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	<title>Le 18e du mois</title>
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	<description>Le 18e du mois est un journal d'information sur le 18e arrondissement de Paris, ind&#233;pendant de toute organisation politique, religieuse ou syndicale. Il est &#233;dit&#233; par l'association des Amis du 18e du mois.</description>
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		<title>Le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; du mois</title>
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		<title>L'entre-deux-guerres : la r&#233;volution du logement social</title>
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		<dc:date>2022-02-04T18:18:10Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Danielle Fournier</dc:creator>



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&lt;p&gt;Loger les plus modestes dans des conditions d&#233;centes est une pr&#233;occupation ancienne. D&#232;s le milieu du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle des projets &#233;mergent, en France et en Europe, port&#233;s par le courant des utopies. Plus tard, philanthropes et architectes hygi&#233;nistes cr&#233;ent des fondations. Mais, et c'est l'objet du deuxi&#232;me volet de cette s&#233;rie, l'explosion de la construction des logements sociaux a lieu au lendemain de la Grande Guerre. &lt;br class='autobr' /&gt; Outre son cort&#232;ge de morts, de bless&#233;s, les fameuses &#171; gueules cass&#233;es (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://18dumois.info/local/cache-vignettes/L150xH99/arton1263-aeb81.png?1787825636' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='99' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Loger les plus modestes dans des conditions d&#233;centes est une pr&#233;occupation ancienne. D&#232;s le milieu du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle des projets &#233;mergent, en France et en Europe, port&#233;s par le courant des utopies. Plus tard, philanthropes et architectes hygi&#233;nistes cr&#233;ent des fondations. Mais, et c'est l'objet du deuxi&#232;me volet de cette s&#233;rie, l'explosion de la construction des logements sociaux a lieu au lendemain de la Grande Guerre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Outre son cort&#232;ge de morts, de bless&#233;s, les fameuses &#171; gueules cass&#233;es &#187;, la Premi&#232;re Guerre mondiale a d&#233;truit un nombre consid&#233;rable d'habitations. A Paris cela se double d'une grave crise du logement : beaucoup de provinciaux viennent dans la capitale pour travailler et cherchent &#224; se loger alors que le march&#233; est vraiment sinistr&#233;. Pendant la guerre l'obligation de payer les loyers a &#233;t&#233; suspendue et ils resteront ensuite bloqu&#233;s jusqu'en 1929. Cela g&#232;le l'entretien des immeubles qui se d&#233;labrent. C'est dans ce contexte qu'est lanc&#233; un vaste plan de r&#233;am&#233;nagement de la capitale orchestr&#233; par l'Etat. En plus de la r&#233;habilitation des habitations endommag&#233;es, Paris s'&#233;quipe en 1918 de 1 500 logements, dix ans plus tard il en compte 28 000 et jusqu'&#224; 33 000 en 1931. Bien que la crise de 1929 ait ralenti la construction de ce type d'habitat, on a qualifi&#233; cet &#233;pisode de &#171; plus grand chantier du XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Mais o&#249; trouver de la place ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les b&#226;timents seront construits sur les anciennes fortifications. En 1919 la Ville de Paris ach&#232;te &#224; l'Etat, pour 100 millions de francs de l'&#233;poque, la totalit&#233; des anciennes fortifications &#8211; c'est-&#224;-dire les murs et les bastions &#8211; sur une largeur d'environ 150 m&#232;tres tout autour de la capitale. Les &#171; fortifs &#187;, commun&#233;ment appel&#233;es &#171; l'enceinte de Thiers &#187;, avaient &#233;t&#233; b&#226;ties entre 1841 et 1844, sous Louis-Philippe, pour prot&#233;ger la capitale. Il y avait &#224; l'int&#233;rieur, du c&#244;t&#233; de la ville, une sorte de rocade de 20 m&#232;tres de large et, &#224; l'ext&#233;rieur, une zone non &#230;dificandi (non constructible) sur une largeur de 250 &#224; 400 m&#232;tres o&#249; il &#233;tait interdit de construire quoi que ce soit et o&#249; rien ne poussait : c'&#233;tait la zone de tir au canon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la d&#233;faite de 1871, c'est &#224; cet endroit, alors que les fortifications ne sont plus du tout en usage, que se sont install&#233;s toutes sortes de n&#233;cessiteux : ouvriers chass&#233;s de Paris par les &#233;normes perc&#233;es op&#233;r&#233;es par Haussmann et paysans chass&#233;s par l'exode rural. Ils vivent dans ce que l'on a appel&#233; la &#171; zone &#187;, une bande circulaire de 34 km sur 400 m de large. Assez rapidement, ce sont 30 000 habitants qui bricolent et occupent des logements de fortune, cabanes en bois pos&#233;es &#224; m&#234;me le sol, le tout formant un immense bidonville.