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	<title>Le 18e du mois</title>
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	<description>Le 18e du mois est un journal d'information sur le 18e arrondissement de Paris, ind&#233;pendant de toute organisation politique, religieuse ou syndicale. Il est &#233;dit&#233; par l'association des Amis du 18e du mois.</description>
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		<title>Le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; du mois</title>
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		<title>Pigalle : musiciens &#224; la cri&#233;e</title>
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		<dc:date>2021-10-29T17:48:25Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ivan Amar</dc:creator>



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&lt;p&gt;Pendant plus de trente ans, place Pigalle, s'est tenu tous les mardis un march&#233;, officieux mais tol&#233;r&#233;, la Bourse aux musiciens. Sortis de nulle part, des interm&#233;diaires douteux mais aux informations fiables venaient proposer aux artistes de jouer dans le milieu de la vari&#233;t&#233;, &#233;manation du music-hall. &lt;br class='autobr' /&gt; La place Pigalle, &#224; l'exacte couture des 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; et 9&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissements, a longtemps &#233;t&#233; fr&#233;quent&#233;e par des musiciens. Ce qui est ais&#233;ment compr&#233;hensible vu le grand nombre d'&#233;tablissements qui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pendant plus de trente ans, place Pigalle, s'est tenu tous les mardis un march&#233;, officieux mais tol&#233;r&#233;, la Bourse aux musiciens. Sortis de nulle part, des interm&#233;diaires douteux mais aux informations fiables venaient proposer aux artistes de jouer dans le milieu de la vari&#233;t&#233;, &#233;manation du music-hall.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La place Pigalle, &#224; l'exacte couture des 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; et 9&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissements, a longtemps &#233;t&#233; fr&#233;quent&#233;e par des musiciens. Ce qui est ais&#233;ment compr&#233;hensible vu le grand nombre d'&#233;tablissements qui ont fleuri dans un p&#233;rim&#232;tre restreint. On n'y compte plus les caf'conc en 1900 : beaucoup ont laiss&#233; leur nom &#224; la l&#233;gende (Le Chat noir, Le Ciel, L'Enfer, le Cabaret des Quat z'Arts) ; d'autres existent encore avec des vocations un peu diff&#233;rentes (le Moulin Rouge, la Cigale, le Trianon). Ce fourmillement de musiques populaires explique qu'autour du proverbial jet d'eau se soit d&#233;velopp&#233; un genre d'arri&#232;re-boutique de la profession : la Bourse aux musiciens, dont les heures de gloire commencent apr&#232;s la Lib&#233;ration jusqu'&#224; la fin des ann&#233;es 70.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les jours aux p&#233;riodes les plus fastes, mais le mardi seulement quand le travail s'est rar&#233;fi&#233;, de 18 h &#224; 20 h, les artistes venaient tra&#238;ner dans les caf&#233;s ou m&#234;me sur le terre-plein central dans l'attente d'une embauche d'un soir, d'une semaine ou d'une saison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques musiciens chevronn&#233;s s'en souviennent encore aujourd'hui. Par exemple Martial Solal, pianiste de jazz virtuose et instrumentiste tout terrain, qui quitte Alger en 1950 pour arriver &#224; Paris o&#249; il ne conna&#238;t personne. Et aussi Jean-Claude Casadesus, qui habite encore le quartier (lire son portrait dans notre n&#176;292). Celui qui fut directeur musical du Ch&#226;telet &#224; 30 ans, fondateur et directeur de l'Orchestre musical de Lille pendant quarante ans (de 1976 &#224; 2016), conseiller musical de Pierre Mauroy en 1981, a d&#233;but&#233; sa carri&#232;re comme percussionniste qui courait le cachet. La fr&#233;quentation de la place Pigalle &#233;tait alors in&#233;vitable. Bernard Lubat, &#233;galement percussionniste, mais aussi accord&#233;oniste, pianiste, chanteur, compositeur, qui d&#233;serte le Sud-Ouest lorsqu'il int&#232;gre le Conservatoire de la rue de Madrid, a aussi arpent&#233; la place Pigalle pour trouver des engagements de fortune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Des ench&#232;res &#224; mi-voix&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existait donc, sur le bitume ou dans les caf&#233;s avoisinants, une sorte de foire o&#249; les musiciens venaient se montrer pour louer leurs services. &#199;a fonctionnait &#224; la cri&#233;e. Quelques personnages myst&#233;rieux, qui centralisaient les offres, lan&#231;aient l'appel : &#171; &lt;i&gt;Un piano pour La Garenne-Colombes samedi soir ! Un trombone rumba pour Ozoire-la-Ferri&#232;re dimanche apr&#232;s-midi !