<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://18dumois.info/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Le 18e du mois</title>
	<link>https://www.18dumois.info/</link>
	<description>Le 18e du mois est un journal d'information sur le 18e arrondissement de Paris, ind&#233;pendant de toute organisation politique, religieuse ou syndicale. Il est &#233;dit&#233; par l'association des Amis du 18e du mois.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://18dumois.info/spip.php?id_auteur=219&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; du mois</title>
		<url>https://18dumois.info/local/cache-vignettes/L144xH23/siteon0-8401d.png?1689759624</url>
		<link>https://www.18dumois.info/</link>
		<height>23</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Chronique d'une maison du peuple</title>
		<link>https://18dumois.info/chronique-d-une-maison-du-peuple.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://18dumois.info/chronique-d-une-maison-du-peuple.html</guid>
		<dc:date>2026-04-03T00:09:59Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dani&#232;le Premel</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Si les pierres de la mairie du 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement pouvaient parler, elles nous transporteraient au c&#339;ur de deux si&#232;cles d'histoire, de luttes, de f&#234;tes et de r&#234;ves partag&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt; Tout commence en 1790, lorsque les paroisses de Montmartre et de La Chapelle, autrefois distinctes, s'unissent pour former la commune de Montmartre. Un acte fondateur qui marque la naissance d'un territoire singulier, &#224; la fois rural et rebelle, aux portes de Paris. &lt;br class='autobr' /&gt;
En 1837, la commune s'offre une premi&#232;re mairie, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://18dumois.info/-histoire-1620-.html" rel="directory"&gt;Histoire&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://18dumois.info/local/cache-vignettes/L150xH94/histoire-mairie_18_3__1_-f5c05.jpg?1775175002' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='94' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Si les pierres de la mairie du 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement pouvaient parler, elles nous transporteraient au c&#339;ur de deux si&#232;cles d'histoire, de luttes, de f&#234;tes et de r&#234;ves partag&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tout commence en 1790, lorsque les paroisses de Montmartre et de La Chapelle, autrefois distinctes, s'unissent pour former la commune de Montmartre. Un acte fondateur qui marque la naissance d'un territoire singulier, &#224; la fois rural et rebelle, aux portes de Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1837, la commune s'offre une premi&#232;re mairie, modeste b&#226;timent &#233;rig&#233; place du Tertre, l&#224; o&#249; se trouve aujourd'hui le square Jehan-Rictus et le c&#233;l&#232;bre mur des &#171; Je t'aime &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais mon histoire ne fait alors que commencer. Montmartre est encore un village : on y cultive la vigne, on y travaille la pierre des carri&#232;res et l'on regarde Paris au loin. Dans cette premi&#232;re mairie se jouent quelques &#233;pisodes marquants de l'histoire fran&#231;aise. En 1870, Georges Clemenceau, alors maire de Montmartre, y si&#232;ge avant de devenir l'une des grandes figures de la Troisi&#232;me R&#233;publique. Pendant la Commune de Paris, en 1871, la mairie accueille &#233;galement des figures r&#233;volutionnaires, parmi lesquelles le po&#232;te Jean-Baptiste Cl&#233;ment, auteur du Temps des cerises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'annexion en 1860, s'ouvre une nouvelle &#233;tape. Napol&#233;on III d&#233;cide d'int&#233;grer Montmartre &#224; Paris. La commune dispara&#238;t pour devenir le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement. Le quartier change rapidement, la population augmente et l'ancienne mairie devient trop exigu&#235; pour incarner les ambitions d'un territoire en pleine transformation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; la