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	<title>Le 18e du mois</title>
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	<description>Le 18e du mois est un journal d'information sur le 18e arrondissement de Paris, ind&#233;pendant de toute organisation politique, religieuse ou syndicale. Il est &#233;dit&#233; par l'association des Amis du 18e du mois.</description>
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		<title>Le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; du mois</title>
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		<title>TROIS CIMETI&#200;RES SUR LA BUTTE</title>
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		<dc:creator>B&#233;atrice Dunner</dc:creator>



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&lt;p&gt;Lieux de promenade et de souvenir, les cimeti&#232;res Saint-Vincent, du Calvaire et Montmartre ont des &#233;tendues, des origines et des histoires bien diff&#233;rentes. Allons-y voir de plus pr&#232;s. &lt;br class='autobr' /&gt; Parmi bien d'autres records, la Butte d&#233;tient celui d'abriter sur son territoire le plus grand nombre de cimeti&#232;res de toute la capitale. Pas moins de trois pour ce quartier du 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement, alors que les dix-neuf autres n'en comptent qu'un ou deux au maximum, la seule exception &#233;tant le 20&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; qui en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://18dumois.info/-histoire-1533-.html" rel="directory"&gt;Histoire&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://18dumois.info/local/cache-vignettes/L150xH97/_saint-pierre-du-calvaire_11-51e24.jpg?1787829493' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='97' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Lieux de promenade et de souvenir, les cimeti&#232;res Saint-Vincent, du Calvaire et Montmartre ont des &#233;tendues, des origines et des histoires bien diff&#233;rentes. Allons-y voir de plus pr&#232;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Parmi bien d'autres records, la Butte d&#233;tient celui d'abriter sur son territoire le plus grand nombre de cimeti&#232;res de toute la capitale. Pas moins de trois pour ce quartier du 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement, alors que les dix-neuf autres n'en comptent qu'un ou deux au maximum, la seule exception &#233;tant le 20&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; qui en abrite trois : P&#232;re-Lachaise, Picpus et Charonne. Entre tombes de personnages c&#233;l&#232;bres ou populaires, monuments sculpt&#233;s et all&#233;es arbor&#233;es, les trois cimeti&#232;res montmartrois (Saint-Vincent, le Calvaire et Montmartre, appel&#233; officiellement cimeti&#232;re du Nord) sont la preuve vivante que le quartier de Montmartre poss&#232;de une &#226;me et une histoire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Discr&#233;tion et myst&#232;re&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Commen&#231;ons tout en-haut, par celui qui &#224; son tour d&#233;tient trois records. Celui de l'anciennet&#233; (le plus vieux cimeti&#232;re subsistant de Paris, cr&#233;&#233; en 1688), de l'altitude (on y trouve le point culminant de la ville, &#224; 130,53 m) et de la plus petite surface (600 m&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;2&lt;/sup&gt; &#224; peine).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cimeti&#232;re du Calvaire est ainsi nomm&#233; parce qu'il voisine le monument du m&#234;me nom : trois croix grandeur nature juch&#233;es sur un monticule de pierres recouvrant une grotte artificielle, bref, un calvaire, cr&#233;&#233; en 1833 par un eccl&#233;siastique ambitieux, l'abb&#233; Ottin, cur&#233; de Saint-Pierre de Montmartre, que ce projet d&#233;mesur&#233; ruina. Le calvaire et son chemin de croix, qui devaient attirer des foules de p&#232;lerins, ont failli &#224; la t&#226;che et l'&#233;closion du Sacr&#233;-C&#339;ur, &#224; partir des ann&#233;es 1880, leur a donn&#233; le coup de gr&#226;ce. Le cimeti&#232;re qui en porte le nom ne s'entrouvre qu'une fois l'an, &#224; la Toussaint, mais Pascal Cassandro, conservateur des cimeti&#232;res de Montmartre, nous en a ouvert les portes pour une petite visite sp&#233;ciale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette discr&#233;tion, ce myst&#232;re, scell&#233;s par de hauts murs et une imposante porte de bronze ne font qu'ajouter au charme de l'endroit. Ce petit enclos fut offert par Marie-Anne de