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	<title>Le 18e du mois</title>
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	<description>Le 18e du mois est un journal d'information sur le 18e arrondissement de Paris, ind&#233;pendant de toute organisation politique, religieuse ou syndicale. Il est &#233;dit&#233; par l'association des Amis du 18e du mois.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>Le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; du mois</title>
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		<title>Sentinel Diego, du rap &#224; l'ombre de la basilique</title>
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		<dc:date>2022-03-04T17:47:06Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dominique Dugay</dc:creator>



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&lt;p&gt;Les cuisines du Sacr&#233;-c&#339;ur ont abrit&#233; un artiste qui n'excelle pas qu'aux fourneaux. Sentinel Diego est un passionn&#233; de &#171; musique urbaine &#187;, rayonnant et rollers addict. &lt;br class='autobr' /&gt; Diego arrive &#224; notre rendez-vous, &#224; deux pas du Sacr&#233;-C&#339;ur, la musique dans les oreilles. &#171; Dans ma bulle &#187;, comme il le dit lui-m&#234;me dans sa chanson du m&#234;me titre. La musique est sa plus grande passion : il la cr&#233;e, l'&#233;coute, toujours en mouvement. Ce trentenaire se d&#233;place toujours en rollers, plus qu'un mode de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://18dumois.info/-les-gens-1262-.html" rel="directory"&gt;Les Gens&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://18dumois.info/local/cache-vignettes/L150xH100/arton1273-6fc40.jpg?1787829940' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les cuisines du Sacr&#233;-c&#339;ur ont abrit&#233; un artiste qui n'excelle pas qu'aux fourneaux. Sentinel Diego est un passionn&#233; de &#171; musique urbaine &#187;, rayonnant et rollers addict.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Diego arrive &#224; notre rendez-vous, &#224; deux pas du Sacr&#233;-C&#339;ur, la musique dans les oreilles. &#171; &lt;i&gt;Dans ma bulle&lt;/i&gt; &#187;, comme il le dit lui-m&#234;me dans sa chanson du m&#234;me titre. La musique est sa plus grande passion : il la cr&#233;e, l'&#233;coute, toujours en mouvement. Ce trentenaire se d&#233;place toujours en rollers, plus qu'un mode de d&#233;placement, c'est son quotidien, son style de vie, sans doute son tempo. L'homme est un vrai m&#233;tronome, toujours en rythme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;La musique n'est pas comme un livre, o&#249; il faut comprendre la phrase. La musique entre dans mes oreilles et &#231;a agit tout seul&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;sume-t-il. &#171; &lt;i&gt;Si une personne me parle je vais &#234;tre plus capt&#233; par la musique que par ce qu'on me dit. La musique nourrit l'&#226;me, elle donne de la couleur et remplit un vide. C'est lumineux et riche, c'est une cure !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ajoute &#224; cela, un sens de l'image et de l'esth&#233;tique qu'on retrouve dans tous ses clips, diffus&#233;s notamment sur YouTube... o&#249; l'on croit parfois apercevoir le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;. Diego est en effet tr&#232;s marqu&#233; par l'arrondissement : de Pigalle &#224; Marx Dormoy, o&#249; il r&#233;side aujourd'hui, il y a toujours habit&#233;. Quand on lui demande de nous d&#233;crire son 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;, il cite la chanson d'un autre chanteur qui a lui aussi grandi ici : &#171; &lt;i&gt;Dans ma rue&lt;/i&gt; &#187;, de Doc Gyn&#233;co.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Enfant du 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Diego arrive &#224; Paris &#224; l'&#226;ge de 2 ans. Il vit alors &#224; Pigalle avec son p&#232;re adoptif, Nicolas, et le compagnon de ce dernier. Le couple tient le Club club, le bar &#233;v&#233;nement de la rue Andr&#233; Antoine. C'est l&#224; que d&#233;butent en France les premi&#232;res soir&#233;es slam. Diego y fait notamment connaissance avec Grand Corps malade. Et c'est surtout l&#224; qu'il monte sur sc&#232;ne pour la premi&#232;re fois, sous l'impulsion de son p&#232;re. Il commence m&#234;me &#224; rapper avec le groupe de hip-hop Sexion d'Assaut, compos&#233; de jeunes du 9&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; et du 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;... et &#224; d&#233;velopper son propre style, qu'il qualifie de &#171; &lt;i&gt;musique urbaine&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lydie Quentin, fondatrice et directrice des Enfants de la Goutte d'Or (EGDO) est une amie de son p&#232;re. Il fr&#233;quente l'association. &#171; &lt;i&gt;Lydie, c'&#233;tait comme ma m&#232;re et c'&#233;tait la seule femme dans ma vie.