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	<title>Le 18e du mois</title>
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	<description>Le 18e du mois est un journal d'information sur le 18e arrondissement de Paris, ind&#233;pendant de toute organisation politique, religieuse ou syndicale. Il est &#233;dit&#233; par l'association des Amis du 18e du mois.</description>
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		<title>Le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; du mois</title>
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		<title>Les demoiselles du t&#233;l&#233;phone du central Marcadet</title>
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		<dc:date>2021-02-05T18:17:35Z</dc:date>
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		<dc:creator>Annick Amar</dc:creator>



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&lt;p&gt;Avant l'automatisation d&#233;finitive du r&#233;seau fran&#231;ais, des centraux t&#233;l&#233;phoniques h&#233;bergeaient de nombreux employ&#233;s. Ce personnel qualifi&#233; &#233;tait essentiellement constitu&#233; des &#171; demoiselles du t&#233;l&#233;phone &#187;, jeunes filles c&#233;libataires corv&#233;ables &#224; merci. &lt;br class='autobr' /&gt; Le temps n'est plus tr&#232;s loin o&#249; deux amis habitant loin l'un de l'autre pourront se parler sans avoir &#224; sortir de chez eux &#187;, d&#233;clare, en 1875, l'ing&#233;nieur et scientifique am&#233;ricain visionnaire Alexander Graham Bell. Le 14 f&#233;vrier 1876, il (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://18dumois.info/-histoire-1146-.html" rel="directory"&gt;Histoire&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://18dumois.info/local/cache-vignettes/L150xH97/arton1104-f777c.jpg?1787829573' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='97' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Avant l'automatisation d&#233;finitive du r&#233;seau fran&#231;ais, des centraux t&#233;l&#233;phoniques h&#233;bergeaient de nombreux employ&#233;s. Ce personnel qualifi&#233; &#233;tait essentiellement constitu&#233; des &#171; demoiselles du t&#233;l&#233;phone &#187;, jeunes filles c&#233;libataires corv&#233;ables &#224; merci.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le temps n'est plus tr&#232;s loin o&#249; deux amis habitant loin l'un de l'autre pourront se parler sans avoir &#224; sortir de chez eux &#187;, d&#233;clare, en 1875, l'ing&#233;nieur et scientifique am&#233;ricain visionnaire Alexander Graham Bell. Le 14 f&#233;vrier 1876, il d&#233;pose le brevet du t&#233;l&#233;phone. Face au rapide essor de cette invention, des centraux t&#233;l&#233;phoniques sont cr&#233;&#233;s dans le monde entier permettant au plus grand nombre de communiquer gr&#226;ce &#224; l'intervention d'op&#233;ratrices appel&#233;es les &#171; demoiselles du t&#233;l&#233;phone &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1889, l'&#201;tat fran&#231;ais rach&#232;te, avec l'objectif d'en faire un service public, l'exploitation du t&#233;l&#233;phone &#224; la compagnie concessionnaire priv&#233;e, la Soci&#233;t&#233; g&#233;n&#233;rale des t&#233;l&#233;phones. En 1911, afin de d&#233;sengorger le central t&#233;l&#233;phonique de la rue des Renaudes dans le 17&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement de Paris, un &#233;tablissement t&#233;l&#233;phonique manuel est construit dans le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;. Situ&#233; au num&#233;ro 266 de la rue Marcadet, pr&#232;s de l'avenue de Saint-Ouen, il comprend 2 200 lignes manuelles, soit 2 200 abonn&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le central Marcadet est destin&#233; &#224; desservir la nouvelle circonscription limit&#233;e par les voies suivantes : chemin de fer de l'Ouest-&#201;tat, fortifications, boulevard Ornano, rue du Mont-Cenis, rue des Martyrs, boulevards de Clichy et des Batignolles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour assurer la fonction de t&#233;l&#233;phoniste, l'&#201;tat recourt exclusivement &#224; du personnel f&#233;minin qui aurait, selon les st&#233;r&#233;otypes en vigueur &#224; l'&#233;poque, des &#171; oreilles irr&#233;prochables &#187;. Les t&#233;l&#233;phonistes sont assises devant des panneaux meubl&#233;s de tablettes horizontales &#233;quip&#233;es de connecteurs de type jack. Lorsqu'un abonn&#233; appelle, une petite lampe s'allume. L'op&#233;ratrice doit surveiller les lampes et r&#233;pondre aux appels. Elle dispose de cordons souples, appel&#233;s dicordes, qui lui servent &#224; &#233;tablir les connexions entre abonn&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les demoiselles du t&#233;l&#233;phone, comme dans la majorit&#233; des centraux parisiens, ont des origines sociales diverses : elles proviennent de la paysannerie, du monde ouvrier et parfois aussi de la petite bourgeoisie. Ce sont essentiellement des jeunes filles c&#233;libataires dont l'&#233;ducation et la morale sont jug&#233;es irr&#233;prochables. Durant les premi&#232;res d&#233;cennies de la t&#233;l&#233;phonie, elles perdaient g&#233;n&#233;ralement leur emploi lorsqu'elles se mariaient.