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	<title>Le 18e du mois</title>
	<link>https://www.18dumois.info/</link>
	<description>Le 18e du mois est un journal d'information sur le 18e arrondissement de Paris, ind&#233;pendant de toute organisation politique, religieuse ou syndicale. Il est &#233;dit&#233; par l'association des Amis du 18e du mois.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>Le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; du mois</title>
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		<title>JO 2024 : alerte sur les discriminations</title>
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		<dc:date>2023-07-22T11:40:38Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Danielle Fournier</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Mams Yaffa, adjoint (EELV) aux sports et aux Jeux olympiques et paralympiques &#224; la mairie du 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;, r&#233;pond &#224; nos questions sur la mobilisation en cours autour des Jeux olympiques Paris 2024. Pour lui, il importe notamment d'accorder une place de choix aux jeunes des quartiers populaires dans l'acc&#232;s aux &#233;preuves comme aux missions de b&#233;n&#233;voles, &#171; Pour que chacun vive les jeux sans &#234;tre discrimin&#233; &#187; &lt;br class='autobr' /&gt; A un an des Jeux o&#249; en est la mobilisation ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Les questions d'emploi, d'acc&#232;s aux (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://18dumois.info/-le-dossier-du-mois-1381-.html" rel="directory"&gt;Le dossier du mois&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://18dumois.info/local/cache-vignettes/L150xH129/mams-06_9mai2022-22181.jpg?1690080065' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='129' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Mams Yaffa, adjoint (EELV) aux sports et aux Jeux olympiques et paralympiques &#224; la mairie du 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;, r&#233;pond &#224; nos questions sur la mobilisation en cours autour des Jeux olympiques Paris 2024. Pour lui, il importe notamment d'accorder une place de choix aux jeunes des quartiers populaires dans l'acc&#232;s aux &#233;preuves comme aux missions de b&#233;n&#233;voles, &#171; Pour que chacun vive les jeux sans &#234;tre discrimin&#233; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A un an des Jeux o&#249; en est la mobilisation ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les questions d'emploi, d'acc&#232;s aux manifestations sportives, de mobilisation en g&#233;n&#233;ral, sont pr&#233;occupantes. Les associations sportives et de jeunesse dans le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; sont impliqu&#233;es dans plusieurs th&#233;matiques mais &#224; des degr&#233;s divers dans les JO et surtout les jeux paralympiques (JOP). Or, j'aimerais qu'il y ait autant de mobilisation sur les JOP que sur les JO. On a cr&#233;&#233; des clubs paralympiques, par exemple le basket en fauteuil et bient&#244;t j'esp&#232;re que nous aurons du c&#233;cifoot sur le site des Fillettes. Il y a trois ans nous avons lanc&#233; la premi&#232;re journ&#233;e handisport et, en ce milieu du mois de juin, nous en sommes &#224; la troisi&#232;me &#233;dition de cette manifestation, qui se d&#233;cline sur plusieurs sites du 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; pour toucher un maximum de jeunes, surtout aux portes de Paris. N&#233;anmoins &#224; propos de la mobilisation des publics pour la p&#233;riode des JO j'ai un avis mitig&#233; : il y a diff&#233;rents dispositifs pour faire que les gens se sentent concern&#233;s. Pour l'instant certains sports comme l'escrime &#8211; car nous avons deux des meilleurs clubs parisiens et m&#234;me fran&#231;ais &#8211;, le basket f&#233;minin, le handball qui commence &#224; arriver et puis aussi les sports de combat sont les plus en vue dans le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;. L&#224;, on note une forte mobilisation et certains jeunes veulent &#234;tre dans l'&#233;quipe de France olympique.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'en est-il des postes de b&#233;n&#233;voles et de l'acc&#232;s aux places ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Pour l'instant le risque que j'entrevois, et que je d&#233;plore aussi, c'est que m&#234;me dans le b&#233;n&#233;volat il y a de l'&#233;litisme ; entre ceux qui entreront dans les enceintes sportives et ceux qui vont se retrouver &#224; indiquer le chemin, ce n'est pas pareil. C'est un sujet que je porte : &#234;tre &#233;quitable dans la r&#233;partition des postes de b&#233;n&#233;voles. C'est-&#224;-dire ne pas faire des jeunes des quartiers populaires des agents de s&#233;curit&#233; bis. La ville de Paris avec Plaine Commune et l'&#201;tat s'est battue contre l'organisation des JO pour avoir un maximum de places &#224; distribuer gratuitement aux clubs de sport et aux jeunes des quartiers politiques de la ville. Les places sont centralis&#233;es au niveau de la politique de la ville et du cabinet de l'adjoint aux sports de la ville de Paris.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais dans le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; certaines associations ont des milliers de licenci&#233;s &#8211; par exemple 4 000 chez Championnet sport &#8211; donc la question de la r&#233;partition des places va se poser. Et puis, au-del&#224; du nombre, ce seront des places pour quel sport ? Est-ce qu'on ne risque pas de se retrouver avec des places pour des disciplines dont personne n'a que faire et sans place pour les disciplines les plus recherch&#233;es ou les plus connues ? Actuellement, on a entre 40 000 et 50 000 places disponibles au total sur Paris mais nous avons 200 clubs sportifs. Cela pose la question du nombre de places &#224; r&#233;partir, de leur r&#233;partition et aussi de l'assurance que ceux qui sont en quartier politique de la ville peuvent en b&#233;n&#233;ficier. L&#224; aussi, c'est un sujet que je porte. Ces jeunes, eux, ils n'iront pas en vacances et &#231;a risque d'&#234;tre la double peine, c'est-&#224;-dire &#234;tre en face des sites o&#249; potentiellement ils ne pourront pas aller. On est entre le village des f&#233;d&#233;rations &#224; la Villette et le village des athl&#232;tes &#224; Saint-Ouen. Il faut se rendre compte qu'on va voir passer des centaines et des centaines de personnes, athl&#232;tes ou officiels, et que par exemple la zone entre la Porte d'Aubervilliers et la porte de Saint-Ouen sera prot&#233;g&#233;e et barri&#232;r&#233;e, r&#233;serv&#233;e &#224; ceux qui auront l'autorisation de l'emprunter.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut donc articuler la mobilit&#233; des jeunes locaux avec le d&#233;roulement&lt;br class='autobr' /&gt;