fin du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle que la R&#233;publique nourrit une grande ambition : faire des mairies de v&#233;ritables palais du peuple. Les citoyens doivent pouvoir entrer dans des b&#226;timents dignes, ouverts et accueillants. La maison commune doit rivaliser avec les anciens palais de la monarchie. C'est dans cet esprit que je fus con&#231;ue par l'architecte Marcelin-Emmanuel Varcollier comme un bel exemple de l'architecture m&#233;tallique alors tr&#232;s en vogue &#224; Paris &#224; la fin du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, dans la lign&#233;e des passages couverts. Inaugur&#233;e le 8 Juillet 1892, je marque ainsi ma pr&#233;sence comme institution municipale au c&#339;ur du quartier face &#224; l'&#233;glise Notre-Dame de Clignancourt.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Rivaliser avec les palais de la monarchie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La fa&#231;ade s'organise autour d'un vaste portique offrant une entr&#233;e abrit&#233;e. Deux arcs lat&#233;raux encadrent trois grandes arcades centrales, toutes en plein cintre. L'ensemble est construit dans un appareil &#224; bossages qui conf&#232;re &#224; la pierre relief et solidit&#233;. Les cl&#233;s de vo&#251;te sont orn&#233;es d'&#233;cussons d&#233;licatement sculpt&#233;s, une mani&#232;re de rappeler que la mairie n'est pas seulement un b&#226;timent administratif, mais aussi un symbole civique. Si vous levez la t&#234;te, vous apercevrez le grand balcon de la salle des mariages qui accueille, aux angles de sa balustrade, deux statues f&#233;minines accompagn&#233;es d'enfants, &#339;uvre de Gustave Crauk. Le hall d'entr&#233;e est un espace rectangulaire &#233;clair&#233; par sept grandes baies. A droite, le monument aux morts rappelle que je suis aussi un lieu de m&#233;moire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant m&#234;me de franchir le hall central, quelques marches conduisent vers l'entr&#233;e principale. Sur la gauche du palier, presque cach&#233;e, se d&#233;couvre une sculpture en marbre repr&#233;sentant un paysan et sa fille rappelant discr&#232;tement le pass&#233; agricole du 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;. Cette &#339;uvre est sign&#233;e de Jules Pendari&#232;s, artiste connu pour ses repr&#233;sentations populaires, ouvri&#232;res et paysannes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant p&#233;n&#233;trez dans le hall central. Au centre s'ouvre une cour couverte prot&#233;g&#233;e par une verri&#232;re reposant sur de fines colonnes de fonte moul&#233;e, &#233;l&#233;gantes et richement d&#233;cor&#233;es. La lumi&#232;re y descend doucement, cr&#233;ant un espace presque suspendu. Aujourd'hui, cette cour accueille r&#233;guli&#232;rement des expositions. Le grand escalier d'honneur en pierre &#224; double rampe s'&#233;l&#232;ve le long du hall. Sa g&#233;om&#233;trie savante semble accumuler les difficult&#233;s, comme pour d&#233;montrer la virtuosit&#233; de l'architecte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de monter &#224; la salle des f&#234;tes, le regard d&#233;couvre une pr&#233;sence inattendue : deux lions bondissants, les griffes en avant et la gueule ouverte, sculpt&#233;s avec vigueur. Ils servent de consoles au palier de l'&#233;tage. &#192; la base de l'escalier, comme &#224; l'approche de l'&#233;tage, ces lions semblent accompagner l'ascension vers les espaces c&#233;r&#233;moniels, tels des gardiens symboliques de la maison commune.