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	<title>Le 18e du mois</title>
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	<description>Le 18e du mois est un journal d'information sur le 18e arrondissement de Paris, ind&#233;pendant de toute organisation politique, religieuse ou syndicale. Il est &#233;dit&#233; par l'association des Amis du 18e du mois.</description>
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		<title>Le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; du mois</title>
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		<title>Des Cara&#239;bes &#224; la place du Tertre, les &#238;les d'une artiste</title>
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		<dc:date>2022-07-01T18:06:59Z</dc:date>
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		<dc:creator>Dominique Boutel</dc:creator>



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&lt;p&gt;La biguine, un style musical ainsi qu'une danse des Antilles, et plus largement une sensibilit&#233; &#224; la p&#233;riode de l'esclavage, sont &#224; la source de l'inspiration picturale de Mick&#233; Charropin. Un piano joue au troisi&#232;me &#233;tage, on n'h&#233;site pas &#224; monter et Montmartre est une f&#234;te. &lt;br class='autobr' /&gt; Cela fait bient&#244;t cinquante ans que Michelle Charropin, Mick&#233; pour les intimes, s'est install&#233;e sur la place du Tertre. Des femmes peintres, sur la place, il n'y en a pas tant que cela. Mais Mick&#233; y a fait son trou , (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://18dumois.info/-les-gens-1297-.html" rel="directory"&gt;Les Gens&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://18dumois.info/local/cache-vignettes/L150xH94/arton1333-42040.jpg?1787830093' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='94' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La biguine, un style musical ainsi qu'une danse des Antilles, et plus largement une sensibilit&#233; &#224; la p&#233;riode de l'esclavage, sont &#224; la source de l'inspiration picturale de Mick&#233; Charropin. Un piano joue au troisi&#232;me &#233;tage, on n'h&#233;site pas &#224; monter et Montmartre est une f&#234;te.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cela fait bient&#244;t cinquante ans que Michelle Charropin, Mick&#233; pour les intimes, s'est install&#233;e sur la place du Tertre. Des femmes peintres, sur la place, il n'y en a pas tant que cela. Mais Mick&#233; y a fait son trou , avec son franc-parler &#233;maill&#233; d'expressions latinos et son caract&#232;re bien tremp&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;e &#224; Bordeaux d'une m&#232;re d'origine antillaise, une b&#233;k&#233;e (blanche cr&#233;ole), dont le p&#232;re &#233;tait l'h&#233;ritier des rhums Chauvet, Mick&#233; a grandi dans la musique : &#171; &lt;i&gt;Ma m&#232;re m'a toujours berc&#233;e avec les sons des Antilles&lt;/i&gt; &#187;, dit-elle en d&#233;signant le violon accroch&#233; au-dessus du piano de son petit appartement montmartrois. &#171; &lt;i&gt;C'&#233;tait la biguine, l'afro-cubain qu'on appelait &#224; l'&#233;poque la musique des Cara&#239;bes.&lt;/i&gt; &#187; On la met au piano alors qu'elle voulait jouer de la guitare, mais ce dont elle r&#234;ve c'est de faire de la danse classique. La grand-m&#232;re paternelle d'origine bretonne s'y oppose, refusant que sa petite-fille devienne une &#171; &lt;i&gt;catin&lt;/i&gt; &#187; ! Mick&#233; se tourne alors vers les Beaux-Arts. Cette fois-ci, c'est son p&#232;re qui craint pour elle les bizutages. Elle n'a pas encore 21 ans et, dans ces ann&#233;es-l&#224;, le p&#232;re d&#233;cide du destin des femmes. Gr&#226;ce &#224; un peintre, ami de ses parents, elle r&#233;ussit pourtant &#224; assister aux cours de dessin en faisant croire qu'elle suit la fac de droit. Tous ces obstacles ne font que renforcer le temp&#233;rament rebelle de la jeune fille qui, &#224; sa majorit&#233;, sa m&#232;re d&#233;c&#233;d&#233;e, quitte Bordeaux pour Paris.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une militante inoxydable &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Elle y exerce de petits boulots, dans des centres sociaux, &#224; la prison pour femmes, avant de se mettre &#224; son compte comme peintre. Un ami d'Arcachon, gar&#231;on de caf&#233;, lui vante les m&#233;rites de Montmartre o&#249; elle s'installe en 1969. &#171; &lt;i&gt;J'ai pris un studio au-dessus du Consulat (un restaurant, ndlr). Puis un autre au-dessus du Sabot rouge. Il y avait tout le temps du monde chez moi, on s'engueulait mais il y avait une bonne entente. C'&#233;tait une grande famille.&lt;/i&gt; &#187; Elle rencontre Attilio, un peintre croate de la place, et Marko Stupar, artiste d&#233;sormais cot&#233; qui y a fait ses premi&#232;res armes. &#171; &lt;i&gt;Ils m'ont vraiment aid&#233;, car &#224; l'&#233;cole on n'apprend pas grand-chose.&lt;/i&gt; &#187; Et elle finit par s'installer comme peintre : &#171; &lt;i&gt;J'ai tout fait, des portraits, des paysages, etc. J'&#233;tais timide &#224; l'&#233;poque. Je suis quand m&#234;me rest&#233;e parce que c'&#233;tait vraiment sympa.