Lorraine-Harcourt, quarante-et-uni&#232;me abbesse de Montmartre, aux villageois pour en faire le cimeti&#232;re paroissial (le lieu s'y pr&#234;tait tout naturellement, car mille ans auparavant on y trouvait d&#233;j&#224; une n&#233;cropole m&#233;rovingienne). Il a accueilli les morts de Montmartre d&#232;s la fin du XVII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle et, apr&#232;s la parenth&#232;se r&#233;volutionnaire (entre 1792 et 1801), jusqu'en 1831, date &#224; laquelle, pour cause de surpopulation fun&#233;raire, le tout nouveau cimeti&#232;re communal de Saint-Vincent prend la rel&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, le Calvaire ne compte plus que quatre-vingt-six tombes, dont aucune ne remonte au-del&#224; des d&#233;buts du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, les tombes pr&#233;-r&#233;volutionnaires ayant toutes disparu. On y rencontre cependant bien des personnalit&#233;s aussi attachantes que contrast&#233;es : les Bougainville (le navigateur, sa femme et sa petite-fille), les Fitz-James, la princesse Galitzine, les Laborde ou les Montesquiou-Fezensac. Tout ce beau monde y c&#244;toie en toute simplicit&#233; (nous sommes &#224; Montmartre !) les carriers, les vignerons et les meuniers du cru. Sans oublier les cur&#233;s de la paroisse et le premier maire de Montmartre, F&#233;lix Desportes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Calvaire est un cimeti&#232;re de campagne, ensauvag&#233;, dont les pensionnaires dorment leur dernier sommeil parmi les herbes folles et &#224; l'ombre de deux &#233;rables sycomores centenaires, dans une bienheureuse ignorance de ce qui les cerne aujourd'hui : la masse &#233;crasante, tonitruante du Sacr&#233;-C&#339;ur ou celle, mouvante, bruyante, ent&#234;tante, des touristes de la place du Tertre voisine. Aujourd'hui, seules les familles dont un anc&#234;tre repose dans ce cimeti&#232;re peuvent s'y faire inhumer.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;C&#233;nacle montmartrois&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Sortant du Calvaire, nous n'avons que quelques pas &#224; faire pour descendre vers le cimeti&#232;re Saint-Vincent, chant&#233; par Bruant &#224; la Belle &#201;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; encore, c'est un clos, comme pour la vigne de Montmartre, sa proche voisine mais dont les murs sont moins hauts et le paysage bien plus min&#233;ral que celui du Calvaire. Son terrain est dix fois plus vaste et il accueille dix fois plus de tombes. Ce cimeti&#232;re a &#233;t&#233; am&#233;nag&#233; en 1831, dans un Montmartre o&#249; les constructions &#233;taient encore rares, sur une vaste friche en pente avec beaucoup d'escaliers pour relier les divers niveaux : 17 m de d&#233;nivel&#233; entre les rues Caulaincourt et Saint-Vincent. Ce qui donne une belle vue en contre-plong&#233;e sur le haut de la Butte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis quelques ann&#233;es, le lieu a &#233;t&#233; tr&#232;s joliment v&#233;g&#233;talis&#233; en jardin m&#233;ridional : oliviers, figuiers, cypr&#232;s, cytises, arbres fruitiers, lilas et beaucoup de fleurs partout, ce qui en fait un lieu de tr&#234;ve et de r&#234;ve, au demeurant peu fr&#233;quent&#233;, o&#249; l'on aura plaisir &#224; fl&#226;ner, explorer et s'asseoir au soleil, en bonne compagnie, car les morts qui vous y entourent ont souvent &#233;t&#233; de grands vivants. &#192; la diff&#233;rence du Calvaire, c'est un cimeti&#232;re essentiellement montmartrois, ici pas de mixit&#233; entre Montmartre et les grandes familles aristocratiques de la Chauss&#233;e-d'Antin et du faubourg Montmartre. Classes populaires ou personnalit&#233;s c&#233;l&#232;bres, tous ont v&#233;cu et/ou cr&#233;&#233; sur la Butte, acteurs, peintres, sculpteurs, musiciens, &#233;crivains, po&#232;tes, journalistes : Marcel Carn&#233;, Maurice Utrillo, Eug&#232;ne Boudin, &#201;mile Goudeau, Roland Dorgel&#232;s, Anouk Aim&#233;e, Th&#233;ophile Alexandre Steinlen, Harry Baur. Les vieilles familles montmartroises comme les L&#233;cuyer (&#233;galement pr&#233;sents au Calvaire), Tourlaque, Labat, Muller sont l&#224; aussi. Et les figures du quartier, comme Michou, ou un po&#232;te oubli&#233; du si&#232;cle avant-dernier, qui hantait tous les caf&#233;s, un certain Gazi le Tatar...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les g&#233;n&#233;raux Lecomte et Cl&#233;ment-Thomas, fusill&#233;s (probablement par leurs propres soldats) le 18 mars 1871 pour avoir tent&#233; d'emporter les canons stationn&#233;s au sommet de la Butte Montmartre, y ont &#233;t&#233; inhum&#233;s temporairement. Ce sont les premiers morts de la Commune.