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	<title>Le 18e du mois</title>
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	<description>Le 18e du mois est un journal d'information sur le 18e arrondissement de Paris, ind&#233;pendant de toute organisation politique, religieuse ou syndicale. Il est &#233;dit&#233; par l'association des Amis du 18e du mois.</description>
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		<title>Le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; du mois</title>
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		<title>Une dose de bienveillance</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>St&#233;phane Bardinet</dc:creator>



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&lt;p&gt;Deux fois par mois, la salle de consommation &#224; moindre risque accueille les visiteurs pour montrer la r&#233;alit&#233; de cet &#233;tablissement qui a nourri de nombreux d&#233;bats depuis son ouverture. &lt;br class='autobr' /&gt; L'h&#244;pital Lariboisi&#232;re abrite, dans ses extensions des ann&#233;es 1970, une salle de consommation &#224; moindre risque (SCMR) pour les usagers de drogues par injection, tenue par l'association Ga&#239;a. Il existe deux SCMR en France, celle-ci et une &#224; Strasbourg. Le lieu est financ&#233; par l'Agence r&#233;gionale de sant&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://18dumois.info/-la-vie-du-18eme-1243-.html" rel="directory"&gt;La vie du 18e&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://18dumois.info/local/cache-vignettes/L150xH109/arton1250-c1c73.jpg?1787825809' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='109' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Deux fois par mois, la salle de consommation &#224; moindre risque accueille les visiteurs pour montrer la r&#233;alit&#233; de cet &#233;tablissement qui a nourri de nombreux d&#233;bats depuis son ouverture.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'h&#244;pital Lariboisi&#232;re abrite, dans ses extensions des ann&#233;es 1970, une salle de consommation &#224; moindre risque (SCMR) pour les usagers de drogues par injection, tenue par l'association Ga&#239;a. Il existe deux SCMR en France, celle-ci et une &#224; Strasbourg. Le lieu est financ&#233; par l'Agence r&#233;gionale de sant&#233; (ARS) pour environ 1,8 million d'euros annuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'entr&#233;e, le cadre &#233;voque plus un local associatif propre et neuf qu'un lieu de soins. Le rev&#234;tement imitation parquet au sol, les murs blancs, la salle de repos d'une vingtaine de m&#232;tres carr&#233;s qui offre si&#232;ges et tables ainsi que des livres et des revues en rayonnage sur un mur, des pr&#233;sentoirs avec des fiches techniques sur toutes les drogues disponibles sur le march&#233; (17 tout de m&#234;me, alcool compris) et des affiches de pr&#233;vention ou de promotion de la sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis septembre 2021, le centre ouvre ses portes deux fois par mois en soir&#233;e aux visiteurs, pour d&#233;mystifier et montrer le changement que la pr&#233;sence du centre induit, pour les habitants comme pour les usagers. Ce soir, une vingtaine de personnes sont pr&#233;sentes, scind&#233;es en deux groupes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Ce centre est n&#233; dans le sillage de la politique de r&#233;duction des risques qui remonte aux ann&#233;es 1980, port&#233;e pour beaucoup par M&#233;decins du monde, dont Ga&#239;a est une &#233;manation n&#233;e apr&#232;s la loi de 2005 cr&#233;ant les CAARUD (centre d'accueil et d'accompagnement &#224; la r&#233;duction des risques pour usagers de drogue). Nous administrons la SCMR depuis son ouverture en 2016&lt;/i&gt; &#187;, introduit Camille Giband, coordinatrice du centre en compagnie de Davide Melique, assistant social, qui seront nos guides. &#171; &lt;i&gt;Le quartier avait d&#233;j&#224; un historique d'exp&#233;rimentation, puisque le premier automate distributeur de kits et r&#233;cup&#233;rateur de seringues a &#233;t&#233; implant&#233; en 1995 aux abords de l'h&#244;pital, boulevard de La Chapelle.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Mis&#232;re et d&#233;tresse des usagers &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Les deux tiers des usagers qui viennent consommer ici sont sans domicile et parmi eux beaucoup vivent avec des pathologies psychiatriques qui n&#233;cessiteraient des prises en charge si les urgences psy n'&#233;taient pas d&#233;bord&#233;es. Et sans logement, tout est tr&#232;s compliqu&#233; tant pour le soin que pour l'administratif. On croise des gens dans le d&#233;nuement total. Ils vivent et subissent &#8211; particuli&#232;rement les femmes &#8211;, beaucoup de violence physique et mentale, entra&#238;nant une d&#233;gradation profonde de leur &#234;tre.&lt;/i&gt; &#187; Faute de logement, pr&#233;lude indispensable &#224; un nouveau d&#233;part, les moyens du centre sont d&#233;risoires pour accompagner les usagers vers une am&#233;lioration de leurs conditions de vie qui se veut surtout un maillon dans une cha&#238;ne. N&#233;anmoins, une &#233;quipe professionnelle et d&#233;vou&#233;e anime le centre. Une quarantaine de salari&#233;s g&#232;rent l'accueil mais aussi les maraudes, le ramassage des seringues, la m&#233;diation, la r&#233;ponse t&#233;l&#233;phonique et l'antenne mobile qui se d&#233;place sur les sc&#232;nes ouvertes. Educateurs sp&#233;cialis&#233;s, infirmi&#232;res, assistants sociaux et un m&#233;decin psychiatre pr&#233;sent trois fois par semaine, sans compter le soutien de nombreux b&#233;n&#233;voles, certains riverains de la gare du Nord, d'autres anciens usagers ou parfois mieux socialis&#233;s. &#171; &lt;i&gt;L'important pour eux, c'est de trouver ici un regard humain inconditionnel. Nous ne les traitons pas comme des marginaux, c'est important car venir ici peut d&#233;j&#224; repr&#233;senter un gros pas &#224; franchir &lt;/i&gt; &#187;, d&#233;taille Davide Melique. &#171; &lt;i&gt;Je suis ici depuis le d&#233;but et de belles histoires se sont cr&#233;&#233;es avec certains d'entre eux qui me reconnaissent et me saluent dans le m&#233;tro lorsque je les croise en train de faire la manche.