des JO et les JO &#231;a dure longtemps, 2 mois. Il faut que ces jeunes puissent rester mobiles. On va pr&#233;voir des animations, notamment avec des sportifs de haut niveau : ils pourront aller voir un match, assister &#224; une rencontre, voir un entra&#238;nement, pour que chacun puisse tant bien que mal vivre les Jeux sans &#234;tre discrimin&#233;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A propos des retomb&#233;es, et notamment concernant les lieux utilis&#233;s pendant les JO, o&#249; en est-on ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Il y aura deux sites dits de c&#233;l&#233;bration, ce qui veut dire des sortes de Fan Zones o&#249; les spectateurs pourront entrer librement et o&#249; seront re&#231;ues des d&#233;l&#233;gations sportives, notamment des d&#233;l&#233;gations africaines avec lesquelles je suis en contact. Ces deux sites sont les jardins d'&#201;ole et le jardin des Clo&#255;s.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un certain nombre de sites qui sont habituellement &#224; disposition des habitants du 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; vont donc &#234;tre occup&#233;s dans le cadre des JO et des JOP ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;C'est le cas des centres sportifs Poissonniers et Dauvin qui sont des &#171; sites officiels olympiques &#187; et un site d'entra&#238;nement pour le basket 3 par 3 . Il y aura aussi bien s&#251;r le stade des Fillettes, porte de la Chapelle, l'Arena bien &#233;videmment et en ce moment nous recevons des visites de d&#233;l&#233;gation de f&#233;d&#233;rations qui visitent d'autres lieux comme le nouveau gymnase de Chapelle international ou bien le gymnase Pajol. Est aussi concern&#233;e la salle d'armes du boulevard Ney.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel h&#233;ritage en terme d'&#233;quipement ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Un point positif c'est qu'il y a beaucoup de r&#233;novations et de constructions, par exemple 10 terrains dits TPE dans les squares ont &#233;t&#233; r&#233;nov&#233;s, tout le site de Bertrand Dauvin aussi. L'Arena qui est en cours de finition comprend deux gymnases, et je veillerai &#224; ce qu'ils soient d&#233;volus aux habitants. Mais tout n'est pas rose, par exemple la Solideo sur le site des Poissonniers a r&#233;nov&#233; le gymnase mais pas ce qui est ext&#233;rieur &#224; la salle c'est-&#224;-dire ni les toilettes ni les tribunes ni la piste ext&#233;rieure. On peut dire que c'est une r&#233;novation cosm&#233;tique ! On ne peut pas se satisfaire d'un h&#233;ritage partiel pour les lieux, comme pour les places ou l'emploi.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Est-ce que l'&#233;galit&#233; homme-femme est prise en compte ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Oui par le biais des appels &#224; projet c'est une question qui est prise en compte. La question du genre, la question des r&#233;fugi&#233;s aussi, pour que les jeunes de tous les bords puissent participer. La mixit&#233;, c'est vraiment important pour moi. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Thierry Nectoux&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Vrac, un r&#233;seau pour mieux se nourrir</title>
		<link>https://18dumois.info/vrac-un-reseau-pour-mieux-se-nourrir.html</link>
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		<dc:date>2023-07-22T11:40:22Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sylvie Chatelin</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;VRAC, Vers un R&#233;seau d'Achat Commun, pr&#233;sent dans les quartiers populaires de plusieurs grandes villes, d&#233;fend une justice alimentaire, d'autres modes de production et de consommation et propose des produits bio, vendus &#224; prix co&#251;tant &#224; ses adh&#233;rents. A Paris, sept antennes ont vu le jour dont une dans le quartier Charles Hermite. &lt;br class='autobr' /&gt; Dans le local de Paris Habitat en pied d'immeuble au 46 boulevard Ney, c'est jour de livraison. Le camion vient d'arriver, les produits command&#233;s d&#233;charg&#233;s et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://18dumois.info/-charles-hermite-1378-.html" rel="directory"&gt;Charles Hermite&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://18dumois.info/local/cache-vignettes/L150xH100/arton1429-d6a89.jpg?1690080065' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;VRAC, Vers un R&#233;seau d'Achat Commun, pr&#233;sent dans les quartiers populaires de plusieurs grandes villes, d&#233;fend une justice alimentaire, d'autres modes de production et de consommation et propose des produits bio, vendus &#224; prix co&#251;tant &#224; ses adh&#233;rents. A Paris, sept antennes ont vu le jour dont une dans le quartier Charles Hermite.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans le local de Paris Habitat en pied d'immeuble au 46 boulevard Ney, c'est jour de livraison. Le camion vient d'arriver, les produits command&#233;s d&#233;charg&#233;s et r&#233;partis sur diff&#233;rentes tables. D'ici une heure, la distribution mensuelle du r&#233;seau VRAC pourra d&#233;buter. Mais pour le moment, Ga&#235;lle, charg&#233;e de mission, lance : &#171; &lt;i&gt;On va commencer l'inventaire&lt;/i&gt;. &#187; Les pots de miel de Sologne ou de Chantilly, les p&#226;tes, les bidons de lessive et de liquide vaisselle, les paquets de caf&#233;, les jus de pomme, les sauces tomate, les fruits et les l&#233;gumes secs, les cageots de fruits et l&#233;gumes frais sont alors compt&#233;s par l'&#233;quipe de b&#233;n&#233;voles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce jour l&#224;, outre Ga&#235;lle et Hannah, sa collaboratrice, il y a Sandrine venue se former pour ouvrir une antenne de distribution en banlieue et Bertrand, b&#233;n&#233;vole, habitant &#224; Charles Hermite depuis vingt-quatre ans, &#171; &lt;i&gt;heureux de l'installation de VRAC et de La corv&#233;e, la laverie solidaire voisine dans le quartier&lt;/i&gt; &#187; (Lire notre n&#176; 309). Micheline, stagiaire, future assistante de service social, en formation &#224; Paris Descartes est &#233;galement pr&#233;sente avec Corentin, &#233;tudiant qui aide &#224; chaque distribution, dans le cadre du KAPS* (Kolocs &#224; projet solidaire).