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Patrimoine historique et paysage pittoresque&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'exploration se poursuit en descendant encore, par la rue Caulaincourt et le pont du m&#234;me nom qui m&#232;ne vers la place de Clichy. Juste avant d'y d&#233;boucher, on emprunte &#224; gauche un raide escalier qui d&#233;gringole vers l'entr&#233;e du troisi&#232;me et dernier cimeti&#232;re de notre circuit. Il existe deux autres entr&#233;es pour cette n&#233;cropole de quelque onze hectares, l'une &#224; son extr&#233;mit&#233; nord, ouverte seulement le Jour des morts, le 2 novembre, l'autre &#224; l'ouest, rue Ganneron, cr&#233;&#233;e en 2022.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cimeti&#232;re Montmartre a ouvert sous le nom officiel de cimeti&#232;re du Nord le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; janvier 1825, mais on avait (tr&#232;s sommairement, dans des fosses communes) enseveli l&#224; bien avant, pendant la R&#233;volution, les corps des victimes des &#233;meutes parisiennes (et notamment des 300 gardes suisses tu&#233;s en d&#233;fendant le palais des Tuileries, le 10 ao&#251;t 1792). Le lieu s'appelait alors le Champ du repos et n'&#233;tait gu&#232;re attirant. Il faut imaginer de grandes carri&#232;res de pl&#226;tre d&#233;saffect&#233;es, un vaste terrain vague en forme de cuvette encadr&#233; des raides pentes de la Butte. C'est une configuration que l'on peut lire encore dans le cimeti&#232;re bien peign&#233; que l'on visite aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s son ouverture, il a accueilli le surplus des morts que le cimeti&#232;re du Calvaire ne pouvait plus absorber et ce jusqu'&#224; l'ouverture de celui de Saint-Vincent en 1831. On y a &#233;galement am&#233;nag&#233; un carr&#233; dit &#171; isra&#233;lite &#187; pour les tombes juives, &#224; une &#233;poque o&#249; chaque culte devait avoir son lieu d'inhumation particulier. Cette pratique a &#233;t&#233; abolie en 1882 et d&#233;sormais, tous les morts reposent ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cimeti&#232;re existait depuis plus de cinquante ans lorsque les &#233;diles parisiens d&#233;cid&#232;rent de prolonger la rue Caulaincourt (jusque-l&#224;, elle s'arr&#234;tait net au bord du cimeti&#232;re en contrebas) jusqu'&#224; la place de Clichy. Pour ce faire, il fallait construire un viaduc permettant de franchir la profonde cuvette du cimeti&#232;re, bref, faire passer un pont au-dessus des tombes. On cria au sacril&#232;ge, &#224; l'aberration, les protestations se multipli&#232;rent mais rien n'y fit, le pont Caulaincourt fut construit. Inaugur&#233; fin 1888, il est aujourd'hui emprunt&#233; tous les jours par des milliers d'automobilistes, ainsi que par d'innombrables pi&#233;tons qui se suivent &#224; la queue-leu-leu sur les &#233;troits trottoirs qui flanquent la chauss&#233;e. C'est un bel ouvrage de g&#233;nie civil, tout en croisillons et pilastres cannel&#233;s de fonte et le temps passant, il s'est bien int&#233;gr&#233; au paysage fun&#233;raire. Il offre un coup d'&#339;il imprenable sur les floraisons et frondaisons de ce magnifique jardin, plant&#233; de 750 arbres, &#233;rables, marronniers, tilleuls et thuyas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin class&#233; dans son ensemble depuis presqu'un an (voir notre num&#233;ro 332)*, le cimeti&#232;re Montmartre est un lieu de promenade et de souvenir qui compte plus de 20 000 concessions. C'est aussi un v&#233;ritable mus&#233;e de la statuaire avec des &#339;uvres de Bartholdi, David d'Angers, Rodin, Rude, etc.. L&#224; encore, les personnalit&#233;s enterr&#233;es sont bien souvent des c&#233;l&#233;brit&#233;s. P&#234;le-m&#234;le : Fran&#231;ois Truffaut, la Dame aux cam&#233;lias (Alphonsine Plessis de son vrai nom), Claire Bret&#233;cher, Hector Berlioz, Sacha Guitry, Heinrich Heine, Jacques Offenbach, Dalida, Alfred de Vigny, Stendhal, Jeanne Moreau, Louis Jouvet...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans oublier une dame plus discr&#232;te qu'il ne faut pas manquer d'aller saluer lors d'un passage : Ir&#232;ne Hillel-Erlanger, l'autrice du merveilleux Voyage en kal&#233;idoscope.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : &#201;ric Durand&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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