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	<title>Le 18e du mois</title>
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	<description>Le 18e du mois est un journal d'information sur le 18e arrondissement de Paris, ind&#233;pendant de toute organisation politique, religieuse ou syndicale. Il est &#233;dit&#233; par l'association des Amis du 18e du mois.</description>
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		<title>Le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; du mois</title>
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		<title>Les trois mousquetaires</title>
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		<dc:date>2024-11-01T15:46:47Z</dc:date>
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		<dc:creator>No&#235;l Bouttier</dc:creator>



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&lt;p&gt;En novembre 1994, Marie-Pierre Larriv&#233;, No&#235;l Monier et Jean-Yves Rognant lan&#231;aient Le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; du mois. Portraits crois&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt; Cela se passait en 1994, &#224; une &#233;poque que les moins de 30 ans ne peuvent imaginer. Internet n'avait pas encore p&#233;n&#233;tr&#233; notre quotidien. Il y avait des cabines t&#233;l&#233;phoniques et des cartes du m&#234;me acabit. On comptait en franc. Le maire du 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; &#233;tait le giscardien Roger Chinaud et Jacques Chirac r&#233;gnait sur Paris. Le pays &#233;tait dirig&#233; par un Premier ministre pompidolien (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://18dumois.info/local/cache-vignettes/L150xH71/capture_d_e_cran_2024-10-30_a_21.40_23-3e903.jpg?1787828394' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='71' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En novembre 1994, Marie-Pierre Larriv&#233;, No&#235;l Monier et Jean-Yves Rognant lan&#231;aient &lt;i&gt;Le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; du mois&lt;/i&gt;. Portraits crois&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cela se passait en 1994, &#224; une &#233;poque que les moins de 30 ans ne peuvent imaginer. Internet n'avait pas encore p&#233;n&#233;tr&#233; notre quotidien. Il y avait des cabines t&#233;l&#233;phoniques et des cartes du m&#234;me acabit. On comptait en franc. Le maire du 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; &#233;tait le giscardien Roger Chinaud et Jacques Chirac r&#233;gnait sur Paris. Le pays &#233;tait dirig&#233; par un Premier ministre pompidolien Edouard Balladur sous l'autorit&#233; du pr&#233;sident Fran&#231;ois Mitterrand rong&#233; par la maladie. &#192; cette &#233;poque, le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;, comme d'autres arrondissements, manquait d'oxyg&#232;ne. Pas assez d'informations sur les grands choix municipaux, pas de place reconnue aux associations, des lieux de convivialit&#233; et de d&#233;bats largement insuffisants, sans oublier des plans de circulation centr&#233;s autour de la bagnole&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
En 1994, trois personnes vont unir leur exp&#233;rience et leur carnet d'adresse pour bousculer le train-train du 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;. Unis par une volont&#233; de donner une place &#224; l'expression citoyenne (ce n'&#233;tait pas alors tr&#232;s tendance), ils avaient rameut&#233; leurs copains et connaissances de l'arrondissement pour r&#233;fl&#233;chir &#224; un projet de journal. Mais qui sont ces trois fondateurs de ce futur journal ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des personnalit&#233;s engag&#233;es&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Commen&#231;ons par Marie-Pierre Larriv&#233;. Cette journaliste de l'Agence France presse (AFP), sp&#233;cialiste des questions d'&#233;ducation et de&#8230; BD est une personnalit&#233; tr&#232;s iconoclaste, toujours la clope au bec. Derri&#232;re son apparence&#8230; d&#233;concertante (des tongs en plein hiver !), sa libert&#233; de ton, se cachait une grande professionnelle de l'information, f&#233;rue d'actualit&#233; culturelle, toujours en train de fureter et surtout, privil&#232;ge des &#171; &lt;i&gt;agenciers&lt;/i&gt; &#187;, capable de &#171; &lt;i&gt;pisser de la copie&lt;/i&gt; &#187;, autrement dit d'&#233;crire tr&#232;s rapidement un article. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le second fondateur, c'est le compagnon de Marie-Pierre, No&#235;l Monier. Issu d'un milieu populaire (il parlait souvent de sa m&#232;re femme de m&#233;nage), il &#233;tait devenu un journaliste en vue, &#224; la culture encyclop&#233;dique, qui avait travaill&#233; pour le &lt;i&gt;France-Soir&lt;/i&gt; de la grande &#233;poque quand ce quotidien populaire dirig&#233; par Pierre Lazareff tirait &#224; un million d'exemplaires. Il avait couvert le &#171; joli mois de mai 68 &#187; &#224; cent &#224; l'heure, un jour &#224; Saint-Nazaire, un autre au Quartier latin, quelques heures plus tard &#224; Matignon. Et puis, c'&#233;tait un syndicaliste exp&#233;riment&#233; &#233;lu secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du syndicat des journalistes CFDT. Il avait connu quelques grands patrons de la presse &#224; qui il avait men&#233; la vie dure. C'&#233;tait un homme intransigeant, p&#233;tri de valeurs humanistes et aimant transmettre son histoire d&#233;j&#224; longue (il avait alors la soixantaine).&lt;br class='autobr' /&gt;