&lt;/i&gt; &#187; &lt;i&gt;Les demandes&lt;/i&gt;, se souvient Bernard Lubat, &lt;i&gt;&#233;taient souvent composites&lt;/i&gt; : &#171; &lt;i&gt;Un piano-accord&#233;on-voiture pour Rambouillet demain soir !&lt;/i&gt; &#187; Les poly-instrumentistes, les multi-styles, les motoris&#233;s sont forc&#233;ment avantag&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit m&#234;me que les caf&#233;s avaient leur sp&#233;cialit&#233; : Les Omnibus pour les musiciens blancs, Le Parisien pour les noirs. Et La Renaissance pour les semi-professionnels qui acceptaient des cachets au rabais et, au dire des autres, tuaient le m&#233;tier. Mais ces &#171; semi-professionnels &#187; avaient souvent des comp&#233;tences tr&#232;s pointues. Notamment les guitaristes de fado, immigr&#233;s portugais, &#233;lectriciens le jour et artistes la nuit, sans parler des Manouches qui s'adaptaient &#224; peu pr&#232;s &#224; tout, en gardant malgr&#233; tout un soup&#231;on d'accent gitan !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les instruments sont concern&#233;s, mais encore faut-il savoir se glisser dans la mani&#232;re de l'orchestre qui vous embauche : dans les ann&#233;es 1950, les danses de caract&#232;re ont encore le vent en poupe, on encha&#238;ne la valse-musette et le pasodoble. Le slow doit &#234;tre langoureux et susciter le baiser sur le point d'orgue. Mais les chanteurs &#224; voix, les chanteuses r&#233;alistes aux amours malheureuses, sans cesse menac&#233;es par le surin de Damocl&#232;s d'un mauvais gar&#231;on qui les a s&#233;duites, remplissent encore les salles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but des ann&#233;es 60, le y&#233;-y&#233; d&#233;barque : il faut &#233;lectrifier sa guitare et se payer la Gibson qui fait la diff&#233;rence. Alors les musiciens se font concurrence, mais il y a encore de la place pour les chanteuses. Et pour &#234;tre chanteuse d'orchestre, il faut faire face au public. C'est-&#224;-dire sans partition ! Et donc conna&#238;tre par c&#339;ur une bonne centaine de chansons plus ou moins &#224; la mode, paroles et musique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'&#226;ge d'or de la vari&#233;t&#233;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant toute cette p&#233;riode, assez active pour les musiciens, la musique vivante est encore tr&#232;s pr&#233;sente : il y a les dancings, tous les soirs de la semaine ; il y a les galas pendant les week-ends. Dans les salles municipales, les th&#233;&#226;tres, les Maisons de la culture qui se d&#233;veloppent &#224; l'appel de Malraux et qu'on appelle encore les MJC (Maison des jeunes et de la culture), on va &#233;couter et on va danser. Les chanteurs de vari&#233;t&#233;s ont leur orchestre, mais il y manque souvent quelqu'un, d&#233;bauch&#233; pour une affaire plus juteuse. Il y a aussi tous les d&#238;ners-spectacles ou les d&#238;ners-dansants qui remplissent les brasseries le samedi soir. Avec bien s&#251;r quelques points forts dans l'ann&#233;e : le r&#233;veillon, le bal du 14 juillet et, parait-il, celui des Catherinettes qui aimante tous les c&#233;libataires de la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme les synth&#233;tiseurs n'existent pas encore, on a aussi de vrais musiciens, en chair et en os, pour les s&#233;ances de studio, ceux qu'on appelle des &#171; requins &#187;. Ceux-l&#224; doivent, de surcroit, &#234;tre d'impeccables lecteurs, capables de d&#233;chiffrer une partition &#224; vue. Mais tr&#232;s vite, ils quitteront la place Pigalle : on les joindra chez eux par t&#233;l&#233;phone et ce seront les premiers accros &#224; une nouvelle invention, le r&#233;pondeur t&#233;l&#233;phonique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin pour tous ceux qui travailleront jusqu'au bout sur le trottoir, une pratique reste sacr&#233;e, celle de la parole donn&#233;e : pas de contrat, pas de signature, pas de papier ; si on dit oui, on sera au bon endroit &#224; l'heure dite. Sinon, on est grill&#233; pour le reste de sa carri&#232;re ! &#8226;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo :&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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