&lt;/i&gt; &#187; Sympa, mais certainement pas facile. Rien ne rebute ce petit bout de femme. &#171; &lt;i&gt;Mick&#233;, c'est une militante inoxydable, une femme g&#233;n&#233;reuse&lt;/i&gt; &#187;, raconte son amie de vingt ans, Nicole Dagnino, fondatrice d'une ONG consacr&#233;e aux enfants dans les camps.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Aimant&#233;e par l'Am&#233;rique centrale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;A cette &#233;poque, Mick&#233; est attir&#233;e ailleurs. Elle part pour de longs s&#233;jours en Colombie, &#224; Cuba, en Am&#233;rique centrale, o&#249; elle travaille pour des associations d'alphab&#233;tisation, aux Antilles, o&#249; elle finit par retrouver une vieille femme qui avait connu son grand-p&#232;re : &#171; &lt;i&gt;Lui et son p&#232;re, ils ont fait des enfants partout !&lt;/i&gt; &#187; r&#233;pond-elle aux questions de la jeune femme sur ses origines. Mick&#233; se passionne pour l'histoire de ces peuples, d&#233;plac&#233;s, colonis&#233;s, s'informe, se mobilise&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grande &#339;uvre picturale de sa vie, c'est une s&#233;rie de trente peintures sur soie, inspir&#233;es par un ouvrage sur la conqu&#234;te du P&#233;rou au XVI&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle du point de vue des indig&#232;nes. &#171; &lt;i&gt;La vision des vaincus&lt;/i&gt; &#187;, comme l'&#233;crit l'historien Nathan Wachtel qui s'appuie sur d'anciens manuscrits, dont l'El&#233;gie sur la mort d'Atahualpa, r&#233;dig&#233;s en quechua. Un copain lui en procure une copie et elle s'att&#232;le &#224; la t&#226;che avec dans l'id&#233;e de monter une exposition &#224; Bogota : &#171; &lt;i&gt;La Colombie, c'est le premier pays d'Am&#233;rique latine o&#249; je suis all&#233;e et je l'adore.&lt;/i&gt; &#187; L'exposition ne se fait pas, ni &#224; Madrid o&#249; elle &#233;tait pr&#233;vue en 1992 pour c&#233;l&#233;brer les cinq cents ans de la colonisation. &#171; &lt;i&gt;C'est un magnifique travail, d'une grande pr&#233;cision&lt;/i&gt; &#187;, raconte Nicole qui est l'une des rares &#224; l'avoir vue. Avec Dominique, une autre amie, elle ouvre rue Tholoz&#233; un atelier de peinture sur soie. Gr&#226;ce &#224; l'insistance bienveillante de M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt; Cardinal, une ancienne costumi&#232;re du moulin de la Galette, elle peint des chemises d&#233;cor&#233;es de masques africains ou de palmiers. &#171; &lt;i&gt;Ce qui me fascine avec Mick&#233;, c'est que tout &#224; coup elle invente : &#231;a peut &#234;tre des abat-jour, du corail noir ou la restauration de fresques&lt;/i&gt; &#187;, s'amuse la fid&#232;le Nicole.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Coup de c&#339;ur cubain&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quand, en 1985, un ami frappe &#224; sa porte pour lui demander d'&#233;couter un pianiste cubain qu'il a rencontr&#233;, Mick&#233; ne sait pas encore que sa vie va &#234;tre boulevers&#233;e. Le pianiste, c'&#233;tait Alfredo Rodriguez. Une semaine plus tard, ils ne se quittaient plus, jusqu'&#224; la mort d'Alfredo en 2005. &#171; &lt;i&gt;Quand il a touch&#233; mon piano, je me suis dit : c'est cela !&lt;/i&gt; &#187; En France, apr&#232;s le succ&#232;s d'une premi&#232;re tourn&#233;e quelques ann&#233;es auparavant, qui se souvient d'Alfredo Rodriguez ? Qu'&#224; cela ne tienne ! Mick&#233;, qui s'occupe &#224; ses heures perdues en organisant des concerts pour des amis, notamment des guitaristes classiques, d&#233;cide de faire conna&#238;tre l'homme qu'elle aime et dont elle sait le talent. Elle s'y donne corps et &#226;me au point de d&#233;laisser la peinture. &#171; &lt;i&gt;Au d&#233;but, j'avais r&#233;ussi &#224; placer Alfredo au caf&#233; Eug&#232;ne, place du Tertre, la salsa ici tu sais&#8230; &#8216;Tu verras, il va te ramener des musiciens', lui ai-je dit. Heu, heu, il n'y croyait pas. Au bout de quinze jours, en plein hiver, il y avait la queue depuis le Clairon des chasseurs. Eug&#232;ne &#233;tait devenu &#8216;le temple de l'afro-cubain', selon le magazine Jazzhot !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez Alfredo et Mick&#233;, au-dessus de la place du Tertre, c'est la f&#234;te presque tous les soirs : les amis musiciens, l'orchestre Aragon, Chucho Valdes, Tito Puente, Rubalcaba, des Am&#233;ricains, le pianiste John Hicks. On y fait des b&#339;ufs jusqu'&#224; l'aube sur le vieux piano. &#171; &lt;i&gt;Si ce piano pouvait parler, il en raconterait des choses ! Les gens entendaient la musique dans la rue, alors ils montaient. Un soir, ce sont les pompiers qui sont arriv&#233;s et ils sont rest&#233;s !&lt;/i&gt; &#187; Il n'y a que des amis dans l'immeuble, dont Attilio, toujours lui ; les fen&#234;tres sont ouvertes, on se parle d'un &#233;tage &#224; l'autre : &#171; &lt;i&gt;Les voisins &#233;taient tellement sympas.&lt;/i&gt; &#187; Alors, bien s&#251;r, Mick&#233; a la nostalgie de cette &#233;poque. A pr&#233;sent, si elle fait de br&#232;ves incursions sur la place, Mick&#233; peint dans un style qu'elle a d&#233;velopp&#233; au contact de l'artiste s&#233;n&#233;galais S&#233;n&#233; Moussar&#8230; Mick&#233;, une artiste toujours en mouvement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Dominique Dugay&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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