar d&#233;saffect&#233; de la SNCF, rue Pajol, le 10 avril. Leur (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://18dumois.info/-vie-du-18-.html" rel="directory"&gt;Vie du 18&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://18dumois.info/local/cache-vignettes/L150xH100/unnamed-2-11826.jpg?1730476362' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En 1996, un collectif de sans-papiers s'installait dans l'&#233;glise Saint-Bernard &#224; la Goutte d'Or. Leur odyss&#233;e a eu un &#233;norme retentissement, dans le monde entier.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce 12 ao&#251;t, il y a 147 jours que ce groupe d'environ 300 Africains sans-&#173;papiers a commenc&#233; son odyss&#233;e. Quatre jours &#224; l'&#233;glise &lt;br class='autobr' /&gt;
Saint-Ambroise, expuls&#233;s, deux jours au gymna&#173;se Japy, expuls&#233;s, deux semaines au Th&#233;&#226;tre du Soleil &#224; Vincennes, avant de s'installer dans un hangar d&#233;saffect&#233; de la SNCF, rue Pajol, le 10 avril. Leur objectif : obtenir la r&#233;gularisa&#173;tion et des titres de s&#233;jour. Des personnalit&#233;s fran&#231;aises se sont propos&#233;es comme &#171; m&#233;diateurs &#187;, ont mis &#224; jour les dossiers, entam&#233; des pourparlers avec les services du gou&#173;vernement. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais le 26 juin, le ministre de l'Int&#233;rieur Jean-Louis Debr&#233; d&#233;ci&#173;de : 48 des sans-papiers, pas un de plus, recevront un permis de s&#233;jour d'un an, les autres se verront notifier l'ordre de quitter le territoire fran&#231;ais sous un mois. Le 28 juin, les Africains occupent l'&#233;glise St-Bernard et le 4 juillet, dix d'entre eux commencent une gr&#232;ve de la faim.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un rituel s'installe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce mois d'ao&#251;t &#224; l'actualit&#233; creu&#173;se, l'&#233;v&#233;&#173;nement a braqu&#233; les projecteurs sur les 300 Africains. Alors qu'ils craignaient d'&#234;tre oubli&#233;s et d'affronter les forces de l'ordre dans le silence g&#233;n&#233;&#173;ral, les voici &#224; la une des m&#233;dias en France et bient&#244;t dans le monde. Depuis qu'ils sont &#224; Saint-Ber&#173;nard, toutes les nuits, quelques sympa&#173;thisants montaient la garde dans la rue. Mais &#224; partir du 12 ao&#251;t, il y a du ren&#173;fort. D&#233;sormais ce sont en permanen&#173;ce 100 &#224; 300 personnes qui stationnent devant l'&#233;glise, se renouvelant constam&#173;ment. La plupart sont des anonymes, venus spontan&#233;ment du 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; ou d'ailleurs. Des tr&#232;s jeunes, et des vieilles dames qui disent leur &#233;motion. Un rituel s'installe. Un petit chapi&#173;teau a &#233;t&#233; dress&#233;, certains ont amen&#233; leur sac de couchage. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; 7 h, un por&#173;te-parole des Africains fait le point pour la presse. Vers 7 h 30, on va prendre le petit d&#233;jeuner au caf&#233; du coin de la rue Stephenson... Beaucoup partent &#224; leur travail, d'autres arrivent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Les puissants en bas du tr&#244;ne &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15 ao&#251;t, f&#234;te de l'Assomption, mes&#173;se solennelle. Comme ils le font chaque dimanche avant l'office, les Africains rangent les matelas et tout leur mat&#233;riel, nettoient la nef, installent les ran&#173;g&#233;es de chaises pour les fid&#232;les. Depuis longtemps, il est pr&#233;vu pour ce 15 ao&#251;t une rencontre exceptionnelle entre les paroissiens et les sans-papiers. &#192; la sortie de la messe, sur le parvis, lecture est faite de passages de l'&#233;vangile et du Coran, dans une sorte de c&#233;l&#233;bration fraternelle entre chr&#233;tiens et musulmans. &lt;br class='autobr' /&gt;
17 ao&#251;t. L'ultimatum de Debr&#233; expi&#173;re aujourd'hui. La nervosit&#233; est grande. Les policiers viendront-ils ? 18 ao&#251;t, la tension retombe un peu : il est improbable qu'ils interviennent un dimanche. 19 ao&#251;t, 20 ao&#251;t. &#171; Ils &#187; ne sont tou&#173;jours pas venus. &lt;br class='autobr' /&gt;
21 ao&#251;t. Daniel Vaillant, maire du 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;, vient le matin. Il fait une d&#233;cla&#173;ration &#224; la presse, parlant lui aussi de r&#232;glement au cas par cas. Le soir, 7 000 personnes manifestent de R&#233;publique &#224; Saint-Bernard. On entend les slogans : &lt;i&gt;&#171; Solidarit&#233; avec les sans-papiers &#187;&lt;/i&gt;. Une d&#233;l&#233;&#173;gation des Africains de Saint-Bernard a &#233;t&#233; re&#231;ue au minist&#232;re de l'Int&#233;rieur. Jupp&#233; a r&#233;uni les ministres concern&#233;s, Debr&#233; fait &#224; la t&#233;l&#233; une d&#233;claration jug&#233;e apaisante. Va-t-on enfin vers une ouverture ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Soudain, de tous c&#244;t&#233;s ... &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22 ao&#251;t, matin. Un des porte-parole des sans-papiers prend le m&#233;ga&#173;phone : &lt;i&gt;&#171; Nous craignons une inter&#173;vention ce matin. S'il vous pla&#238;t, restez au moins jusqu'&#224; 8 h 30. &#187;&lt;/i&gt; &#192; 7 h 30, un militant annonce : &lt;i&gt;&#171; Les voil&#224; ! &#187;&lt;/i&gt; Les cloches de l'&#233;glise sonnent. Tout le monde fait silence, et d'un coup ils sont l&#224; : des centaines d'hommes cas&#173;qu&#233;s, arrivant de tous c&#244;t&#233;s. Ils enjambent les gens assis, distribuent les coups de matraque pour se frayer passage, se font un chemin vers la porte de l'&#233;gli&#173;se, escaladent la grille. On entend les coups de hache, la porte c&#232;de. On entend des tirs de grenades lacrymo&#173;g&#232;nes &#224; l'int&#233;rieur. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les gens qui &#233;taient l&#224; ont &#233;t&#233; refoul&#233;s, encercl&#233;s sur un coin de trot&#173;toir. Il fait froid, c'est long, on ne comprend pas ce qui se passe. Puis on apprend qu'ils sont en train d'&#233;vacuer les Africains par la grande porte de l'&#233;glise. &#192; 11 h, sans un mot, le cordon de gendarmes s'ouvre. On peut partir. Beaucoup d'habi&#173;tants de la Goutte d'Or sont l&#224;. Des CRS, press&#233;s par la foule, perdent leur sang-froid, envoient des lacrymo&#173;g&#232;nes. Des gendarmes mobiles les remplacent. Vers midi, c'est fini. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dimanche 25 ao&#251;t. Il n'y a pas de messe &#224; Saint-Bernard aujourd'hui. Des panneaux de contreplaqu&#233; remplacent les portes cass&#233;es. Des cordons de policiers interdisent de passer devant le grand portail de l'&#233;glise.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Article paru en septembre 1996.&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Photo : Dan Aucante&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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