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	<title>Le 18e du mois</title>
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	<description>Le 18e du mois est un journal d'information sur le 18e arrondissement de Paris, ind&#233;pendant de toute organisation politique, religieuse ou syndicale. Il est &#233;dit&#233; par l'association des Amis du 18e du mois.</description>
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		<title>Le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; du mois</title>
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		<title>Francis Laffon, un homme de paroles</title>
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		<dc:creator>No&#235;l Bouttier</dc:creator>



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&lt;p&gt;Tout pr&#232;s du m&#233;tro Barb&#232;s, vit un septuag&#233;naire devenu chanteur sur le tard, apr&#232;s une longue carri&#232;re dans le journalisme. Et si les deux histoires n'en faisaient qu'une ? &lt;br class='autobr' /&gt; Pour un journaliste, interroger un confr&#232;re n'est jamais chose ais&#233;e. Non pas que l'int&#233;ress&#233; ne joue pas le jeu&#8230; bien au contraire. Mais l'habitude a &#233;t&#233; tellement prise, des d&#233;cennies durant, de poser des questions, que devoir y r&#233;pondre n'a rien de naturel. Alors, pour mieux comprendre qui est Francis Laffon, il est (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://18dumois.info/local/cache-vignettes/L150xH100/francis_laffon_honr_n8c9975nb-38293.jpg?1787828394' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Tout pr&#232;s du m&#233;tro Barb&#232;s, vit un septuag&#233;naire devenu chanteur sur le tard, apr&#232;s une longue carri&#232;re dans le journalisme. Et si les deux histoires n'en faisaient qu'une ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour un journaliste, interroger un confr&#232;re n'est jamais chose ais&#233;e. Non pas que l'int&#233;ress&#233; ne joue pas le jeu&#8230; bien au contraire. Mais l'habitude a &#233;t&#233; tellement prise, des d&#233;cennies durant, de poser des questions, que devoir y r&#233;pondre n'a rien de naturel. Alors, pour mieux comprendre qui est Francis Laffon, il est fort utile de s'adresser &#224; une voisine et &#224; un ami. La voisine, c'est Laurence Isnard, pr&#233;sidente encore quelques semaines du conseil syndical du 10 boulevard Barb&#232;s : &#171; Mon premier souvenir, c'est lors de mon am&#233;nagement voici neuf ans. Francis est venu le premier jour avec de la citronnade, un vin d'Alsace et du pain d'&#233;pices. Et puis, &#224; chaque f&#234;te des voisins &#8211; une institution au 10 Barb&#232;s &#8211; il descend avec sa guitare pour chanter. &#187; Et d'ajouter : &#171; Il aime les gens. Il est tr&#232;s affable. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ami ensuite, c'est Amos M&#226;h, le violoncelliste qui l'accompagne lors de ses tours de chant : &#171; Cela fait vingt ans que je joue avec Francis. S'il compose et chante bien, il a fallu l'aider pour la rythmique. Il m'a fait confiance pour le faire progresser. C'est agr&#233;able d'avoir quelqu'un &#224; qui on peut dire franchement des choses parfois abruptes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec Francis Laffon, avons-nous affaire &#224; un journaliste qui a cultiv&#233; la passion de la chanson ou &#224; un chansonnier dans l'&#226;me qui a fait bouillir la marmite gr&#226;ce au journalisme ? En fait, l'homme s'est construit sur ces deux identit&#233;s qui ont conduit sa vie, &#224; des p&#233;riodes et sur des territoires diff&#233;rents, mais qui ont d&#251; se nourrir l'une de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Barb&#232;s, quartier fronti&#232;re&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;D&#233;marrons en Alsace, tout au nord, o&#249; Francis grandit dans un village proche de Wissembourg. Ascension r&#233;publicaine d'un bon &#233;l&#232;ve &#233;voluant dans un milieu modeste (parents petits commer&#231;ants) qui fait Sciences Po, puis l'&#233;cole de journalisme de Strasbourg. Mais le bon &#233;l&#232;ve a une passion qui le nourrit d&#233;j&#224; : le chant. &#171; Chez mes parents, il y avait un piano jusqu'&#224; ce qu'il soit vendu dans les ann&#233;es 60 quand l'&#233;picerie s'est arr&#234;t&#233;e, se souvient-il. Et dans les ann&#233;es 70, le chanteur r&#233;gionaliste alsacien Roger Siffer m'a appris mes premiers accords. &#201;tudiant, je chantais dans des bo&#238;tes &#224; musique. &#187; Cons&#233;cration : il interpr&#232;te quelques chansons lors de la foire de Colmar en 1972.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Francis vient d'int&#233;grer le journal o&#249; il restera toute sa carri&#232;re, plus de trente ans. &#192; L'Alsace, il fera tous les postes de &#171; localier &#187; avant de finir &#233;ditorialiste dans le bureau parisien puis r&#233;dacteur en chef &#224; Mulhouse. &#171; &#192; partir de l&#224;, mon m&#233;tier a pris le dessus sur ma carri&#232;re &#187;, explique-t-il sans amertume.