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	<title>Le 18e du mois</title>
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	<description>Le 18e du mois est un journal d'information sur le 18e arrondissement de Paris, ind&#233;pendant de toute organisation politique, religieuse ou syndicale. Il est &#233;dit&#233; par l'association des Amis du 18e du mois.</description>
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		<title>Le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; du mois</title>
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		<title>La brasserie, une invention sign&#233;e Dupont</title>
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		<dc:date>2024-11-29T14:32:27Z</dc:date>
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		<dc:creator>Laurent Laborie</dc:creator>



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&lt;p&gt;Le Dupont fut durant plus de 50 ans un acteur embl&#233;matique du carrefour Barb&#232;s-Rochechouart. Son propri&#233;taire est l'inventeur de la brasserie moderne telle qu'on la conna&#238;t aujourd'hui. &lt;br class='autobr' /&gt; La cha&#238;ne des caf&#233;s-brasseries Dupont a &#233;t&#233; fond&#233;e en 1887 par un Ardennais, Louis-Emile Dupont, deux ans apr&#232;s l'achat de son premier caf&#233; parisien. En 1909, il reprend le caf&#233; de la Maison Pierre Crouzet, &#224; l'angle des boulevards Barb&#232;s et Rochechouart, pour ouvrir le Caf&#233; Dupont. L&#224; o&#249;, en 1877, Emile (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://18dumois.info/local/cache-vignettes/L150xH109/archives_ori_ad075ph_arc0904-3a00d.jpg?1732894326' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='109' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le Dupont fut durant plus de 50 ans un acteur embl&#233;matique du carrefour Barb&#232;s-Rochechouart. Son propri&#233;taire est l'inventeur de la brasserie moderne telle qu'on la conna&#238;t aujourd'hui.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La cha&#238;ne des caf&#233;s-brasseries Dupont a &#233;t&#233; fond&#233;e en 1887 par un Ardennais, Louis-Emile Dupont, deux ans apr&#232;s l'achat de son premier caf&#233; parisien. En 1909, il reprend le caf&#233; de la Maison Pierre Crouzet, &#224; l'angle des boulevards Barb&#232;s et Rochechouart, pour ouvrir le Caf&#233; Dupont. L&#224; o&#249;, en 1877, Emile Zola situa l'action de L'Assommoir, au caf&#233; du p&#232;re Colombe. &#192; l'origine, c'est un grand bistrot sans charme particulier, que Louis-&#201;mile c&#233;dera en 1919 &#224; son jeune fils, &#201;mile-Louis, &#224; qui il souhaite mettre le pied &#224; l'&#233;trier apr&#232;s que le dernier est fait ses armes chez Monsieur Charton, propri&#233;taire de la grande &#233;picerie de la rue du Ch&#226;teau d'Eau. Le jeune patron est ambitieux, il veut r&#233;inventer le caf&#233; parisien. Monsieur &#201;mile, comme l'appellent ses employ&#233;s, veut en finir avec le bistrot de quartier sombre et inhospitalier. Son id&#233;e est d'ouvrir les caf&#233;s, d'en faire des lieux de vie &#224; part enti&#232;re. Il les veut bien &#233;clair&#233;s et richement d&#233;cor&#233;s ; des lieux o&#249; l'on prend plaisir &#224; se retrouver, pour faire soci&#233;t&#233;. Le tout avec des produits de qualit&#233; &#224; un prix abordable et surtout, un personnel irr&#233;prochable. Il y tient. Le bonhomme n'est pas commode. Comme en t&#233;moigne cet &#233;change paru dans Le Crapouillot en 1931. &#171; Mon personnel est dress&#233;. J'y ai l'&#339;il. Je leur tombe sur le r&#226;ble n'importe quand. &#192; trois heures du matin et il faut que &#231;a brille ! &#187;. La rumeur dit qu'il se d&#233;guisait en cur&#233; ou homme d'affaires pour surveiller