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des adh&#233;rents convaincus&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui 70 adh&#233;rents ont command&#233; &#171; &lt;i&gt;des produits bruts, transculturels&lt;/i&gt; &#187; disent Ga&#235;lle et Hannah qui rappellent le &#171; &lt;i&gt;gros travail d'accompagnement r&#233;alis&#233; par t&#233;l&#233;phone ou lors des permanences autour d'un petit caf&#233;, pour aider certains &#224; commander en ligne&lt;/i&gt; &#187;. Elles proposent &#233;galement une aide de la cagnotte solidaire si elles sentent que l'argent est un frein &#224; l'achat, car il importe que chacun puisse acc&#233;der &#224; une alimentation saine et bon march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Colette, &#171; ancienne du quartier &#187; commande pour la deuxi&#232;me fois. Son caddy plein de l&#233;gumes frais, elle nous raconte que &#171; &lt;i&gt;avant il y avait une mercerie &#224; la place du local et un march&#233; deux fois par semaine&lt;/i&gt; &#187; et d&#233;plore que tous les commerces soient partis et le quartier devenu &#171; &lt;i&gt;une cit&#233; dortoir&lt;/i&gt; &#187;. L&#233;o, &#233;tudiant &#224; Paris Saclay, vient &#233;galement pour la deuxi&#232;me fois. Il appr&#233;cie le &#171; &lt;i&gt;sans packaging, le bio par cher&lt;/i&gt; &#187;. Nicole, depuis 1987 dans le quartier, vient depuis le d&#233;but (2020) car ce sont &#171; &lt;i&gt;mes id&#233;es et que c'est une initiative &#233;thique men&#233;e de main de ma&#238;tre&lt;/i&gt; &#187;. Elle a assist&#233; &#224; une conf&#233;rence de Boris Tavernier (fondateur de VRAC, &#224; Lyon en 2014, et d&#233;fenseur du concept de s&#233;curit&#233; sociale de l'alimentation) et appr&#233;cie que VRAC &#171; &lt;i&gt;pousse au niveau national pour une s&#233;curit&#233; alimentaire soutenue&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;mocratie alimentaire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;La d&#233;mocratie alimentaire, le lien social, la sant&#233; et les questions environnementales sont au coeur de VRAC&lt;/i&gt; &#187; rappelle Ga&#235;lle. Il faut &#171; &lt;i&gt;pouvoir choisir ce que l'on mange et respecter ceux qui fournissent les produits&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela passe par diff&#233;rentes actions. La cr&#233;ation d'un collectif et des balades urbaines organis&#233;es dans les boutiques du quartier avec les habitants pour r&#233;fl&#233;chir &#224; la &#171; &lt;i&gt;compr&#233;hension du syst&#232;me alimentaire&lt;/i&gt; &#187;. Trois axes ont &#233;t&#233; identifi&#233;s : la tra&#231;abilit&#233;, le prix et la mobilit&#233;, depuis l'accessibilit&#233; du produit et sa production jusqu'au recyclage, avec trois questions simples, o&#249; je fais mes courses ? Qu'est-ce que je peux acheter ? &#192; quel prix ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des visites sont organis&#233;es dans une ferme du Vexin pour rencontrer une productrice de lait bio ou &#224; La Sauge (p&#233;pini&#232;re urbaine participative) &#224; Pantin. Un grand concours annuel de cuisine a &#233;t&#233; organis&#233; &#224; Charles Hermitte en juin 2021.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un club-produit se met en place &#171; &lt;i&gt;avec les envies des gens et leurs pratiques &lt;/i&gt; &#187; pour compl&#233;ter le catalogue de produits communs au r&#233;seau national et l'offre plus locale (farine des Moulins de Versailles, miels de Chantilly, l&#233;gumes d'Ile-de-France). &#171; &lt;i&gt;On est tout jeune mais on grandit bien&lt;/i&gt; &#187; conclut Ga&#235;lle m&#234;me si des financements compl&#233;mentaires &#224; ceux de la Ville de Paris, des bailleurs sociaux et de France Relance seraient les bienvenus pour d&#233;velopper leur action. &#8226;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Jean-Claude N'Diaye&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pierre Reverdy, un po&#232;te surr&#233;aliste &#224; Montmartre</title>
		<link>https://18dumois.info/pierre-reverdy-un-poete-surrealiste-a-montmartre.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://18dumois.info/pierre-reverdy-un-poete-surrealiste-a-montmartre.html</guid>
		<dc:date>2023-07-22T11:40:03Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dominique Delpirou</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Apr&#232;s une enfance tourment&#233;e, Reverdy quitte la Montagne noire et monte &#224; Paris pour &#171; faire de la litt&#233;rature &#187;. Montmartre, l'insouciance, les peintres, les pr&#233;mices du surr&#233;alisme fa&#231;onnent un po&#232;te nouveau, un po&#232;te cubiste. Un po&#232;te trop vite rattrap&#233; par la mis&#232;re et les doutes. &lt;br class='autobr' /&gt; Le 10 juin 1907, au plus fort de la crise de m&#233;vente des vins du Languedoc, dont les prix ont chut&#233; de mani&#232;re vertigineuse, Marcellin Albert, fort de l'appui de centaines de milliers de manifestants, lance (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://18dumois.info/-histoire-1379-.html" rel="directory"&gt;Histoire&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://18dumois.info/local/cache-vignettes/L150xH130/p5-pr-jeune-b0abd.jpg?1690080065' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='130' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s une enfance tourment&#233;e, Reverdy quitte la Montagne noire et monte &#224; Paris pour &#171; faire de la litt&#233;rature &#187;. Montmartre, l'insouciance, les peintres, les pr&#233;mices du surr&#233;alisme fa&#231;onnent un po&#232;te nouveau, un po&#232;te cubiste. Un po&#232;te trop vite rattrap&#233; par la mis&#232;re et les doutes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 10 juin 1907, au plus fort de la crise de m&#233;vente des vins du Languedoc, dont les prix ont chut&#233; de mani&#232;re vertigineuse, Marcellin Albert, fort de l'appui de centaines de milliers de manifestants, lance un ultimatum au gouvernement de Cl&#233;menceau pour le vote d'une loi et d&#233;clenche une gr&#232;ve des imp&#244;ts. La troupe occupe les villes du Midi et, les 19 et 20 juin, des fusillades font six morts &#224; Narbonne. &#192; ce moment, le jeune Pierre Reverdy n'est d&#233;j&#224; plus &#233;l&#232;ve au coll&#232;ge Victor Hugo de la ville. En 1905, il a abandonn&#233; ses &#233;tudes, &#171; &lt;i&gt;quitt&#233; le bagne&lt;/i&gt; &#187;. Lorsqu'il &#233;voquera beaucoup plus tard les &#233;v&#233;nements sanglants de 1907, il dira dans une lettre &#224; Jean Rousselot : &#171; &lt;i&gt;Une mis&#232;re effroyable accablait le pays, on jetait le vin dans les ruisseaux, tous les jeudis, pr&#232;s du pont m&#233;tallique, on vendait aux ench&#232;res le mobilier des pauvres gens [&#8230;] Du vin, du sang, de la cervelle. Celle d'un pauvre clochard. Ce n'&#233;tait pas cette tournure des choses qui pouvait m'incliner &#224; la tendresse pour les soutiens de l'ordre. Antimilitariste &#224; tout crin, je fus exempt&#233; de service militaire.