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	<title>Le 18e du mois</title>
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	<description>Le 18e du mois est un journal d'information sur le 18e arrondissement de Paris, ind&#233;pendant de toute organisation politique, religieuse ou syndicale. Il est &#233;dit&#233; par l'association des Amis du 18e du mois.</description>
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		<title>Le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; du mois</title>
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		<title>Roger Dufreney, dans le 18e de p&#232;re en fils</title>
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		<dc:date>2022-05-01T11:40:10Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Annick Amar</dc:creator>



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&lt;p&gt;Le p&#232;re de Roger, d&#233;j&#224;, &#233;tait n&#233; au 13 rue des Amiraux. Avec son &#233;pouse ils en sont s&#251;rement les plus anciens r&#233;sidents. Et pourquoi ne continueraient ils pas d'y couler des jours heureux ? &lt;br class='autobr' /&gt; &#171; Je ne peux que l'aimer, parce que j'y suis n&#233; et que j'y ai toujours habit&#233; ! &#187; r&#233;pond Roger Dufreney, 91 ans, lorsqu'on lui demande s'il y a des choses qu'il n'appr&#233;cie pas dans le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement d'aujourd'hui. En effet, l'ancien t&#233;l&#233;graphiste vit avec sa femme Bernadette dans l'appartement, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://18dumois.info/-les-gens-1273-.html" rel="directory"&gt;Les Gens&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://18dumois.info/local/cache-vignettes/L150xH116/arton1288-ff0fb.jpg?1787830843' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='116' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le p&#232;re de Roger, d&#233;j&#224;, &#233;tait n&#233; au 13 rue des Amiraux. Avec son &#233;pouse ils en sont s&#251;rement les plus anciens r&#233;sidents. Et pourquoi ne continueraient ils pas d'y couler des jours heureux ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Je ne peux que l'aimer, parce que j'y suis n&#233; et que j'y ai toujours habit&#233; !&lt;/i&gt; &#187; r&#233;pond Roger Dufreney, 91 ans, lorsqu'on lui demande s'il y a des choses qu'il n'appr&#233;cie pas dans le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement d'aujourd'hui. En effet, l'ancien t&#233;l&#233;graphiste vit avec sa femme Bernadette dans l'appartement, situ&#233; au 13 rue des Amiraux, o&#249; il est n&#233; le 14 avril 1931. &#171; &lt;i&gt;A cette &#233;poque, les femmes accouchaient chez elles et non &#224; l'h&#244;pital&lt;/i&gt; &#187;, explique Bernadette. Leur logement de 100 m&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;2&lt;/sup&gt; avec la terrasse est au cinqui&#232;me &#233;tage de la fameuse HBM Art d&#233;co, construite par l'architecte Henri Sauvage entre 1913 et 1927. Facteur et m&#232;re au foyer, les parents de Roger ont fait partie des premiers locataires de l'immeuble. Roger est le benjamin d'une fratrie de six enfants. Son p&#232;re &#233;tait, lui aussi, un enfant du 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; &lt;i&gt;Qu'est-ce que tu veux faire maintenant ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Petit, il habitait la rue du Roi-d'Alger et &#233;tait scolaris&#233; au 7 rue Championnet &#171; &lt;i&gt;tout comme mes deux fils et moi, d'ailleurs&lt;/i&gt; &#187;, pr&#233;cise Roger, &#171; &lt;i&gt;mais je n'&#233;tais pas sp&#233;cialement un bon &#233;l&#232;ve&lt;/i&gt; &#187;. En 1944, l'&#233;cole Championnet est bombard&#233;e. Roger interrompt quelques mois sa scolarit&#233; puis la reprend &#224; partir d'octobre 1945 jusqu'au certificat d'&#233;tudes. &#171; &lt;i&gt;Et, attention, je l'ai obtenu&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;clare-t-il, pas peu fier. Toutefois, comme l'&#233;cole n'est pas vraiment sa tasse de th&#233;, son p&#232;re lui demande rapidement : &#171; &lt;i&gt;Qu'est-ce que tu veux faire maintenant ? Je peux te faire rentrer &#224; la banque, &#224; la S&#233;curit&#233; sociale ou comme t&#233;l&#233;graphiste aux PTT, mais tu devras faire du v&#233;lo !&lt;/i&gt; &#187; Comme Roger a envie de faire du v&#233;lo, il choisit les PTT. Avant d'entrer &#224; la Poste, les nouvelles recrues doivent pr&#234;ter le serment de remplir leurs fonctions &#171; &lt;i&gt;avec conscience, honn&#234;tet&#233; et probit&#233;&lt;/i&gt; &#187; et de respecter &#171; &lt;i&gt;le secret des correspondances et des informations concernant la vie priv&#233;e d'autrui&lt;/i&gt; &#187;. Alors, Roger se rappelle, avec &#233;motion et honneur, s'&#234;tre ex&#233;cut&#233; trois fois, &#224; quinze ans : devant le directeur de la Poste, devant le juge d'instance &#224; la mairie du 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; et enfin devant le commissaire du 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Porteur de t&#233;l&#233;grammes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Roger commence sa carri&#232;re de t&#233;l&#233;graphiste au bureau de poste de l'avenue Wagram dans le 17&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;. &#171; &lt;i&gt;Quand on arrive, on vous donne une sacoche, on vous met une casquette, une chemise blanche, une cravate noire et hop sur le v&#233;lo !