ses employ&#233;s et les mettre &#224; l'amende en cas de manquements aux fondamentaux des &#233;tablissements Dupont. On pense aussit&#244;t &#224; Monsieur Septime, patron paternaliste et exigeant, interpr&#233;t&#233; par Louis de Fun&#232;s dans Le Grand Restaurant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le succ&#232;s de la brasserie chic et populaire est fulgurant : Dupont-Montmartre (1923), Dupont-Clichy (1924), Dupont-Moka, place des Ternes (1925), Dupont-M&#233;tropole sur les grands boulevards, et m&#234;me une brasserie sur les Champs-&#201;lys&#233;es, le Berry, puis le Dupont-Cambronne, Dupont-Latin (1934), Bastille, le Cyrano &#224; Pigalle&#8230; Le succ&#232;s tient aussi &#224; la modularit&#233; de ses brasseries, cette capacit&#233; &#224; attribuer plusieurs fonctions en un seul lieu. Le caf&#233; devient salon, restaurant, dancing, lieu de rencontre. De fait, on y abolit les conventions de rigueur dans les salons de l'&#233;poque, les classes sociales, on y rentre, on y passe, on &#233;change. Il devient lieu de rendez-vous intime, un deuxi&#232;me bureau, on y cherche l'inspiration et l'on s'y &#233;vade parfois en spectateur-r&#234;veur de la ville en mouvement. La brasserie devient, &#224; l'image de Barb&#232;s, un lieu de brassage social, un espace ouvert o&#249; chacun trouve sa place, que ce soit au comptoir ou en salle.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le nouveau Dupont-Barb&#232;s&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le barman-restaurateur, comme il se d&#233;finissait lui-m&#234;me, a un sens aigu du commerce et du public. Son go&#251;t pour la publicit&#233; et sa fine observation de la soci&#233;t&#233; font de lui l'inventeur de la brasserie moderne. Puisque c'en est fini du d&#233;bit de boisson &#224; la d&#233;coration incertaine, la nouvelle brasserie o&#249; l'on tient salon se doit de se trouver un nom, moins commun que ne l'est Dupont. &#192; l'heure de la r&#233;clame comme on en trouvait, en grand en large et en peinture sur les murs de Paris, la brasserie se cherche un slogan pour se d&#233;marquer&#8230; ce sera&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Chez Dupont, tout est bon &#187;. La formule rencontre un succ&#232;s imm&#233;diat. L'enseigne en reproduira l'acronyme sur sa devanture. Une marque, un slogan, il ne lui manquait plus qu'un moyen de communiquer et d'informer ses milliers de clients pour alimenter les conversations. Les &#233;tablissements Dupont &#233;dit&#232;rent un journal mensuel, Dupont-Magazine, destin&#233; &#224; la client&#232;le, qui traitait de l'actualit&#233; de la vie parisienne et des brasseries Dupont, son tirage &#233;tait de plus d'1 million d'exemplaires en 1935 !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1934-1935, Emile Dupont entreprend de r&#233;nover le Dupont-Barb&#232;s. Il impose aussit&#244;t son concept, l'ouverture accueillante t&#244;t le matin et &#224; bas prix dans un cadre luxueux. D&#233;coration avenante, enseignes lumineuses et fresque gigantesque courant le long d'un grand bar m&#233;tallique, le tout visible de l'ext&#233;rieur, l'effet est garanti, difficile pour le passant de r&#233;sister aux sir&#232;nes flamboyantes de la modernit&#233;, fussent-elles publicitaires. Au Dupont, le caf&#233; cr&#232;me est bon march&#233;, l'achat des marchandises se fait en gros, et l'on d&#233;pose m&#234;me les croissants sur la table pour inviter &#224; la consommation&#8230; Mais le plus souvent ils sont vol&#233;s&#8230; Un moindre mal pour Dupont car cela fid&#233;lisait la client&#232;le, disait-il ! Des mesures qui ne manquent pas de rappeler la patte commerciale du fondateur de Tati, Jules Ouaki, qui en reprit les recettes, dont