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Recrut&#233;es par concours&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1890, elles sont recrut&#233;es par un concours administratif sp&#233;cialis&#233; de &#171; dame-employ&#233;e au t&#233;l&#233;phone &#187;. Pour r&#233;pondre &#224; des crit&#232;res de taille et d'&#226;ge, une visite m&#233;dicale est obligatoire. En effet, elles doivent mesurer au minimum 1,45 m et ne pas d&#233;passer 1,70 m &#8211; afin que leurs bras ne soient ni trop longs ni trop courts &#8211; et avoir entre 18 et 25 ans au plus. Le traitement d'une op&#233;ratrice d&#233;butante est de 800 francs par an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au central Marcadet, il y a une op&#233;ratrice pour environ 80 &#224; 100 abonn&#233;s, une surveillante pour dix t&#233;l&#233;phonistes, des surveillantes principales, des commis principaux, des sous-chefs et chefs de section ainsi que le chef principal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les demoiselles sont r&#233;parties dans deux brigades : l'une travaillant de 7 h &#224; midi et de 19 h &#224; 21 h, l'autre de midi &#224; 19 h. La nuit, des hommes prennent le relais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travail est r&#233;put&#233; &#233;prouvant pour les nerfs. Toutefois, les demoiselles b&#233;n&#233;ficient d'un mois de cong&#233;s pay&#233;s, de tarifs r&#233;duits pour les billets de train, d'un m&#233;decin du travail. En outre, elles re&#231;oivent une prime pour couvrir leurs frais de logement et une indemnit&#233; de repas. Elles ont &#233;galement la possibilit&#233; de progresser en devenant surveillante puis surveillante principale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1900, l'administration prend conscience de leurs difficult&#233;s de logement et d&#233;cide de leur procurer un foyer d&#233;cent. Initialement pr&#233;vu pour les demoiselles du t&#233;l&#233;phone, ce projet aboutit &#224; la construction en 1905 de la Maison des dames des PTT situ&#233;e au 41 rue de Lille dans le 7&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement. Ce foyer est dot&#233; de 111 chambres individuelles meubl&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de 1907, les laur&#233;ates du concours suivent une formation d'une quinzaine de jours dans les locaux du nouveau si&#232;ge de Passy. Elles apprennent, par session de dix &#233;l&#232;ves, les myst&#232;res de l'&#233;lectricit&#233;, les divers syst&#232;mes de t&#233;l&#233;phone, les commutateurs mais aussi &#224; r&#233;pondre &#224; des abonn&#233;s fictifs et &#224; leur donner la communication demand&#233;e, ainsi qu'une bonne articulation, la politesse, l'amabilit&#233; et la patience.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; J'&#233;coute ! &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Conform&#233;ment &#224; la r&#233;glementation en vigueur, lorsqu'elles arrivent au travail, les t&#233;l&#233;phonistes se branchent sur la &#171; position &#187; qui leur est attribu&#233;e. Elles sont &#233;quip&#233;es d'un casque, d'un micro style entonnoir autour du cou et lest&#233; par un poids sur l'estomac. Elles n'ont pas le droit de prononcer des paroles autres que les phrases st&#233;r&#233;otyp&#233;es du service et doivent accueillir chaque abonn&#233; par la formule &#171; &lt;i&gt;j'&#233;coute !&lt;/i&gt; &#187;. Assises les unes &#224; c&#244;t&#233; des autres, elles n'ont le droit ni de se retourner ni d'aller aux toilettes sans l'autorisation de la surveillante. Des tables d'&#233;coute sont aussi mises en place par l'administration afin que d'autres surveillantes, install&#233;es sur un bureau sur&#233;lev&#233;, se branchent &#224; l'improviste sur les communications en cours pour en contr&#244;ler les conditions de d&#233;roulement. D&#232;s lors, &#224; la moindre faute&#8230; elles verbalisent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les demoiselles doivent aussi faire preuve d'une discr&#233;tion absolue car les abonn&#233;s sont essentiellement des gens fortun&#233;s, des entreprises, des commer&#231;ants, des professions lib&#233;rales et notables, c'est-&#224;-dire une client&#232;le qu'il faut soigner et respecter. Leur situation est d&#233;licate car elles sont au courant de tout ce qui se passe tant au niveau des affaires publiques que priv&#233;es. Ainsi, la r&#233;clamation d'un abonn&#233; &#224; l'encontre d'une op&#233;ratrice peut &#234;tre lourde de cons&#233;quences pour l'agent concern&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; &#192; travail &#233;gal, salaire &#233;gal ! &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 1903, les demoiselles du t&#233;l&#233;phone adressent au Parlement un m&#233;moire dans lequel elles indiquent qu'en moyenne chaque employ&#233;e traite six communications par minute et t&#233;moignent de l'aspect d&#233;shumanisant de leur m&#233;tier dans les &#171; 24 commandements de la t&#233;l&#233;phoniste &#187;. &#192; cette &#233;poque, elles n'ont qu'un dimanche de libert&#233; tous les quinze jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1909, les dames-employ&#233;es au