&lt;/i&gt; &#187; Les ann&#233;es d'enfance sont d&#233;j&#224; loin.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un &#171; sans nom &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le jeune homme, n&#233; &#224; Narbonne le 11 (officiellement le 13) septembre 1889, a &#233;t&#233; d&#233;clar&#233; par la sage-femme &#171; &lt;i&gt;de p&#232;re et de m&#232;re inconnus&lt;/i&gt; &#187;. C'est un sans-nom. L'ann&#233;e de sa naissance, sa m&#232;re &#233;tait mari&#233;e, mais pas avec le g&#233;niteur. Et son &#233;poux, Victor Turcan, vivait en Argentine depuis deux ans d&#233;j&#224;. Le p&#232;re, Henry-Pierre Reverdy, reconna&#238;t son fils et lui donne son nom en 1895. La m&#232;re effectuera cette d&#233;marche seulement en 1911, alors que le jeune homme avait 22 ans. En 1897, les deux parents se remarient puis se s&#233;parent d&#233;finitivement en 1901.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre, apr&#232;s quelques ann&#233;es toulousaines, vit avec son p&#232;re qu'il admire et qui deviendra son mod&#232;le. Celui-ci, issu d'une lign&#233;e de tailleurs de pierre, a bris&#233; cette cha&#238;ne en devenant viticulteur et n&#233;gociant en vin. C'est un homme actif, journaliste polyvalent &#224; La R&#233;publique sociale, conseiller municipal &#224; Narbonne. Henry Reverdy a acquis, pour y r&#233;unir sa famille, un domaine dans le village de Moussoulens. La Jonquerolle sera le paradis (perdu) pour le futur &#233;crivain. Il &#233;crira : &#171; &lt;i&gt;Pr&#232;s de Carcassonne, au pied de la Montagne noire, le pays est bois&#233;, plus frais, plus vert, d&#233;licieusement arros&#233; de cours d'eau qui cessent &#224; peine d'&#234;tre des torrents. La source est proche. Cette eau claire, nous en avons r&#234;v&#233; jour et nuit, quand la propri&#233;t&#233; fut perdue, et elle est dans une grande quantit&#233; de mes po&#232;mes. J'ai eu pour ce coin de terre un immense amour [&#8230;] Dans toute ma po&#233;sie, on entend couler la Rougeanne, le ruisseau d'eaux roses.&lt;/i&gt; &#187; Cette douceur a cependant son p&#244;le oppos&#233;. L'enfant est tourment&#233;, tortur&#233; m&#234;me, il ressent des &#233;motions violentes qui le marqueront durablement. En 1907, le p&#232;re est ruin&#233; et doit vendre sa propri&#233;t&#233;. L'avenir de Pierre est ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Je suis arriv&#233; &#224; Paris le 3 octobre 1910 &#187; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le 3 octobre 1909, apr&#232;s avoir contempl&#233; une derni&#232;re fois ses paysages familiers, il prend le train pour Paris et &#171; &lt;i&gt;faire de la litt&#233;rature&lt;/i&gt; &#187;. Il est accueilli &#224; son arriv&#233;e &#224; la gare d'Orsay par son ami le peintre Paul Malaterre, qui vit &#224; Montmartre. &#171; &lt;i&gt;Je suis arriv&#233; &#224; Paris le 3 octobre 1910, par un de ces temps de brume l&#233;g&#232;re que je trouverai d&#233;licieux plus tard, mais qui, ce matin-l&#224;, &#224; 10 heures au quai d'Orsay, en plein Paris, me donna simplement envie de retourner chez moi, au merveilleux soleil d'automne, qui, la veille encore me caressait de ses rayons. Un ami m'attendait, nous montons &#224; Montmartre dans un de ces taxis &#224; chevaux, cocher &#224; haut-de-forme de cuir bouilli [...] &#201;c&#339;urante travers&#233;e de Paris &#8211; par la place de la Concorde. Je trouvais tout cela affreux. Ces fa&#231;ades grises, ces monuments l&#233;preux. Le Paris de mon imagination s'effondrait dans la grisaille et la crasse d'un d&#233;cor de catastrophe, et les arbres noirs &#8211; &#231;a c'&#233;tait le comble !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son recueil de po&#232;mes Le Voleur de talan, il donne une version plus terrible encore de son arriv&#233;e : &#171; &lt;i&gt;Un train qui p&#233;n&#233;trait sous la vo&#251;te siffla / Et tous les cochers qui sommeillaient / sur leur si&#232;ge s&#8250;agit&#232;rent [&#8230;] Un jeune homme court entre les automobiles qui soufflent/ Il a peur&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'installe d'abord &#224; l'h&#244;tel du Poirier, place &#201;mile Goudeau, puis au 7 de la rue Ravignan, dans la resserre occup&#233;e auparavant par Max Jacob. Est-ce &#224; son arriv&#233;e ou plus tard qu'il note un ph&#233;nom&#232;ne &#233;trange : &#171; &lt;i&gt;Je n'ai jamais su, et l'on n'a jamais pu m'expliquer pourquoi il y eut cette saison-l&#224;, &#224; Montmartre, de si nombreuses journ&#233;es de grand vent [&#8230;] un vent sal&#233; qui arrivait, pour s&#251;r, directement du large sans avoir encore rencontr&#233; aucun obstacle capable d'affaiblir son &#233;lan &#8211; un vent violent, sous le ciel dur et clair, s'engouffrant dans d'&#233;troites ruelles qui, coup&#233;es &#224; pic sur le n&#233;ant, engageaient &#224; penser qu'au-del&#224; on ne pouvait plus rencontrer que la mer. Jamais personne n'aurait os&#233; y aller voir.