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Lieu de f&#234;tes et de culture&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans le petit salon qui pr&#233;c&#232;de la salle des f&#234;tes, vous pourrez admirer ou simplement regarder deux grands tableaux de Maurice Utrillo, le plus c&#233;l&#232;bre enfant de Montmartre o&#249; il naquit en 1883 et dont la l&#233;gende nous dit, mais ne le r&#233;p&#233;tez pas, que ces tableaux sont un don de l'artiste pour payer ses imp&#244;ts. Cette salle, &#233;clair&#233;e par six grands lustres en bronze et en cristal, est prolong&#233;e par deux salons sym&#233;triques. Je ne suis pas qu'un lieu de services municipaux, je suis aussi un lieu de f&#234;tes et de culture. A mi-hauteur des tribunes d'orchestre &#233;clair&#233;es par des verri&#232;res elliptiques dominent une sc&#232;ne qui fait de ma salle de f&#234;tes un v&#233;ritable th&#233;&#226;tre ou une salle de musique avec son piano &#224; queue. Mais je suis aussi un lieu de m&#233;moire et sur les balcons figurent les armes de Paris, sculpt&#233;es en haut relief et accompagn&#233;es &#224; la base de guirlandes de fruits, de feuillages et d'angelots. Ici se tiennent concerts, bals et c&#233;r&#233;monies, car la vie municipale n'est pas faite que de d&#233;lib&#233;rations, elle est aussi faite de rencontres et de c&#233;l&#233;brations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vous incite, maintenant, &#224; emprunter le deuxi&#232;me escalier qui conduit &#224; l'une des pi&#232;ces les plus importantes de ma vie municipale : la salle des mariages. Je la voulais vaste et solennelle, &#224; la hauteur des engagements qui s'y prennent car le mariage civil n'est pas seulement une formalit&#233;, c'est aussi une promesse publique. Pour les citoyens cette salle accueille &#233;galement le conseil d'arrondissement. Ici se croisent les destins individuels et une part de l'avenir collectif des quartiers du 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; l'assistance, le pupitre du maire et de ses assesseurs tr&#244;ne avec &#233;l&#233;gance. Sur le mur, un buste de la R&#233;publique, drap&#233; &#224; l'antique et coiff&#233; du bonnet phrygien, pos&#233; sur une console de forme pyramidale en ch&#234;ne sculpt&#233;, veille sur les d&#233;bats. Derri&#232;re, une fresque repr&#233;sente la butte Montmartre et un panorama de Paris au loin. Elle immortalise plusieurs lieux embl&#233;matiques : rue Rustique, rue des Saules, le Moulin de la Galette ou encore l'ancien maquis, &#339;uvres du peintre Ernest-Marie Pernelle. Autant d'images d'un Montmartre disparu mais toujours pr&#233;sent dans la m&#233;moire du quartier. L'harmonie de la salle na&#238;t d'une subtile r&#233;partition des ouvertures qui se r&#233;pondent avec sept portes et sept fen&#234;tres, chiffre que de nombreuses cultures associent &#224; l'harmonie et &#224; l'&#233;quilibre tandis que la lumi&#232;re filtr&#233;e des vitraux vient renforcer la s&#233;r&#233;nit&#233; des lieux.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le secret&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais je poss&#232;de encore un secret : le caveau. Dans mes sous-sols se cache un lieu singulier, une cave &#224; vin et un caveau de d&#233;gustation. C'est la seule mairie parisienne &#224; disposer d'un tel espace, &#233;quip&#233; de pressoirs, de cuves et de f&#251;ts et j'en tire une certaine fiert&#233;. On y &#233;labore le vin de la Butte, issu des vignes du Clos Montmartre. Cette vigne urbaine doit pour beaucoup son existence &#224; la mobilisation d'artistes et d'habitants, parmi lesquels le dessinateur Francisque Poulbot, qui s'opposa autrefois &#224; un projet immobilier mena&#231;ant ce coin de Montmartre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque ann&#233;e, environ deux mille bouteilles sont produites. Le premier samedi d'octobre, elles sont vendues aux ench&#232;res, sous le marteau d'un commissaire-priseur, au profit d'&#339;uvres sociales. La R&#233;publique sait parfois joindre l'utile &#224; l'agr&#233;able.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, je demeure un pont entre pass&#233; et avenir. Mes pierres portent la m&#233;moire d'un village devenu quartier, d'un lieu o&#249; se m&#234;lent artistes, travailleurs, r&#234;veurs. Je suis la maison commune. Celle o&#249; l'on vient se marier, d&#233;battre, c&#233;l&#233;brer, se souvenir et parfois simplement franchir une porte pour se sentir chez soi dans la R&#233;publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; mon histoire. J'esp&#232;re qu'il y aura encore beaucoup &#224; &#233;crire sur ma vie pr&#233;sente et future comme Maison de peuple.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