son slogan &#171; Tati les plus bas prix &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Art et d&#233;coration&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;coration du Dupont-Barb&#232;s est confi&#233;e &#224; l'architecte et d&#233;corateur Charles Siclis, &#224; qui l'on doit notamment des salles de cin&#233;ma comme le Pigalle et le Fran&#231;ais (9&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;), ou les Cin&#233;-Paris-Soir Clichy (18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;). Il collabora &#233;galement avec son c&#233;l&#232;bre confr&#232;re Robert Mallet-Stevens sur le Cin&#233; 37, une salle temporaire r&#233;alis&#233;e dans le cadre de l'exposition internationale de Paris en 1937. Le mobilier du Dupont-Barb&#232;s est confi&#233; &#224; la c&#233;l&#232;bre maison Thonet, connue pour l'iconique chaise bistrot, dessin&#233;e en 1859, dite chaise 14.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Siclis est bien plus qu'un architecte, c'est un cr&#233;ateur d'atmosph&#232;re. Ainsi, il choisit attentivement la nature et la couleur des bois, selon leurs effets de stimulation, tout comme il prend soin de la densit&#233; des &#233;clairages. Il met en sc&#232;ne l'espace harmonieusement, pour cr&#233;er les conditions id&#233;ales de la consommation. Dupont y ajouta ses conditions, fixant le comptoir &#224; l'entr&#233;e &#171; pour que les courants d'air acc&#233;l&#232;rent le renouvellement de la client&#232;le &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le comptoir du Dupont-Barb&#232;s est immense, il &#233;pouse tout du long la vitrine de la brasserie, surplomb&#233; d'une grande fresque de 22 m&#232;tres r&#233;alis&#233;e par le ma&#238;tre Leonetto Cappiello, connu pour avoir notamment r&#233;alis&#233; les affiches Bouillon Kub. &#171; Cette fresque puissamment &#233;clair&#233;e devait &#234;tre visible de l'ext&#233;rieur au travers d'une immense verri&#232;re. Elle n'&#233;tait pas tant destin&#233;e aux consommateurs du bar qu'aux passants de la rue. Elle devait &#234;tre un appel. &#187; pr&#233;cise le designer Jacques Vi&#233;not dans la biographie qu'il consacre &#224; l'artiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autour, les nombreuses glaces de la brasserie Dupont red&#233;finissent la perspective pour mieux repenser la notion d'espace. La salle est con&#231;ue en paliers afin d'&#233;largir le champ de vision, un caf&#233; avec vue panoramique&#8230; comme au Louxor voisin, un puissant navire pr&#234;t &#224; fendre la foule, des balcons en cascade donnant sur un grand &#233;cran.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Dupont et Dupont&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Outre ses qualit&#233;s de barman-restaurateur, Monsieur Emile fut &#233;galement maire de Muids, une petite commune de 500 &#226;mes &#224; 100 kilom&#232;tres de Paris. Emile Dupont g&#233;rait sa ville en &#171; bon p&#232;re de famille &#187; comme on disait &#224; l'&#233;poque, une expression qu'il aurait certainement revendiqu&#233;e tant il veillait au bien &#234;tre de ses administr&#233;s, comme s'ils &#233;taient ses employ&#233;s&#8230; Pas de contraventions chez Dupont, le garde-champ&#234;tre d&#233;posait des &#171; papillons &#187;, des avertissements avant verbalisation ; la commune mettait &#224; disposition des carnets de r&#233;clamation, comme dans ses brasseries, o&#249; tout un chacun, touristes ou citoyens, pouvait y d&#233;poser suggestions et critiques. Il y installa m&#234;me une plage en bord de rivi&#232;re o&#249; il paradait parfois en costume de marin. On l'appelait l'Amiral. Un brin m&#233;galo, il avait son propre blason, dont l'&#233;cu &#233;tait orn&#233; d'un pont