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exit la chanson ? Pas vraiment. &#171; Quand je venais &#224; Paris, c'&#233;tait pour &#233;couter de la chanson fran&#231;aise, notamment &#224; la Contrescarpe. Et dans le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;, je fr&#233;quentais r&#233;guli&#232;rement, rue du Chevalier de la Barre, Chez Ubu, un bar o&#249; chantait Monique Morelli. D'ailleurs, on ne disait pas Chez Ubu, mais chez Monique Morelli. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin physiquement du 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;, Francis s'en rapproche grandement par l'univers des chansons r&#233;alistes. L'une d'entre elles, La Ballade des places de Paris, retient son attention. &#171; Quand j'&#233;tais &#224; la fac, une amie interpr&#233;tait cette chanson qui raconte l'histoire d'une femme allant de place en place dans le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;, &#233;voque-t-il. Trente ans plus tard, je me suis rendu compte que cette chanson parlait notamment des anciens grands magasins Dufayel, pratiquement l&#224; o&#249; je vis maintenant. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1999, en effet, Francis s'est install&#233; avec sa femme Dominique, aujourd'hui d&#233;c&#233;d&#233;e, dans le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;. Vivre &#224; Barb&#232;s, c'est un choix. &#171; L'anarchie qui r&#232;gne dans la rue peut &#234;tre attachante, m&#234;me si c'est parfois aga&#231;ant &#187;, r&#233;sume-t-il. D'ailleurs, il s'implique dans la vie du quartier, comme adh&#233;rent de l'association Action Barb&#232;s qui s'est battue notamment pour la r&#233;ouverture du cin&#233;ma Le Louxor. &#171; La situation de ce quartier, au carrefour de trois arrondissements (9&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;, 10&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; et 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;) m'a souvent fait penser &#224; la r&#233;gion des trois fronti&#232;res en Alsace, avec la France, la Suisse et l'Allemagne. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les mots en partage&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les derni&#232;res ann&#233;es avant de prendre sa retraite, Francis replonge dans son amour d'enfance : la chanson. Il compose des textes nourris de son exp&#233;rience de journaliste, comme Comm&#233;moration qui raconte son malaise lors de la c&#233;l&#233;bration des 60 ans de la lib&#233;ration d'Auschwitz, &#224; cause d'un carton VIP dont on l'a gratifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais son inspiration peut &#234;tre &#233;galement tr&#232;s 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;. Dans Jeunes filles noires, il conte la vie de ces jeunes Africaines qui tapinaient jadis rue de Sofia. Avec D&#233;sastrologie, il se met dans la peau d'un de ces innombrables gu&#233;risseurs qui font leur pub&lt;br class='autobr' /&gt;
devant le m&#233;tro. Et puis bien s&#251;r, il y a ce titre Babel- Rochechouart qui &#233;voque la station de m&#233;tro et donne son nom &#224; l'album sorti en 2020, quelques jours avant le d&#233;clenchement de la crise du Covid. &#171; On devait jouer &#224; Ivry le dimanche et j'ai appris le vendredi que tout &#233;tait arr&#234;t&#233;. Il a fallu attendre deux ans pour que je chante &#224; nouveau. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis, Francis Laffon assist&#233; d'Amos M&#226;h et parfois d'autres musiciens, sillonnent la France, l'Alsace bien s&#251;r (l'une de ses chansons porte sur Wissembourg) mais aussi Montpellier, l'Auvergne ou la Dr&#244;me, sans oublier, &#224; Paris, la p&#233;niche Anako, sur le bassin de La Villette. &#171; Sur les six derniers mois de 2024, j'ai donn&#233; douze concerts &#187;, comptabilise-t-il. Et d'ajouter : &#171; C'est une cha&#238;ne d'amiti&#233; et je vis l&#224; des moments de partage qui me font du bien. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On en revient &#224; la question initiale : quels liens entre la chanson et le journalisme ? &#171; J'ai &#233;t&#233; &#233;lev&#233; &#224; l'&#233;cole de la locale pour L'Alsace. Il faut aimer dialoguer avec les gens. Le principal ciment de ces deux univers, c'est le mot. Dans ma vie, j'ai toujours aim&#233; les mots et j'ai essay&#233; d'&#234;tre un homme de parole, de tenir mes promesses. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des paroles qui font &#233;cho &#224; celles de sa voisine Laurence Isnard : &#171; Les textes de Francis renvoient &#224; des souvenirs. Il aime les mots, il joue avec la langue. Il est toujours dans la recherche et le travail, jamais dans l'autosatisfaction. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Thierry Nectoux&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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