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	<title>Le 18e du mois</title>
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	<description>Le 18e du mois est un journal d'information sur le 18e arrondissement de Paris, ind&#233;pendant de toute organisation politique, religieuse ou syndicale. Il est &#233;dit&#233; par l'association des Amis du 18e du mois.</description>
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		<title>Le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; du mois</title>
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		<title>Une jeune &#233;ditrice qui monte, qui monte</title>
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		<dc:date>2021-12-03T18:59:38Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Janine Mossuz-Lavau</dc:creator>



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&lt;p&gt;Jeanne Pois-Fournier est tomb&#233;e dans la litt&#233;rature toute petite avant de devenir une jeune &#233;ditrice prometteuse. &lt;br class='autobr' /&gt; Jeanne Pois-Fournier a 27 ans. Elle a toujours v&#233;cu dans le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;, o&#249; l'avaient pr&#233;c&#233;d&#233;e ses parents. Elle aime cet arrondissement au point, quand elle s'installe &#171; en couple &#187;, il y a peu, de s'&#233;loigner d'&#224; peine quelques rues de ses premiers p&#233;nates, pr&#232;s de la station de m&#233;tro Jules Joffrin. Peut-on vivre ailleurs que dans le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; ? Non, bien s&#251;r. &lt;br class='autobr' /&gt;
Jeanne est &#233;ditrice. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://18dumois.info/-les-gens-1233-.html" rel="directory"&gt;Les Gens&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://18dumois.info/local/cache-vignettes/L150xH130/arton1233-b492b.png?1787826465' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='130' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Jeanne Pois-Fournier est tomb&#233;e dans la litt&#233;rature toute petite avant de devenir une jeune &#233;ditrice prometteuse.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Jeanne Pois-Fournier a 27 ans. Elle a toujours v&#233;cu dans le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;, o&#249; l'avaient pr&#233;c&#233;d&#233;e ses parents. Elle aime cet arrondissement au point, quand elle s'installe &#171; &lt;i&gt;en couple&lt;/i&gt; &#187;, il y a peu, de s'&#233;loigner d'&#224; peine quelques rues de ses premiers p&#233;nates, pr&#232;s de la station de m&#233;tro Jules Joffrin. Peut-on vivre ailleurs que dans le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; ? Non, bien s&#251;r.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jeanne est &#233;ditrice. Comment est-ce possible, si jeune ? Apr&#232;s le bac, elle opte pour une hypokh&#226;gne puis une kh&#226;gne, rate le concours d'entr&#233;e &#224; Normale Sup' et se replie sur la Sorbonne. En master, ayant d&#233;croch&#233; un stage aux &#233;ditions de La Martini&#232;re, elle d&#233;couvre sa voie : le livre, rien que le livre. &#192; La Martini&#232;re, on ne s'y trompe pas : comme un d&#233;partement de litt&#233;rature est cr&#233;&#233; &#224; ce moment-l&#224;, d&#232;s la fin de son stage, on l'embauche en tant qu'assistante &#233;ditoriale. Elle a 22 ans.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'&#233;dition chevill&#233;e au corps&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Abandonnant sans regret son master, elle s'attache &#224; relever un d&#233;fi : cr&#233;er une collection, un catalogue, dans une maison sp&#233;cialis&#233;e jusque-l&#224; dans les &#171; &lt;i&gt;beaux livres&lt;/i&gt; &#187;. Se r&#233;v&#233;lant plus que dou&#233;e, polyvalente, Jeanne fa&#231;onne son poste avec une grande libert&#233;, travaille sur les manuscrits, tisse des liens avec les acteurs (m&#233;dias, agents, auteurs), enchant&#233;e par cette plong&#233;e dans la cr&#233;ation. Tr&#232;s vite, l'envie la prend de partager des id&#233;es, de proposer des textes, d'aller encore plus loin dans cette aide &#224; l'accouchement litt&#233;raire. En 2019, la voil&#224; pleinement &#233;ditrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ses qualit&#233;s ne sont pas reconnues qu'&#224; La Martini&#232;re o&#249; elle aura pass&#233; cinq ans. La directrice de L'Iconoclaste la contacte et la convainc de la rejoindre. Le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; septembre 2021, elle int&#232;gre donc cette nouvelle maison, plus petite, ind&#233;pendante, comme &#233;ditrice &#224; part enti&#232;re. La ligne &#233;ditoriale est diff&#233;rente, privil&#233;gie les r&#233;cits engag&#233;s, les &#339;uvres d&#233;voilant l'intime des auteurs. Comme elle l'explicite, ce m&#233;tier, &#171; &lt;i&gt;c'est la recherche de voix contemporaines fortes, qui parlent du monde d'aujourd'hui : on veut des livres qui s'inscrivent dans une sorte de n&#233;cessit&#233;, on doit se sentir dans l'impatience de les publier&lt;/i&gt; &#187;. Une &#233;ditrice qui cr&#232;ve d'envie de vous publier : le r&#234;ve pour nombre de scribouillards pas toujours accueillis &#224; bras ouverts !