Le dernier de la bande est, en fait, celui qui a permis la convergence de plusieurs cercles de relations. Jean-Yves Rognant, a&#238;n&#233; d'une famille populaire bretonne &#233;chou&#233;e en r&#233;gion parisienne, pouvait passer des heures enti&#232;res au t&#233;l&#233;phone ou dans un caf&#233; &#224; motiver les uns ou les autres, ou &#224; mettre de l'huile dans les rouages. Il avait v&#233;cu Mai 68 &#224; Grenoble, o&#249; il avait &#233;tudi&#233; les sciences politiques. Plus tard, il avait atterri &#224; la CFDT &#8211; o&#249; il avait connu No&#235;l &#8211; charg&#233; des questions politiques et de soci&#233;t&#233;. Ensuite, il s'&#233;tait retrouv&#233; au minist&#232;re du Travail, responsable des publications. Pour &#234;tre tranquille, il signait ses articles du nom de sa grand-m&#232;re Sparfel. Malgr&#233; sa sant&#233; fragile, Jean-Yves &#233;tait super-actif, soutenant de nombreuses causes et militant chez les Verts.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Trait d'union entre les citoyens&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Entre les univers des uns et des autres, entre ces diverses g&#233;n&#233;rations, la convergence n'&#233;tait pas gagn&#233;e d'avance. Parmi la vingtaine de personnes qui se sont r&#233;unies au printemps 94 &#224; de nombreuses reprises, il y avait des journalistes et des non-journalistes (cela n'a pas chang&#233;), un tiers de femmes, des anars, des socialistes, des &#233;colos et des citoyens sans &#233;tiquette (j'&#233;tais, pour ma part, un jeune journaliste pigiste, tout juste p&#232;re). Ce qui unissait tout ce petit monde, c'&#233;tait la volont&#233; de bousculer les choses et de donner &#224; voir la diversit&#233; (sociologique, ethnique) de l'arrondissement et la pluralit&#233; des points de vue. &lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s des semaines d'&#233;changes (souvent dans l'appartement de Jean-Yves) fut prise la d&#233;cision de r&#233;diger un manifeste qui scellait la &#171; ligne &#187; de cette publication, ind&#233;pendante de tous les pouvoirs et &#233;crite par les habitants de l'arrondissement. Le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; du mois &#171; &lt;i&gt;sera un trait d'union entre les citoyens, les associations, les quartiers pour nous informer et nous &#233;mouvoir car la ville, la vie est d'abord &#233;motion, et nous en faisons partie&lt;/i&gt; &#187;, peut-on y lire. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour sortir du bois, un quatre pages est r&#233;dig&#233; pour pr&#233;senter un mini &lt;i&gt;18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; du mois&lt;/i&gt; et lancer la souscription. Chacun des signataires du manifeste avait donn&#233; au moins 50 francs pour financer ce num&#233;ro z&#233;ro. Pour la r&#233;alisation de la maquette, nous avions opt&#233; pour un format atypique et le noir et blanc (moins cher et esth&#233;tique). En novembre 1994 &#233;tait lanc&#233; le num&#233;ro 1, qui faisait seize pages et qui titrait sur le plan de protection du site de Montmartre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais que sont devenus les trois fondateurs ? Jean-Yves, tr&#232;s handicap&#233; par des probl&#232;mes respiratoires, dut quitter son 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; quatre ans apr&#232;s le lancement de son &#171; b&#233;b&#233; &#187; pour vivre dans les Alpes-de-Haute-Provence o&#249; il a milit&#233; jusqu'&#224; son d&#233;c&#232;s en 2004, &#224; seulement 58 ans. En mai 2013, No&#235;l Monier est d&#233;c&#233;d&#233; d'un cancer &#224; l'&#226;ge de 79 ans. Jusqu'&#224; son dernier souffle, il a &#233;crit pour Le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; du mois, notamment pour cette rubrique histoire qu'il a anim&#233;e au fil des 200 num&#233;ros. Quelques mois plus tard, sa compagne Marie-Pierre Larriv&#233; &#233;tait &#233;galement emport&#233;e par la m&#234;me maladie, &#224; l'&#226;ge de 72 ans.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; ce moment-l&#224;, le journal a un peu vacill&#233; car No&#235;l et Marie-Pierre portaient le journal depuis tant d'ann&#233;es. Mais la continuit&#233; fut assur&#233;e par plusieurs b&#233;n&#233;voles emmen&#233;s par la r&#233;dactrice en chef Nadia Djabali, digne h&#233;riti&#232;re des fondateurs, qui fut &#233;galement emport&#233;e par le cancer en 2020, quelques jours avant l'arriv&#233;e du Covid.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photos : Christian Adnin&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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