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La gaiet&#233; des amis de la Butte&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Gr&#226;ce &#224; l'entremise de son ami Malaterre, il rencontre tr&#232;s vite ceux qui deviendront des amis essentiels : Picasso (qui habite alors 11 boulevard de Clichy mais a repris un atelier au Bateau-Lavoir) Juan Gris, Braque, Modigliani, Severini, le sculpteur Laurens, le po&#232;te Max Jacob et Apollinaire qui vient sur la Butte en visiteur depuis Auteuil o&#249; il a suivi Marie Laurencin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont ses a&#238;n&#233;s. Chaque jour, ils se parlent pendant des heures. Cet homme du sud &#224; la voix rocailleuse, noueux comme un cep de vigne, a rencontr&#233; &#224; Montmartre d'autres gens du sud, espagnols et catalans, d'une convivialit&#233; et d'une gaiet&#233; extraordinaires. Dans une lettre de mai 1950 &#224; Jean Rousselot, il &#233;crit : &#171; &lt;i&gt;Nous vivions les derni&#232;res ann&#233;es de l'&#233;poque ant&#233;diluvienne. Plus jamais le soleil ne nous a pass&#233; la main avec autant de douceur sur la peau. Jamais autant d'insouciance et de confiance ne nous a plus escort&#233;s vers l'inconnu&lt;/i&gt;. &#187; Il faut temp&#233;rer cette vision idyllique. Reverdy travaille de nuit comme correcteur d'imprimerie aux Annales, rue Falgui&#232;re. Ses trajets nocturnes l'&#233;puisent, car il n'a pas les ressources suffisantes pour acheter un ticket de m&#233;tro. En outre, si dans le &#171; village &#187; la fraternit&#233; est grande, le po&#232;te ressent fortement la nostalgie du midi, de sa nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1912, il d&#233;m&#233;nage au Bateau-Lavoir dans l'atelier qui faisait face &#224; celui de Juan Gris puis, en 1913, au 12 rue Cortot (aujourd'hui le mus&#233;e de Montmartre). Juan Gris et Picasso illustrent bient&#244;t ses po&#232;mes. Dans les ann&#233;es 1912-1914, il collabore &#224; la revue d'Apollinaire, Les Soir&#233;es de Paris, qui a son si&#232;ge au 278 du boulevard Raspail. Il veut s'engager dans l'arm&#233;e en 1914, mais il est r&#233;form&#233;. Les ann&#233;es de guerre sont &#233;prouvantes. Reverdy vit &#224; Montmartre dans une mis&#232;re absolue. Dans La Lucarne ovale, il note : &#171; &lt;i&gt;En ce temps-l&#224; le charbon &#233;tait devenu aussi pr&#233;cieux et rare que des p&#233;pites d'or et j'&#233;crivais dans un grenier o&#249; la neige, en tombant par les fentes du toit, devenait bleue&lt;/i&gt; &#187;, quelques lignes dont Breton dira qu'&#171; &lt;i&gt;elles me r&#233;introduisent au c&#339;ur de cette magie verbale, qui, pour nous, &#233;tait le domaine o&#249; Reverdy op&#233;rait. Il n'y avait eu que Aloysius Bertrand et Rimbaud &#224; s'&#234;tre avanc&#233;s si loin dans cette voie&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un po&#232;te cubiste&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 1915, il &#233;crit ses premiers po&#232;mes r&#233;unis sous le titre Le Cadran quadrill&#233;, recueil qui ne sera pas publi&#233;. Quelques mois plus tard, il fait para&#238;tre Po&#232;mes en prose, puis, l'ann&#233;e suivante, La Lucarne ovale. Des critiques parlent alors de &#171; po&#233;sie cubiste &#187;, ce qui est en partie vrai, tant l'&#233;criture de Reverdy est influenc&#233;e par la peinture de ses amis. En 1917, il fonde la revue Nord-Sud, en s'inspirant du nom de la ligne de m&#233;tro qui joint Montmartre &#224; Montparnasse. Proche du surr&#233;alisme, elle accueille de jeunes po&#232;tes comme Breton, Aragon, Soupault et Tzara, et publie des articles sur le cubisme et la litt&#233;rature. Reverdy d&#233;fend l'id&#233;e que la po&#233;sie n'est pas figurative, mais cr&#233;atrice. Il refuse &#224; la fois le romantisme et le naturalisme. Michel Collot d&#233;finit sa po&#233;tique comme &#171; &lt;i&gt;le lyrisme de la r&#233;alit&#233; &lt;/i&gt; &#187;. Il ne s'agit &#171; &lt;i&gt;ni d'un r&#233;alisme ni d'un sentimentalisme : il n'est pas plus la formulation fid&#232;le d'un sentiment personnel qu'une imitation servile du r&#233;el ; il ne se borne pas &#224; les exprimer mais vise &#224; les recr&#233;er l'un et l'autre et l'un par l'autre pour produire une &#233;motion neuve... &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La revue dispara&#238;t en 1918. Dans une lettre &#224; Breton, Reverdy &#233;voque l'amiti&#233; qui le lie aux jeunes po&#232;tes surr&#233;alistes : &#171; &lt;i&gt;Vous &#234;tes tous trois, avec Aragon et Soupault, des amis que je suis fier et heureux d'avoir gagn&#233;s. Votre jeunesse, votre sinc&#232;re puret&#233; me donnent une satisfaction que l'on a bien rarement en art [...] Vous &#234;tes sans doute mes plus purs amis. &lt;/i&gt; &#187; Viendront, au fil des ans, d'autres recueils qui marqueront l'&#233;poque : La Guitare endormie, &#201;toiles peintes, &#201;cumes de la mer. Les liens avec la peinture cubiste sont &#233;vidents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans sa chambre du 12 rue Cortot, Reverdy convie, le dimanche, Breton, Soupault et Aragon. Ce sont les premiers temps du surr&#233;alisme, et il est leur &#171; po&#232;te exemplaire &#187;. Louis Aragon se souvient : &#171; &lt;i&gt;Je le revois rue Cortot dans ce temps de mis&#232;re et de violence, un hiver qu'il r&#233;gnait chez lui un froid terrible, sa femme malade, et dans le logement au-dessus ce diable d'Utrillo qui faisait du boucan, c'&#233;tait &#224; tuer. Il y avait dans les yeux noirs de Reverdy un feu de col&#232;re comme je n'en avais jamais vu nulle part, peut-&#234;tre les sarments br&#251;l&#233;s au milieu des vignes &#224; la nuit. Je me rappelle ce jour o&#249; il lui avait fallu vendre &#224; un de ces hommes riches qui aiment tant l'art un petit Braque qui n'&#233;tait pas seulement pour lui un tableau, et, comme &#224; la derni&#232;re minute de se d&#233;pouiller, il avait farouchement saisi la toile et l'avait bais&#233;e de ses l&#232;vres, &#224; la stup&#233;faction de l'amateur &#233;clair&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant la guerre, Reverdy d&#233;fend l'essence du cubisme contre les &#171; faussaires &#187; ou les amateurs. Il se bagarre avec Diego Rivera, d&#233;nonce l'inconsistance des &#339;uvres de Cocteau. Aragon note : &#171; &lt;i&gt;A une &#233;poque o&#249; la peinture s'est fait la palette d'objets des &#233;l&#233;ments quotidiens d'une vie mis&#233;rable, la po&#233;sie de Reverdy est le terrain vague, la rue hostile, l'escalier d&#233;labr&#233; d'une vie qui est celle des peintres et des po&#232;tes d'alors.&lt;/i&gt; &#187; Il y a de la pauvret&#233; chez Reverdy. Est-ce l'une des raisons de sa conversion au catholicisme ? Le 2 mai 1921, il se fait baptiser au Sacr&#233;-C&#339;ur de Montmartre. Max Jacob est son parrain. Reverdy quitte Montmartre en 1922 pour la rue Fontaine, puis pour la rue Vignon.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Coco Chanel&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Auparavant il avait fait la connaissance de Coco Chanel gr&#226;ce &#224; Misia Sert, grande figure parisienne de son temps, &#233;g&#233;rie de Mallarm&#233; vingt ans auparavant. Apr&#232;s la mort d'Arthur Capel avec lequel elle avait eu une relation passionn&#233;e, elle red&#233;couvre l'amour avec Reverdy. Il lui fait aussi d&#233;couvrir le plaisir de la lecture : Rilke, Lautr&#233;amont, Verlaine, Mallarm&#233;. Elle dit de lui : &#171; &lt;i&gt;Le grand po&#232;te, c'est Reverdy.