&lt;/i&gt; &#187; Elle d&#233;crit Diego comme &#171; &lt;i&gt;[son] rayon de soleil&lt;/i&gt; &#187;. A l'&#233;poque comme aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Orientation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;A la fin des ann&#233;es 1990, son p&#232;re d&#233;cide de tout plaquer pour partir &#224; Cuba. Ils restent huit mois au pays de Fidel Castro, puis le projet paternel tombe &#224; l'eau. Diego raconte avec &#233;motion : &#171; &lt;i&gt;Quand nous sommes rentr&#233;s &#224; Paris, nous n'avions plus rien. Le bar &#233;tait vendu. Nous &#233;tions quasiment &#224; la rue. Nous avons &#233;t&#233; pris en charge par l'association d'insertion Silo&#233; qui nous a aid&#233;s &#224; nous nourrir, nous loger...&lt;/i&gt; &#187; L'association accompagne le p&#232;re et le fils dans une insertion professionnelle. Elle am&#232;ne Diego &#224; s'orienter vers un CAP h&#244;tellerie et restauration. Rapidement, il s'int&#233;resse &#224; la p&#226;tisserie car il &#171; &lt;i&gt;pr&#233;f&#232;re malaxer de la p&#226;te que vider des poissons ou des li&#232;vres !&lt;/i&gt; &#187; Le jeune homme travaille d'abord dans le restaurant gastronomique &#233;toil&#233; des Champs-&#201;lys&#233;es, chez &#171; &lt;i&gt;Laurent&lt;/i&gt; &#187;, mais il n'y reste pas. Trop de stress.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Diego se dirige alors vers l'int&#233;rim. Une mission singuli&#232;re lui est propos&#233;e : cuisinier de la maison d'accueil de la basilique du Sacr&#233;-C&#339;ur (l'h&#244;tellerie Ephrem) pour nourrir les s&#339;urs b&#233;n&#233;dictines et les p&#232;lerins de passage. Un soir de No&#235;l, apr&#232;s dix mois d'int&#233;rim, il confectionne de belles b&#251;ches et d&#233;croche un CDI dans la foul&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'on parle de Diego aux s&#339;urs, elles reconnaissent ses facult&#233;s d'adaptation, sa gentillesse, son sens du service et sa capacit&#233; &#224; proposer des repas &#171; &lt;i&gt;pour 10 comme pour 150 personnes !&lt;/i&gt; &#187; Comme l'exprime s&#339;ur C&#233;cile-Marie : &#171; &lt;i&gt;Il a le souci de bien faire, de donner de la joie. Si Diego n'est pas chr&#233;tien, j'ai trouv&#233; chez lui des valeurs humaines tr&#232;s profondes et une certaine innocence d'enfant &#233;merveill&#233; !&lt;/i&gt; &#187; Diego est appr&#233;ci&#233; pour sa d&#233;licatesse, sa bienveillance, son d&#233;sir de vivre des relations de qualit&#233;, et aussi parce qu'il est tr&#232;s respectueux de la vie des b&#233;n&#233;dictines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant ces ann&#233;es, il continue la musique. Il sort son premier EP cinq titres en 2013, commence une s&#233;rie de concerts, cr&#233;e de nouvelles chansons, puis des clips. Il garde le fil&#8230; ou plut&#244;t le rythme.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Racines&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Alors qu'il travaille toujours au Sacr&#233;-C&#339;ur, Diego arrive &#224; l'aube de ses 30 ans. Il est temps pour lui de retrouver les pi&#232;ces manquantes de son puzzle personnel. Il part au Br&#233;sil, &#224; Salvador de Bahia, avec en tout et pour tout une photo et le nom d'un quartier. Ce qu'il sait ? Il est n&#233; dans une favela, sa m&#232;re n'avait que 16 ans au moment de sa naissance, et il a &#233;t&#233; confi&#233; par sa famille &#224; un Fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand il arrive sur place, c'est forc&#233;ment un peu compliqu&#233;. Il prend un taxi et le chauffeur d&#233;cide de l'aider &#224; retrouver sa famille en allant parler aux habitants des favelas. Ils finissent par rencontrer un homme qui reconna&#238;t la personne figurant sur la photo : c'est &#171; &lt;i&gt;Gracima de Do Pensinio !&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dame s'av&#232;re en fait &#234;tre sa tante. Elle le reconna&#238;t tout de suite. Un coup de t&#233;l&#233;phone plus tard, arrivent sa m&#232;re et sa s&#339;ur. Diego f&#234;te son trenti&#232;me anniversaire avec toute sa famille br&#233;silienne. &#171; &lt;i&gt;Quel cadeau !&lt;/i&gt; &#187; Des retrouvailles qu'il raconte dans un clip con&#231;u &#224; peine rentr&#233;, Edna1, avec des plans r&#233;alis&#233;s &#224; Bahia. Comme il le dit dans la chanson : &#171; &lt;i&gt;La boucle est boucl&#233;e !&lt;/i&gt; &#187; Diego retournera trois ans de suite au Br&#233;sil pour voir sa famille. Ils ont cr&#233;&#233; un groupe Whatsapp, sur lequel ils communiquent tous les jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la Covid, Diego a perdu son poste de cuisinier et pointe d&#233;sormais &#224; P&#244;le emploi. Il a toujours de multiples projets autour de la musique, la perspective prochaine d'une formation en vid&#233;o. Il cr&#233;e, filme, et monte d&#233;j&#224; lui-m&#234;me ses clips. Quand on l'interroge sur ses projets ? Le son, toujours le son ! Les rollers, toujours les rollers, sur les pentes de la butte Montmartre comme dans tout le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; et dans tout Paris. Si un jour vous voyez une fus&#233;e passer le casque plaqu&#233; sur les oreilles, d&#238;tes vous que c'&#233;tait peut-&#234;tre Diego !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Dominique Dugay&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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