entour&#233; de grains de caf&#233;. Un personnage haut en couleurs que l'on aurait pu croiser chez Tati (Jacques) dans Jour de f&#234;te ou dans Mon Oncle. Touche &#224; tout, grand voyageur, cet homme aux allures de monsieur-tout-le-monde, se devait d'avoir aussi un avis sur la politique. &#171; Le mal dont souffre la France vient des abstentionnistes, rapporte la revue Noir et blanc, en 1955. P&#233;nalisons donc tout &#233;lecteur qui ne remplira pas son devoir &#233;lectoral &#8211; sauf cas de force majeure &#8211; d'une amende de 5 000 francs au premier tour et de 10 000 francs au second &#187;&#8230; La proposition ne fut pas retenue.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;De la brasserie &#224; Tati, toujours les plus bas prix&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Durant les ann&#233;es 50, le concept lanc&#233; par Emile Dupont est d&#233;sormais monnaie courante, maintes fois copi&#233;, il lui est difficile de se r&#233;inventer. &#192; cette &#233;poque, on imagine la restauration moderne &#224; l'am&#233;ricaine, en snack, grill et self-service, le mouvement navigue &#224; contre-courant de ce qui fit le succ&#232;s des brasseries Dupont. Face &#224; la crise et &#224; une concurrence de plus en plus rude, sans h&#233;ritier, Dupont passe la main de la brasserie de Barb&#232;s en 1961. Le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; juillet de la m&#234;me ann&#233;e, Le Monde rapporte qu'Emile Dupont offre une participation de 10 000 nouveaux francs pour sauver l'&#339;uvre de Leonetto Cappiello, alors qu'il en faudrait cinq fois plus pour la d&#233;tacher du mur et la maroufler pour assurer sa conservation. La fresque ne sera malheureusement pas conserv&#233;e. Dupont c&#232;de la brasserie &#224; Monsieur Portefaix, mais peu de temps apr&#232;s, ce dernier se voit retirer le droit d'utiliser l'enseigne Dupont au motif qu'il ne r&#233;pond pas aux canons de la cha&#238;ne de brasseries, nous rapporte Madame Foulquier, propri&#233;taire du Paris-Barb&#232;s, la brasserie qui succ&#233;da &#224; la gestion Portefaix en 1962. Elle poursuit : &#171; Avec mon mari, nous avons rachet&#233; le fonds de commerce &#224; Monsieur Dupont et g&#233;r&#233; durant 25 ans cette grande brasserie du carrefour Barb&#232;s-Rochechouart. Jean-Pierre Melville y tourna m&#234;me une sc&#232;ne de L'A&#238;n&#233; des Ferchaux avec Jean-Paul Belmondo. Apr&#232;s le d&#233;c&#232;s d'Emile Dupont, sa veuve nous a propos&#233; d'acheter l'immeuble, les travaux &#224; effectuer &#233;taient importants, tout autant que l'investissement. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est finalement Jules Ouaki, fondateur des magasins Tati depuis 1948, qui ach&#232;tera l'immeuble dans ce qui deviendra quelques ann&#233;es plus tard le navire amiral de l'enseigne. Tati est alors en pleine expansion. &#171; &#192; la toute fin des ann&#233;es 80, la famille Ouaki a refus&#233; de nous renouveler le bail, indique-t-elle. Nous avons &#233;t&#233; en proc&#232;s durant cinq ans, puis nous avons quitt&#233; Barb&#232;s pour ouvrir de nouveaux caf&#233;s parisiens. &#187; Tati s'installera par la suite et pr&#233;sentera ses bacs directement sur la rue, le client pourra toucher la marchandise, choisir parmi les v&#234;tements en vrac, sans m&#234;me entrer dans le magasin. C'est l'ouverture, &#224; Barb&#232;s, d'un nouvel espace cosmopolite et populaire qui deviendra embl&#233;matique. Au plus bas prix, dans la continuit&#233; de Dupont. Mais c'est une autre histoire que celle de la marque au Vichy rose.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Archives de Paris&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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