&lt;/i&gt; &#187; se souvient-il. Il est charg&#233; d'apporter les t&#233;l&#233;grammes &#224; chaque destinataire. &#171; &lt;i&gt;Et en main propre. Chaque t&#233;l&#233;gramme devait &#234;tre sign&#233; par l'usager concern&#233;. C'est ce que j'expliquais aux domestiques qui m'ouvraient la porte et qui essayaient de faire de la r&#233;sistance&lt;/i&gt; &#187;, ajoute-t-il. Gr&#226;ce &#224; son travail, il rencontre toutes sortes de gens, aussi bien des c&#233;l&#233;brit&#233;s que des concierges avec lesquelles il adore discuter. &#171; &lt;i&gt;La seule chose que je n'aimais pas dans ce boulot de messager, c'&#233;tait qu'il fallait prendre l'escalier de service car on n'avait pas le droit &#224; l'ascenseur.&lt;/i&gt; &#187; A 21 ans, sursitaire, il ex&#233;cute dix-huit mois de service militaire : six mois de classe &#224; Laval puis douze mois au Mont-Val&#233;rien en tant que radiot&#233;l&#233;graphiste. Il part ensuite six mois en Alg&#233;rie. En 1962, il rencontre &#224; la poste du boulevard Rochechouart une guicheti&#232;re d'origine picarde, n&#233;e en 1937, qui se pr&#233;nomme Bernadette. &#171; &lt;i&gt;Le coup de foudre, cela faisait des &#233;tincelles, elle &#233;tait mignonne comme tout, vraiment classe, jamais le m&#234;me tailleur, le m&#234;me corsage ou le m&#234;me chignon, elle sentait si bon la framboise qu'un jour, sa framboise, je la lui ai mang&#233;e&lt;/i&gt; &#187;, se rem&#233;more Roger. Ils se marient en 1964 et auront deux fils. Il devient ensuite releveur de bo&#238;tes aux lettres, &#224; pied et &#224; bicyclette. Le d&#233;faut principal de Roger, selon sa femme : &#171; &lt;i&gt;Soupe au lait, mais quand on est amoureux on ne voit pas les d&#233;fauts, on accepte tout.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;En g&#233;n&#233;ral, &#231;a s'est toujours bien pass&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Comment per&#231;oivent-ils, au fil du temps, l'&#233;volution de l'arrondissement ? Le couple d&#233;plore la disparition progressive des commerces de proximit&#233; de la rue Boinod et des cin&#233;mas de quartier qui &#233;gayaient leurs soir&#233;es tout en renfor&#231;ant la vie sociale. &#171; &lt;i&gt;Tout pr&#232;s de chez nous, il y avait trois cin&#233;mas, l'Ornano 43, l'Ornano Palace, le Fantasio. On y retrouvait l'immeuble entier !&lt;/i&gt; &#187; se souvient Roger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, ce qui a surtout d&#233;rang&#233; le couple, c'est le trafic de drogue qui s'est tenu tout pr&#232;s de chez eux pendant des ann&#233;es. &#171; &lt;i&gt;Il y avait des drogu&#233;s dans l'immeuble, des seringues dans la cave, dans le vide-ordures, on avait la trouille&lt;/i&gt; &#187;, dit Roger. &#171; &lt;i&gt;Au bout de notre rue, il y avait une cabine t&#233;l&#233;phonique qui &#233;tait le point de rencontre des drogu&#233;s et des dealers. Mais la construction des immeubles de la rue des Poissonniers a permis d'assainir le quartier en renouvelant la population&lt;/i&gt; &#187;, se r&#233;jouit Bernadette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Contrairement &#224; ce que l'on pourrait croire, poursuit Roger, ce n'est pas d'aujourd'hui que le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; est une terre avec une population aux origines diverses et, en g&#233;n&#233;ral, &#231;a s'est toujours bien pass&#233;. D'ailleurs, &#224; six ans, j'&#233;tais amoureux d'une de mes voisines, Yolande, une Antillaise... T'as eu chaud, hein ?&lt;/i&gt; &#187; demande Roger, un brin provocateur &#224; sa femme. &#171; &lt;i&gt;Je ne suis pas jalouse&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;pond-elle du tac au tac.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Roger conna&#238;t son heure de gloire, en 2011, lorsqu'il appara&#238;t dans un reportage de l'&#233;mission de France 3 &lt;i&gt;Des racines et des ailes&lt;/i&gt; consacr&#233;e &#224; leur immeuble class&#233; (depuis 1991) aux Monuments historiques. &#171; &lt;i&gt;Et, d'ailleurs, c'est parce qu'il est class&#233;, qu'on n'a pas pu devenir propri&#233;taires&lt;/i&gt; &#187;, regrette Bernadette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;but 2020, Roger a contract&#233; la Covid. Depuis, il a d&#233;finitivement perdu l'odorat et sa vue baisse au point qu'il ne peut presque plus lire. N&#233;anmoins, le couple est tr&#232;s heureux de vieillir &#171; &lt;i&gt;ensemble et&#8230; avec toute notre t&#234;te&lt;/i&gt; &#187;, m&#234;me s'ils voient partir un &#224; un leurs amis et connaissances. Comme r&#233;cemment leur voisin du troisi&#232;me &#233;tage qui, juste avant de mourir &#224; l'h&#244;pital, a dit &#224; sa femme : &#171; &lt;i&gt;Tu diras bien le bonjour au monsieur du cinqui&#232;me !&lt;/i&gt; &#187; Roger conclut, philosophe : &#171; &lt;i&gt;De toute fa&#231;on, avoir la chance de vieillir, c'est aussi voir mourir les autres.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Jean-Claude N'Diaye&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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