&lt;/i&gt; &#187; Il lui &#233;crit cette d&#233;licate d&#233;dicace sur La Peau de l'homme : &#171; &lt;i&gt;Vous ne savez pas ch&#232;re Coco que l'ombre est le plus bel &#233;crin de la lumi&#232;re. Et c'est l&#224; que je n'ai jamais cess&#233; de nourrir pour vous la plus tendre amiti&#233;.&lt;/i&gt; &#187; En 1925, il rompt avec les surr&#233;alistes dont il n'appr&#233;cie pas les compromissions. Et apr&#232;s avoir collabor&#233; au &#171; Roseau d'or &#187;, collection fond&#233;e par Jacques Maritain, dans laquelle il voisine avec Paul Claudel, Pierre Reverdy &#171; &lt;i&gt;choisit librement Dieu&lt;/i&gt; &#187;. Il se retire le 30 mai 1926 dans une maison isol&#233;e &#224; Solesmes, pr&#232;s de la c&#233;l&#232;bre abbaye b&#233;n&#233;dictine. &#171; &lt;i&gt;Besoin d'absolu&lt;/i&gt;, &#233;crit-il. &lt;i&gt;Je quitte Paris pour Solesmes : &#234;tre ou n&#233;ant.&lt;/i&gt; &#187; Il ne s'absentera plus de sa retraite que pour quelques rares voyages. Il y vivra avec Henriette qui &#233;tait devenue son &#233;pouse en 1914 &#224; Montmartre. Elle &#233;tait couturi&#232;re et participa &#224; la confection de ses premiers livres. Ils finiront tous deux leur vie &#224; Solesmes, lui en 1960, elle en 1996.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Balade litt&#233;raire : connaissez vous la place H&#233;bert ?</title>
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&lt;p&gt;Montmartre, la Goutte d'Or, Pigalle, les quartiers du 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; ont inspir&#233; de nombreux artistes. Et puisqu'ils se racontent parmi les lignes des auteurs de diverses &#233;poques, Le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; du mois a d&#233;cid&#233; de vous proposer une balade litt&#233;raire. R&#233;guli&#232;rement un extrait d'une &#339;uvre, connue ou non, sera ici d&#233;clin&#233; en un parcours photographique. &lt;br class='autobr' /&gt; Sur les pas de... Jean-Christophe Bailly &lt;br class='autobr' /&gt;
Que le seul nom d'un lieu et premi&#232;rement celui d'une ville puissent faire na&#238;tre l'envie d'un voyage, c'est l&#224; un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://18dumois.info/-culture-1380-.html" rel="directory"&gt;Culture&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://18dumois.info/local/cache-vignettes/L150xH115/arton1431-512f8.jpg?1690080065' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='115' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Montmartre, la Goutte d'Or, Pigalle, les quartiers du 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; ont inspir&#233; de nombreux artistes. Et puisqu'ils se racontent parmi les lignes des auteurs de diverses &#233;poques, Le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; du mois a d&#233;cid&#233; de vous proposer une balade litt&#233;raire. R&#233;guli&#232;rement un extrait d'une &#339;uvre, connue ou non, sera ici d&#233;clin&#233; en un parcours photographique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sur les pas de... Jean-Christophe Bailly&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Que le seul nom d'un lieu et premi&#232;rement celui d'une ville puissent faire na&#238;tre l'envie d'un voyage, c'est l&#224; un fait bien connu, souvent &#233;voqu&#233; par la litt&#233;rature et exploit&#233; par la chanson. Mais malgr&#233; leur puissance de suggestion, il est rare il me semble que les noms de rues en tant que tels fassent partir &#224; l'autre bout de la ville. En r&#232;gle g&#233;n&#233;rale, on tombe sur eux, et la joie qu'&#233;voque Benjamin est li&#233;e directement &#224; ces rencontres, qu'elles aient lieu au fil du pas ou &#224; celui de la r&#234;verie qui accompagne la lecture attentive d'un plan. Mais m'&#233;tant aper&#231;u, en regardant un plan justement, qu'il y avait d&#233;sormais &#224; Paris une rue Tristan Tzara, et ayant constat&#233; de surcro&#238;t qu'elle se trouvait en plein dans un quartier dont j'ignorais presque tout, j'ai pris la d&#233;cision de m'y rendre, ce qui &#233;tait bien le moins ici, dans ces pages, apr&#232;s l'&#233;vocation de Th&#233;odore Fraenkel et celle du Panth&#233;on sci&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Entre les deux gares&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cr&#233;&#233;e en 1987 dans le cadre de l'am&#233;nagement de la ZAC Evangile (!), la rue Tristan Tzara se trouve tout &#224; fait au nord de cette sorte de presqu'&#238;le territoriale comprim&#233;e entre les voies de la gare du Nord et celles de la gare de l'Est, secteur qu'on ne conna&#238;t gu&#232;re en fait que par l'axe conduisant &#224; la porte de La Chapelle qui le traverse longitudinalement et dont le point le plus anim&#233; est situ&#233; autour de la station de m&#233;tro Marx Dormoy. Mais par rapport &#224; cet axe, connu surtout des automobilistes cherchant &#224; rejoindre l'autoroute du Nord &#224; partir du centre de Paris, le point o&#249; se trouve la rue Tristan Tzara est nettement d&#233;centr&#233;. Pour le rejoindre il faut tout d'abord passer par le surprenant et plut&#244;t paisible petit Chinatown qui s'est d&#233;velopp&#233; autour de la place de Torcy &#224; proximit&#233; imm&#233;diate du march&#233; de La Chapelle, puis de l&#224; se laisser glisser par la rue de l'Evangile, ou par celle &#8211; diable ! &#8211; de la Madone, et rejoindre la place H&#233;bert et, de l&#224;, soit par la rue des Fillettes soit la rue Tcha&#239;kovski, d&#233;boucher enfin sur la rue Tristan Tzara, qui ne serait que tristesse et banalit&#233; si elle ne longeait pas un jardin &#8211; le jardin Rachmaninov &#8211; qui se distingue des nombreux squares du quartier par une conception paysag&#232;re plus libre lui donnant somme toute l'allure d'un &#238;lot de verdure un peu touffu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut le noter au passage, Tzara n'est pas l&#224; davantage chez lui que ne le sont Francis Picabia &#224; Belleville, Marcel Duchamp &#224; la ZAC du Ch&#226;teau des Rentiers dans le XIII arrondissement ou encore Francis Ponge &#224; la Mouza&#239;a, et pas plus que ne le sont non plus les quelques musiciens russes dont le quartier honore les noms, tout se compliquant encore quand on voit que des rues y ont &#233;galement &#233;t&#233; attribu&#233;es &#224; Raymond Queneau, Pierre Mac Orlan ou Maurice Genevoix ! Mais il s'agit l&#224; en fait d'une constante de la toponymie quand elle s'appuie sur des noms propres et sans doute, hormis quelques cas particuliers, serait-il de toute fa&#231;on difficile d'asseoir le choix de ces noms sur des fondements rationnels. On le sait, l'inclination politique des &#233;diles, souvent crisp&#233;e, parfois d&#233;bonnaire, joue le plus grand r&#244;le et c'est pourquoi, d&#233;couvrant la place H&#233;bert, je fus d'abord &#233;tonn&#233; par son nom, lequel bien s&#251;r n'a en fait aucun rapport avec le r&#233;dacteur du P&#232;re Duchesne qu'il serait surprenant de voir ainsi honor&#233;. Son nom, elle le doit tout bonnement &#224; un ancien maire du secteur, mais ce qu'elle a en propre, et dont j'ignorais tout &#8211; n'y &#233;tant jamais pass&#233; et nul ne m'en ayant jamais parl&#233; &#8211;, c'est un secret, ou une r&#233;serve, un apparentement complet entre sa forme et son caract&#232;re d'isolat et de place un peu villageoise et plut&#244;t retir&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une envie de se poser&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Parfaitement circulaire, plant&#233;e d'acacias dont le feuillage finement cisel&#233; forme un filtre a&#233;rien, elle est desservie par six rues formant une &#233;toile dont les branches sont s&#233;par&#233;es d'un c&#244;t&#233; par trois grands caf&#233;s ayant chacun une terrasse o&#249; l'on a envie de se poser et ouvre de l'autre sur des rues qui ont l'air de partir au loin, surtout la rue de l'Evangile, encore elle, qui le fait en effet, en longeant les voies de la gare de l'Est en direction de la porte d'Aubervilliers et de la rive gauche du secteur Rosa Parks, vers lequel nous nous rendrons plus tard. Le petit square Paul Robin, avec son kiosque &#224; musique, qui la borde en direction du nord, forme un seuil entre elle et la piscine qui porte le m&#234;me nom qu'elle et dont les abords imm&#233;diats, une petite cour arbor&#233;e, pourraient faire croire qu'on est tr&#232;s loin de Paris. Le square est &#233;difi&#233; &#224; l'emplacement de l'un des trois puits art&#233;siens anciens de Paris, dont on peut prendre l'eau &#224; une fontaine install&#233;e tout pr&#232;s, au square de la Madone. (...) &#8226;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extrait de Paris quand m&#234;me, Jean-Christophe Bailly,&lt;br class='autobr' /&gt;
La fabrique &#233;ditions, 2022&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Thierry Maubert&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Sylvie Lewden parle les langues de la solidarit&#233;</title>
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		<dc:date>2023-07-22T11:38:57Z</dc:date>
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		<dc:creator>No&#235;l Bouttier</dc:creator>



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&lt;p&gt;Passionn&#233;e par les langues et dipl&#244;m&#233;e d'une &#233;cole de commerce, Sylvie Lewden a un parcours professionnel atypique. Dans les bidonvilles de Manille ou dans le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;, elle a mis ses comp&#233;tences et son optimisme au profit des plus d&#233;favoris&#233;s en les aidant &#224; s'int&#233;grer dans le monde du travail. Elle est actuellement &#224; la t&#234;te d'un projet Territoires z&#233;ro ch&#244;meur. &lt;br class='autobr' /&gt; En deux heures d'entretien dans la nouvelle friperie associative rue Tristan Tzara (1) qu'elle dirige, Sylvie Lewden ne s'est (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://18dumois.info/-les-gens-1382-.html" rel="directory"&gt;Les Gens&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://18dumois.info/local/cache-vignettes/L150xH116/dscf5175-91609.jpg?1690080065' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='116' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Passionn&#233;e par les langues et dipl&#244;m&#233;e d'une &#233;cole de commerce, Sylvie Lewden a un parcours professionnel atypique. Dans les bidonvilles de Manille ou dans le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;, elle a mis ses comp&#233;tences et son optimisme au profit des plus d&#233;favoris&#233;s en les aidant &#224; s'int&#233;grer dans le monde du travail. Elle est actuellement &#224; la t&#234;te d'un projet Territoires z&#233;ro ch&#244;meur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En deux heures d'entretien dans la nouvelle friperie associative rue Tristan Tzara (1) qu'elle dirige, Sylvie Lewden ne s'est jamais d&#233;partie d'un sourire et d'un enthousiasme naturels. Elle est loin d'avoir l'itin&#233;raire rectiligne de nos &#233;lites bard&#233;es de dipl&#244;mes et de certitudes. Mais ses diverses exp&#233;riences de vie, jamais d'une simplicit&#233; biblique, ont forg&#233; en elle une sorte de tranquille d&#233;termination face aux obstacles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illustration : de son s&#233;jour aux Philippines, au d&#233;but des ann&#233;es 2000, o&#249; elle travaille pour une ONG sur des projets de micro-cr&#233;dit, elle aurait pu retenir la grande mis&#232;re des habitants de Manille, les vies d&#233;fonc&#233;es par la pauvret&#233;. Bien s&#251;r, elle a tout vu, elle en a &#233;t&#233; sans doute &#233;branl&#233;e, mais ce dont elle parle, c'est d'autre chose : &#171; &lt;i&gt;J'ai &#233;t&#233; frapp&#233;e par la vie dans la rue : les vendeurs de brochette, les gens qui discutent toute la nuit. En fait, y'a que le positif qui me frappe !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Parler les langues&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Reprenons les choses par le d&#233;but. Sylvie Lewden est n&#233;e au c&#339;ur d'une vaste fratrie (sept fr&#232;res et s&#339;urs) avec un p&#232;re militaire. N&#233;e &#224; Marseille, elle passe son enfance essentiellement dans les Yvelines. Ce qui la fait vibrer tr&#232;s t&#244;t, ce sont les langues &#233;trang&#232;res. Elle apprend l'anglais, l'allemand, le russe, un peu d'arabe et m&#234;me le portugais. &#171; &lt;i&gt;J'ai appris cette langue en &#233;coutant la bossa nova lors d'un voyage au Br&#233;sil avec le centre social de Villepreux (Yvelines) quand j'&#233;tais jeune&lt;/i&gt; &#187;, sourit-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Curieusement, Sylvie a fait sa scolarit&#233; dans une &#233;cole de commerce pour, dit-elle, &#171; &lt;i&gt;continuer &#224; parler les langues&lt;/i&gt; &#187;. Pourquoi une telle obsession ? &#171; &lt;i&gt;En fait, j'aime les fa&#231;ons de penser qui vont avec la langue&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;pond-elle. Sa scolarit&#233;, elle l'a faite en alternance en travaillant pour l'Association pour le droit &#224; l'initiative &#233;conomique (Adie) fond&#233;e par Maria Nowak. &#171; &lt;i&gt;J'avais la charge, se souvient-elle, d'accueillir les candidats &#224; un micro-cr&#233;dit et de les aider &#224; pr&#233;senter leur dossier. Je suis ainsi rentr&#233;e dans le concret des m&#233;tiers.