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pr&#233;figuration de la &#171; ceinture rouge &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En investissant ce p&#233;rim&#232;tre, sur une p&#233;riode tr&#232;s courte, Paris a gagn&#233; 15 % de surface suppl&#233;mentaire et les arrondissements limitrophes, dont le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;, en ont largement profit&#233;. Les urbanistes d'alors, comme ceux de maintenant, proc&#232;dent &#224; grands traits, par zones d&#233;di&#233;es &#224; certains usages : &#224; l'ext&#233;rieur, la ville va r&#233;server 40 m de cette boucle pour tracer les boulevards des Mar&#233;chaux qui ceinturent encore maintenant Paris. Au centre 250 m seront d&#233;volus &#224; la promenade et au sport, pour cr&#233;er une sorte de ceinture verte entre les espaces r&#233;serv&#233;s &#224; la circulation et ce qui s'appellera plus tard la &#171; ceinture rouge &#187;, c'est-&#224;-dire les habitations &#224; bon march&#233; qui vont &#234;tre construites en bordure int&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut imaginer maintenant le chantier &#233;norme de la destruction des &#171; fortifs &#187; pour que, d&#232;s 1920, puisse commencer la construction des habitations bon march&#233; (HBM) qui prendra une bonne dizaine d'ann&#233;es. Un appel d'offres est lanc&#233; et, comme aucun grand architecte ne r&#233;pond au projet, c'est par tranches que les immeubles seront construits. Une arm&#233;e de travailleurs d&#233;molit les emprises militaires et &#233;vacue les d&#233;combres, alors que les &#171; zoneux &#187; continuent &#224; vivre dans la &#171; zone &#187;. Fait remarquable, les immeubles ne sont pas align&#233;s exactement le long des nouvelles rues qui sont cr&#233;&#233;es mais plut&#244;t regroup&#233;s autour d'une cour ou d'un jardin. Pour acc&#233;der &#224; ces immeubles on doit souvent pousser une grille en fer forg&#233;, arborant les armes de Paris. C'est une architecture d'&#238;lots, avec des immeubles discontinus bord&#233;s par des grandes voies.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La brique, par souci d'&#233;conomie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'autre &#233;l&#233;ment qui retient l'attention est le mat&#233;riau principal : la brique, parce que c'est &#233;conomique. Elle est appliqu&#233;e sur un corps en b&#233;ton arm&#233; dont l'emploi devient fr&#233;quent au moment de la r&#233;volution industrielle, gr&#226;ce &#224; la mise au point de machines qui permettent d'en fabriquer en nombre. Son utilisation se d&#233;veloppe rapidement et, dans les ann&#233;es 1920 et 1930, cette expansion est due aussi &#224; sa facilit&#233; de production. La brique est le mat&#233;riau en vogue &#224; ce moment-l&#224; et les HBM sont construites dans le style Art d&#233;co.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la d&#233;coration, on ne fait pas appel aux bas-reliefs qui sont trop co&#251;teux mais on joue sur la couleur des briques, sur les diff&#233;rences de ton et les formes vari&#233;es de leur disposition : briques en retrait ou briques en saillie, briques en damier ou en diagonale. On compose des motifs, on forme des assemblages g&#233;om&#233;triques : &#231;a s'appelle le calepinage et un tr&#232;s bel exemple nous est donn&#233; par l'&#233;cole de la rue Rouanet (1934). L'architecte, &#201;mile Blois, a choisi d'animer la fa&#231;ade avec des losanges du plus bel effet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On retrouve la brique partout dans les &#233;quipements publics de proximit&#233; comme les &#233;coles primaires, les bureaux de poste ou les douches municipales (aussi appel&#233;es bains-douches) qui accompagnent la construction des HBM. Le central t&#233;l&#233;phonique du 114 rue Marcadet se distingue, lui, par un appareillage de briques pour le niveau inf&#233;rieur et des ferronneries Art d&#233;co aux &#233;tages, principe repris dans la cit&#233; Montmartre aux artistes situ&#233;e au 187 rue Ordener.