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Aller au-devant des auteurs&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Hors de question pour Jeanne de se cantonner &#224; la r&#233;ception de textes d&#233;j&#224; &#233;crits, il faut aller au-devant des auteurs, contacter des personnes qu'on aime, y compris lorsqu'elles s'illustrent dans le th&#233;&#226;tre ou la chanson. Instaurer un dialogue, &#233;couter, &#233;pauler au mieux les cr&#233;ateurs et cr&#233;atrices pour les aider &#224; atteindre tout &#224; la fois clart&#233; et singularit&#233;, les accompagner pour qu'ils offrent le meilleur d'eux-m&#234;mes, car apr&#232;s tout &#233;diter c'est mettre au monde : tel est &#224; ses yeux le c&#339;ur du m&#233;tier. Pour elle, &#171; &lt;i&gt;l'&#233;diteur ne doit pas avoir d'ego&lt;/i&gt; &#187;. Si certains, dans ce milieu, semblent ignorer ce conseil, elle-m&#234;me s'y tient fermement. Le d&#233;vouement &#224; l'auteur prime, comme s'impose la toute-puissance de la litt&#233;rature qui dessine des semaines de travail de sept jours sur sept et des journ&#233;es qui se terminent &#224; point d'heure. Sans compter les festivals, les signatures et autres &#233;v&#233;nements imprimant leur tempo. Sans compter aussi la lecture de ce qui se publie ailleurs et celle qu'elle engage pour son plaisir personnel (elle &#233;voque avec gourmandise Nabokov, Maupassant, Emmanuel Carr&#232;re). Car, dit encore Jeanne, &#171; &lt;i&gt;la litt&#233;rature, &#231;a se vit tout le temps : m&#234;me quand je cuisine, j'&#233;coute en podcast des interviews d'auteurs. Je ne suis jamais sans la petite musique du livre&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'art en arri&#232;re-fond&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Travailler jusqu'&#224; plus soif n'emp&#234;che pas de savourer pi&#232;ces et films. Ils alimentent notre jeune &#233;ditrice tout autant qu'ils la bouleversent, comme La femme d'&#224; c&#244;t&#233; de Fran&#231;ois Truffaut ou Les Diaboliques d'Henri-Georges Clouzot. Dans ce film &#224; suspense parmi les plus embl&#233;matiques de l'histoire du cin&#233;ma, comme d'autres, Jeanne a fr&#233;mi devant les yeux blancs de Paul Meurisse qui n'a plus du tout l'air, &#224; ce moment-l&#224;, d'&#234;tre &#171; &lt;i&gt;le nonchalant qui passe&lt;/i&gt; &#187; (selon les mots d'Henri Jeanson).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'instant, Jeanne n'envisage pas d'&#233;crire, ce n'est pas (encore ?) une n&#233;cessit&#233; pour elle. M&#234;me si elle r&#233;dige remarquablement bien. Plusieurs auteurs dont elle a corrig&#233; (sans indulgence) le manuscrit l'attestent, sans pour autant accepter d'&#234;tre cit&#233;s &#8211; il ne faut pas faire de jaloux quand on est attach&#233; &#224; une maison d'&#233;dition et que l'interlocutrice pr&#233;f&#233;r&#233;e est partie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle sait aussi avec diplomatie et gentillesse s'atteler aux lettres de refus d'un manuscrit. Corv&#233;e qui lui &#233;choit souvent car elle a l'art et la mani&#232;re. Les auteurs destinataires de ces missives n'aimant pas trop reconna&#238;tre publiquement avoir &#233;t&#233; &#233;cart&#233;s, on ne donnera, l&#224; non plus, pas de nom. Seuls subsistent les &#233;loges. Que demande le peuple&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle dit avoir eu jusque-l&#224; beaucoup de chance et, pour l'avenir, accorde toute sa confiance &#224; sa bonne &#233;toile. Qui veille peut-&#234;tre sur elle par-del&#224; les si&#232;cles, &#224; l'aide d'ondes baladeuses transmettant sans crier gare le go&#251;t du livre et de l'art. Deux faits l'attestent. Un des anc&#234;tres de Jeanne est le peintre Jean-Fran&#231;ois Millet (1814-1875) dont la deuxi&#232;me &#233;pouse, Catherine Lemaire, a donn&#233; naissance &#224; neuf enfants. L'a&#238;n&#233;e, pr&#233;nomm&#233;e Marie, est l'arri&#232;re-arri&#232;re-arri&#232;re-arri&#232;re-grand-m&#232;re de Jeanne qui n'a eu cependant pour dot ni un Ang&#233;lus, ni des Glaneuses : ce qui n'a pas &#233;t&#233; vendu du vivant du peintre est &#224; Orsay, &#224; Boston et aussi au mus&#233;e de Cherbourg-en-Cotentin. Autre signe du destin : toute petite, Jeanne est gard&#233;e au domicile d'un couple au 14 rue Nicolet, dans l'ancien appartement des beaux-parents de Paul Verlaine. Ce dernier y vivait avec Mathilde (son &#233;pouse) et Georges (leur fils), et ils y accueillirent Arthur Rimbaud pendant trois semaines, en septembre 1871. Que d'&#233;chos dans ces murs pour souffler &#224; une enfant que les bateaux peuvent &#234;tre ivres et les neiges d'antan luire comme du sable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment, apr&#232;s cela, &#233;chapper &#224; la litt&#233;rature ? Jeanne Pois-Fournier n'en a pas l'intention. Retenez bien son nom. On la retrouvera s&#251;rement un jour &#224; la t&#234;te d'une grande maison d'&#233;dition, et l&#224;&#8230;on verra ce qu'on verra.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Thierry Nectoux&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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