t&#233;l&#233;graphe initient une gr&#232;ve visant &#224; annuler le nouveau syst&#232;me d'avancement d&#233;cr&#233;t&#233; par le sous-secr&#233;taire d'&#201;tat aux Postes et T&#233;l&#233;graphes qui restreint fortement leurs possibilit&#233;s de promotion. Les demoiselles du t&#233;l&#233;phone participent &#224; ce mouvement devenu national dans l'objectif d'am&#233;liorer leur condition. En effet, elles travaillent (48 heures par semaine) dans un bruit assourdissant et continu. L'augmentation du nombre d'abonn&#233;s et du trafic, que la technique a du mal &#224; suivre, accentue les cadences et l'insatisfaction de clients de plus en plus exigeants. Les m&#233;decins constatent des probl&#232;mes auditifs, des n&#233;vroses professionnelles, des probl&#232;mes d'irritabilit&#233;. L'administration r&#233;siste et sanctionne de nombreux gr&#233;vistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1925, les dames-employ&#233;es se mettent &#224; nouveau en gr&#232;ve pour obtenir la parit&#233; des salaires avec les commis hommes dont le salaire maximum a &#233;t&#233; fix&#233; par le gouvernement &#224; 11 000 francs contre 7 200 francs pour elles. Elles demandent, par cons&#233;quent, l'instauration d'une seule classe d'agents, compos&#233;e d'hommes et de femmes, subissant le m&#234;me concours, ayant les m&#234;mes obligations, mais aussi les m&#234;mes salaires et les m&#234;mes droits. L'administration, craignant une g&#233;n&#233;ralisation de la gr&#232;ve dans tous les centraux t&#233;l&#233;phoniques, capitule.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le t&#233;l&#233;phone automatique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Invent&#233; en 1891, aux Etats-Unis, le t&#233;l&#233;phone automatique permet d'appeler directement un correspondant sans passer par une op&#233;ratrice. L'usager d&#233;croche son t&#233;l&#233;phone et num&#233;rote &#224; l'aide du cadran la s&#233;rie de chiffres identifiant son correspondant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Paris, le premier central automatique, le Carnot, est inaugur&#233; le 22 septembre 1928. En 1932, un autre, en b&#233;ton arm&#233; recouvert de briques, est construit dans le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement. Situ&#233; au num&#233;ro 114 de la rue Marcadet, le central Ornano-Montmartre est automatis&#233; d&#232;s sa cr&#233;ation. Celui de Marcadet l'est en 1933. L'automatisation ne fait pas dispara&#238;tre mais complexifie le travail des t&#233;l&#233;phonistes. Elles doivent d&#233;sormais assurer le contr&#244;le, la taxation des communications, les renseignements et les r&#233;clamations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mai 1968, une gr&#232;ve a lieu &#224; Ornano-Montmartre au sein duquel travaillent 140 personnes dont une cinquantaine de femmes. La plupart d'entre elles r&#233;pondent aux questions des abonn&#233;s prioritaires (m&#233;decins, h&#244;pitaux, personnes &#226;g&#233;es, etc.) et assurent le passage des communications avec d'autres centres t&#233;l&#233;phoniques de France et les communications internationales. Les revendications des gr&#233;vistes portent sur l'am&#233;lioration des conditions de travail et la reconnaissance du droit syndical. Le chef principal quitte son logement de fonction situ&#233; au 5&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; &#233;tage du central et remet aux gr&#233;vistes les cl&#233;s de l'immeuble en leur confiant la responsabilit&#233; de l'ensemble des services et des &#233;quipements. Des lits de camp et des couvertures sont amen&#233;s par celles et ceux qui habitent loin de la rue Marcadet. La restauration est assur&#233;e par les employ&#233;s de la cantine du 4&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; &#233;tage. Les gr&#233;vistes assurent des tours de garde jour et nuit afin de prot&#233;ger leur outil de travail de toute intrusion. Ils vont aux manifestations &#224; pied car la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale affecte aussi le m&#233;tro. Et, aux rares moments de temps libre, ils montent sur la butte Montmartre o&#249; les attendent les bars, la musique et les chansons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 15 d&#233;cembre 1979, l'ensemble du r&#233;seau t&#233;l&#233;phonique fran&#231;ais est totalement automatis&#233;. Les demoiselles du t&#233;l&#233;phone voient leur m&#233;tier progressivement dispara&#238;tre. La plupart d'entre elles sont reclass&#233;es dans d'autres services.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, le 11 juin 2002, &#224; Washington, la controverse relative &#224; la paternit&#233; du t&#233;l&#233;phone, invention qui continue de r&#233;volutionner nos vies, refait surface. La Chambre des repr&#233;sentants des &#201;tats-Unis reconna&#238;t officiellement l'Italo-Am&#233;ricain Antonio Meucci comme &#233;tant le v&#233;ritable inventeur du t&#233;l&#233;phone. Mais ceci est une toute autre histoire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Reproduction : Jean-Claude N'Diaye&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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