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin la hauteur de ces immeubles est de six &#233;tages plus un, mansard&#233;, avec des balcons qui permettent d'a&#233;rer la construction. Pour animer la fa&#231;ade, on trouve parfois des fresques florales, des d&#233;corations avec des touches de couleur. Au 2-4 rue Duc, des cabochons en c&#233;ramique bleue ornent les &#233;tages inf&#233;rieurs alors que le dernier niveau est recouvert de briques polychromes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'int&#233;rieur, le confort est appr&#233;ci&#233;, dans la disposition des pi&#232;ces avec des espaces bien identifi&#233;s et l'acc&#232;s &#224; l'eau, &#224; la lumi&#232;re. Ce sont des appartements fonctionnels et qui ont encore belle allure.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un progr&#232;s incroyable&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 1922 est cr&#233;&#233; un nouvel organisme charg&#233; de construire des immeubles &#224; loyer moyen (ILM) &#8211; c'est le troisi&#232;me organisme (voir notre article dans le n&#176; 300). Ils seront plus confortables et destin&#233;s aux classes moyennes. De fait, HBM comme ILM disposent tous de toilettes individuelles, de cabinets de toilette et du chauffage central. Pour l'ensemble des locataires c'est un progr&#232;s incroyable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre 1920 et 1928, 8 000 HBM et 2 000 ILM sont livr&#233;s, mais c'est encore loin de r&#233;pondre aux besoins : la loi Loucheur de 1928 permet de lancer un programme de 20 000 logements suppl&#233;mentaires qui seront construits par un autre organisme, la Soci&#233;t&#233; anonyme de gestion immobili&#232;re (SAGI), qui propose des ILM un peu plus luxueux con&#231;us par des architectes ext&#233;rieurs &#224; la soci&#233;t&#233;. Si on fait le compte, quelque 40 000 habitations permettant de loger d&#233;cemment environ 120 000 personnes seront construites entre les deux guerres. Nombre d'entre elles ont &#233;t&#233; r&#233;nov&#233;es r&#233;cemment, notamment pour les mettre aux normes thermiques actuelles, mais le b&#226;ti a &#233;t&#233; conserv&#233;, t&#233;moignage de la qualit&#233; de la construction.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Henri Sauvage et le 13 rue des Amiraux&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Comment parler du logement social de l'entre-deux-guerres, sans &#233;voquer &#224; nouveau l'architecte Henri Sauvage, d&#233;j&#224; pr&#233;sent sur ce front avant la guerre de 14-18. Entre 1922 et 1927, il construit l'immeuble du 13 rue des Amiraux, connu pour sa piscine&#8230; et qui abrite les bureaux du 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; du mois. L'immeuble est construit en gradins, comme son immeuble du 26 de la rue Vavin &#233;rig&#233; avant la guerre de 1914, offrant &#224; chaque appartement une terrasse. Cela occasionne une perte de surface &#224; am&#233;nager et donc un nombre moindre de logements r&#233;alis&#233;s &#8211; ce qui lui a &#233;t&#233; reproch&#233; &#8211; mais qui est fort appr&#233;ci&#233; encore aujourd'hui par les habitants. Il compte 78 logements r&#233;partis sur sept &#233;tages. Il s'organise autour d'une petite cour centrale &#224; laquelle sont adoss&#233;es les trois ailes &#224; gradins. Un cin&#233;ma devait prendre place dans le creux du b&#226;timent, mais c'est une piscine, aujourd'hui municipale, entour&#233;e de deux &#233;tages de cabines qui remplace la cour en 1930. Les &#233;quipements sont pens&#233;s avec rationalit&#233; et fonctionnalit&#233; : chauffage, garde-manger, vide-ordures, coffres &#224; linge sale. Les fa&#231;ades sont recouvertes de carreaux de fa&#239;ence, les m&#234;mes que pour le m&#233;tro, venus de la maison Boulenger de Choisy-le-Roi. L'ensemble rel&#232;ve de la recherche architecturale pour des habitations &#224; bon march&#233; &#171; hygi&#233;niques &#187;. Il est construit en b&#233;ton arm&#233;. Et les responsables des monuments historiques ne s'y sont pas tromp&#233;s : les fa&#231;ades, les toitures, les int&#233;rieurs de l'immeuble ainsi que la piscine ont fait l'objet d'un classement en 1991. &#8226;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Thierry Nectoux&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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