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir travaill&#233; deux ans dans les bidonvilles de Manille et avoir r&#233;alis&#233; sur le chemin du retour son r&#234;ve - prendre le Transsib&#233;rien -, la voil&#224; de retour en France o&#249; &#171; &lt;i&gt;tout est plus cadr&#233;&lt;/i&gt; &#187;, dit-elle avec un peu de regret. Pendant six ans, elle travaille pour une f&#233;d&#233;ration d'associations au contact des populations les plus d&#233;favoris&#233;es, la Fnars devenue la F&#233;d&#233;ration des acteurs de la solidarit&#233;. &#171; &lt;i&gt;Les sujets m'int&#233;ressaient vraiment, explique-t-elle, mais rapidement, j'ai &#233;t&#233; frustr&#233;e de ne pas &#234;tre sur le terrain, de ne pas faire.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Survient ensuite une rupture, comme il en arrive parfois dans une vie. Avec son compagnon, elle se lance dans un projet d'&#233;dition. Ce sera Tango, la &#171; &lt;i&gt;revue illustr&#233;e Paris-Buenos Aires&lt;/i&gt; &#187;, tr&#232;s tourn&#233;e vers le voyage. Elle r&#233;alise &#233;galement des traductions de livres. De cette p&#233;riode, elle garde le souvenir de tas de rencontres, mais aussi d'un &#171; &lt;i&gt;gouffre financier&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Au plus pr&#232;s du terrain&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ces deux ou trois ann&#233;es de grande libert&#233; lui permettent d'acqu&#233;rir des savoir-faire qui lui seront utiles ensuite. &#171; &lt;i&gt;J'ai appris, raconte-t-elle, &#224; lancer des projets, &#224; parfois les mettre dans un tiroir puis &#224; les sortir quelques ann&#233;es plus tard.&lt;/i&gt; &#187; L&#224; encore, Sylvie regarde cette exp&#233;rience avec indulgence. &#171; &lt;i&gt;Bien s&#251;r, nous avons investi beaucoup de temps, d'&#233;nergie et d'argent. Il y a une douleur. Mais je n'ai pas v&#233;cu cela comme un &#233;chec.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis quelques ann&#233;es, Sylvie a appris &#224; conna&#238;tre et &#224; aimer le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; qu'elle habite avec sa famille depuis 2007 (dans le quartier de la mairie). L'association Aurore qui assure la gestion du Carr&#233; des Biffins, porte de Montmartre, lui confie cette mission. A l'&#233;poque, il s'agissait de permettre &#224; une centaine de personnes, essentiellement des chibanis (travailleurs immigr&#233;s maghr&#233;bins &#224; la retraite), mais pas seulement, de vendre en toute s&#233;curit&#233; des produits de seconde main.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant pr&#232;s de cinq ans, elle travaille comme une animatrice territoriale qui cherche &#224; cr&#233;er de la coh&#233;rence au sein du groupe de biffins et &#224; am&#233;liorer l'environnement local, en animant un r&#233;seau de partenaires. &#171; &lt;i&gt;Dans ce genre de situation, tout le monde attend que tu aies des id&#233;es, des projets&lt;/i&gt; &#187;, explique-t-elle. Et de raconter l'une de ses initiatives : &#171; &lt;i&gt;Nous avons travaill&#233; sur la contrefa&#231;on en faisant intervenir un organisme sp&#233;cialis&#233; qui est venu sur place distinguer le vrai du faux. Nous avons &#233;galement organis&#233; une visite du mus&#233;e de la contrefa&#231;on.&lt;/i&gt; &#187; D&#233;j&#224;, elle constate l'importance de &#171; &lt;i&gt;faire d&#233;couvrir aux gens leurs ressources&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des gens pleins de ressources&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Elle poursuivra ce travail m&#234;lant l'&#233;conomique et le social pour lancer le projet R&#233;par'Seb qui vise &#224; embaucher des gens en r&#233;insertion pour donner une seconde vie &#224; du petit &#233;lectrom&#233;nager. Mais d&#233;j&#224; se profile le projet Territoires z&#233;ro ch&#244;meur de longue dur&#233;e qui est confi&#233; &#224; l'association Aurore. Sylvie en prend les r&#234;nes1 &#224; partir de septembre 2021 pour un feu vert au Journal officiel en juillet 2022.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Adjointe (PS) au maire charg&#233;e (entre autres) du d&#233;veloppement &#233;conomique, Gabrielle Siry-Houari a particip&#233; &#224; son recrutement. &#171; &lt;i&gt;A la fin, il restait deux candidats. Sylvie m'a frapp&#233;e par sa connaissance du 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; et par son parcours associatif.&lt;/i&gt; &#187; Elle explique que son arriv&#233;e &#224; la t&#234;te de Territoires z&#233;ro ch&#244;meur a donn&#233; un souffle nouveau au projet en permettant une co-construction avec les forces vives du territoire. Sa qualit&#233; principale ? &#171; &lt;i&gt;Elle est d&#233;termin&#233;e&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;termin&#233;e, incontestablement, &#224; tordre le cou aux d&#233;terminismes sociaux, Sylvie Lewden l'est, mais en gardant toujours le sourire. Manifestement, cette exp&#233;rience de pr&#232;s de deux ans la comble. &#171; &lt;i&gt;C'est fascinant de d&#233;couvrir des talents qu'on n'avait pas soup&#231;onn&#233;s&lt;/i&gt; &#187;, s'exclame-t-elle. Elle raconte la m&#233;tamorphose de certains salari&#233;s embauch&#233;s en d&#233;cembre 2022 qui se sont mis &#224; prendre la parole devant les autorit&#233;s. D'autres sont plus volontaires pour apprendre le fran&#231;ais. Toute cette exp&#233;rience la renvoie &#224; ce 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement qu'elle a appris &#224; aimer. &#171; &lt;i&gt;Ce 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; nous r&#233;serve beaucoup de surprises&lt;/i&gt; &#187;, conclut-elle toujours avec le&#8230; sourire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Jean-Claude N'Diaye&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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