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une r&#233;ussite de sant&#233; publique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Depuis 2016, 350 000 injections ont &#233;t&#233; pratiqu&#233;es ici, dans le respect des personnes et dans des conditions d'hygi&#232;ne d&#233;centes. &#171; &lt;i&gt;Ce sont par ailleurs autant de seringues qui ne sont pas jet&#233;es dans les rues &lt;/i&gt; &#187;, insiste Camille Giband, mani&#232;re de souligner que le travail joue aussi sur la qualit&#233; de vie du quartier. Consommation encadr&#233;e et tranquillit&#233; retrouv&#233;e, telles sont les deux jambes de l'exp&#233;rience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son p&#233;rim&#232;tre comprend aussi les abords de l'h&#244;pital. Il est donc entendu que, dans ces limites, les usagers, tr&#232;s souvent en possession de leur consommation personnelle, ne seront pas contr&#244;l&#233;s par la police. Et que celle-ci continue n&#233;anmoins de patrouiller, en gardienne de la paix. &#171; &lt;i&gt;La police joue le jeu, voire oriente certains usagers vers nous.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelque 160 passages sont enregistr&#233;s chaque jour. Les usagers sont accueillis la premi&#232;re fois par un entretien au cours duquel on enregistre leur nom ou pseudo ainsi qu'une date de naissance, sans v&#233;rification. &#171; &lt;i&gt;On ne leur demande rien, juste de nous dire quelles solutions intraveineuses ils utilisent, si la personne est majeure et si ce n'est pas une primo injection.&lt;/i&gt; &#187; Apr&#232;s ils passent par l'accueil et acc&#232;dent &#224; la salle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, les produits d'injection sont apport&#233;s par l'usager. &#171; &lt;i&gt;Le Sk&#233;nan ou sulfate de morphine repr&#233;sente 70 &#224; 80 % des consommations, explique Camille Giband. C'est rassurant car pour une dose achet&#233;e 5 &#8364; dans la rue, on dispose d'un produit tr&#232;s propre et qui &#233;vite les overdoses. &lt;/i&gt; &#187; La m&#233;thadone et la bupr&#233;norphine (Subutex), d'autres substituts &#224; l'h&#233;ro&#239;ne, se partagent le reste de la consommation. L'h&#233;ro&#239;ne est quasiment absente.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un lieu de bienveillance&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;R&#232;gle d'or pour les usagers : &#171; &lt;i&gt;Le centre et son p&#233;rim&#232;tre ne peuvent pas &#234;tre un lieu de deal, ni de r&#232;glements de compte, c'est un lieu de paix ou chacun laisse ses inimiti&#233;s au vestiaire&lt;/i&gt; &#187;, rappelle Camille Giband. Les utilisateurs signent d'ailleurs un contrat de vie en collectivit&#233;. &#171; &lt;i&gt;Et dans les faits, ici ou dehors, l'ambiance est paisible, on a moins de 3 % d'incidents remarquables.&lt;/i&gt; &#187; Une r&#233;ussite dont t&#233;moigne aussi l'inactivit&#233; de la ligne t&#233;l&#233;phonique pour les riverains. &#171; &lt;i&gt;C'est une ligne con&#231;ue pour signaler par exemple la pr&#233;sence d'un usager sous un porche. Si besoin nous nous d&#233;pla&#231;ons et invitons la personne &#224; venir au centre. Mais dans les faits, la ligne ne sonne quasiment jamais.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A 22 heures, l'&#233;change de questions-r&#233;ponses continue avec un public tr&#232;s concern&#233; par le devenir des usagers. Une question : &#171; &lt;i&gt;Savez-vous combien s'en sortent ? &lt;/i&gt; &#187; et une r&#233;ponse qui ouvre sur l'immense complexit&#233; de la question des toxicomanies. &#171; &lt;i&gt;D'abord, les personnes qui ont tourn&#233; la page ne reviennent pas ici et puis, qu'est-ce que s'en sortir ? Si on parle d'un emploi, d'un domicile et d'une sociabilit&#233; proche de ce que nous vivons, c'est tr&#232;s difficile, de nombreuses marches &#224; gravir pour ces personnes tomb&#233;es tout en bas. Si un usager commence &#224; se pr&#233;occuper de sa sant&#233;, &#224; prendre le contr&#244;le sur sa consommation et &#224; suivre son dossier administratif, c'est d&#233;j&#224; beaucoup. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le monde quitte le lieu en remerciant les personnels pour leur travail et leur humanit&#233;. &#171; &lt;i&gt;Et pour le crack ?&lt;/i&gt; &#187; lance un dernier visiteur. Quatre postes d'inhalation sont install&#233;s dans le lieu. &#171; &lt;i&gt;Nous avons une capacit&#233; d'accueil au centre pour les inhalations mais la demande est tr&#232;s forte et il nous serait impossible d'y r&#233;pondre seuls, c'est pourquoi nous appelons &#224; l'ouverture d'autres centres pour l'injection comme pour l'inhalation.&lt;/i&gt; &#187; Ga&#239;a estime en effet que six salles de petite taille pourraient ouvrir en Ile-de-France. &#8226;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Davide Del Giudice&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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