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	<title>Le 18e du mois</title>
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	<description>Le 18e du mois est un journal d'information sur le 18e arrondissement de Paris, ind&#233;pendant de toute organisation politique, religieuse ou syndicale. Il est &#233;dit&#233; par l'association des Amis du 18e du mois.</description>
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		<title>Le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; du mois</title>
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		<title>Serge Tsakap, danser le monde</title>
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		<dc:date>2025-10-06T15:29:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Dominique Boutel</dc:creator>



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&lt;p&gt;Personnage affable, rieur et sociable, ce danseur et chor&#233;graphe tisse des liens entre le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement et son pays d'origine, le Cameroun. &lt;br class='autobr' /&gt; Attraper Serge pour un entretien tient de l'exploit ! D'abord, parce qu'il danse avec la compagnie Montalvo-Hervieu et tourne avec elle sans cesse dans le monde entier. Mais aussi parce que le rendez-vous se tient au caf&#233; La Terrasse, rue Marcadet, son QG o&#249;, &#224; peine la porte franchie, il faut attendre que chacune des personnes pr&#233;sentes, du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://18dumois.info/local/cache-vignettes/L150xH118/_n8c0142nb-692b4.jpg?1787830816' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='118' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Personnage affable, rieur et sociable, ce danseur et chor&#233;graphe tisse des liens entre le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement et son pays d'origine, le Cameroun.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Attraper Serge pour un entretien tient de l'exploit ! D'abord, parce qu'il danse avec la compagnie Montalvo-Hervieu et tourne avec elle sans cesse dans le monde entier. Mais aussi parce que le rendez-vous se tient au caf&#233; La Terrasse, rue Marcadet, son QG o&#249;, &#224; peine la porte franchie, il faut attendre que chacune des personnes pr&#233;sentes, du patron aux consommateurs, soit venue lui tenir la jambe pour esp&#233;rer lui parler. &#171; C'est normal, &#224; 17 h 30, c'est l'heure de pointe &#187; s'excuse-t-il dans un grand &#233;clat de rire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Install&#233; dans le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; depuis vingt ans, Serge a commenc&#233; &#224; fr&#233;quenter ce bar apr&#232;s le Covid. &#171; Je regardais par la fen&#234;tre et j'ai vu ce caf&#233; avec plein de monde dehors. Je cherchais tellement &#224; gratter l'amiti&#233; que je suis venu, raconte-t-il sans se faire prier. Il y avait Houssine, un monsieur &#224; qui j'ai demand&#233; si je pouvais manger. Il m'a r&#233;pondu qu'il avait ce qu'il me fallait : un sandwich merguez. Je d&#233;teste la merguez, mais j'ai dit d'accord tellement je cherchais &#224; ce qu'il se passe quelque chose dans ma vie. &#187; Apr&#232;s avoir disparu derri&#232;re son comptoir, Houssine revient et lui tend deux euros pour qu'il aille acheter du pain. &#171; J'ai d'abord pens&#233; que c'&#233;tait une cam&#233;ra cach&#233;e, mais pas du tout, rejoue Serge avec ses talents de conteur. Je suis all&#233; chercher du pain, j'ai mang&#233; le sandwich et au moment o&#249; j'allais partir, il m'a propos&#233; de l'aider &#224; ranger les tables. C'est comme &#231;a que ce caf&#233; s'est transform&#233; en une seconde famille. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les ballets plut&#244;t que l'arm&#233;e&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Serge Dupont Tsakap est en effet le fils prodigue de cette nouvelle famille : quand il ne va pas chercher une voisine &#8211; &#171; tellement seule &#187; &#8211; pour se balader avec elle, une autre, Isabelle, trouve en lui une oreille attentive &#224; ses souvenirs de l'&#233;poque o&#249; elle &#233;tait journaliste et photographe. Rencontr&#233;e &#224; La Terrasse il y a quelques ann&#233;es, elle ne tarit pas d'&#233;loges sur Serge : &#171; C'est devenu un copain. Je suis all&#233;e voir son spectacle de rue il y a deux ans, c'est vraiment un personnage du quartier. &#187; Un quartier qu'il ch&#233;rit, et dont l'histoire de ses habitants le passionne. La preuve, en ce moment, il revit la Seconde Guerre mondiale &#224; travers les souvenirs de son voisin de 90 ans. &#171; Il me convoque tout le temps en m'assurant que je vais rire, raconte-t-il. Mais j'attends toujours car pour l'instant, il ne me raconte que des histoires horribles ! &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s son installation dans le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;, Serge a aussi nou&#233; des contacts avec toute sorte d'associations, de voisins, pour partager son savoir-faire, mais surtout pour cr&#233;er du lien &#224; travers la danse. Il n'est pourtant pas un enfant du quartier et son parcours tient un peu du conte de f&#233;es. N&#233; dans un village pauvre du Cameroun, il commence la danse d&#232;s l'&#226;ge de 4 ans. &#171; D&#233;j&#224;, tout n'&#233;tait pour moi que mouvement, raconte-t-il. Quand j'ai pu tenir t&#234;te et d&#233;cider par moi-m&#234;me, m&#234;me si c'&#233;tait assez difficile, j'ai d&#233;cid&#233; de m'y consacrer pleinement &#187;. Au lieu d'aller &#224; l'&#233;cole, il va donc r&#233;p&#233;ter, et les choses vont s'encha&#238;ner assez vite m&#234;me si son p&#232;re veut qu'il aille &#224; l'arm&#233;e : &#171; Deux femmes, avec qui j'&#233;change d'ailleurs toujours, m'ont permis de m'extraire de mon endroit d'origine o&#249; le poids et le regard des autres &#233;taient lourds. Elles m'ont accueilli dans un centre d'esth&#233;tique qu'elles avaient cr&#233;&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La danse comme langage&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pratiquant un a&#233;robic tr&#232;s rythmique et tr&#232;s chor&#233;graphi&#233; qui a du succ&#232;s, le jeune Serge passe &#224; la t&#233;l&#233;vision, commence &#224; &#234;tre connu et est recrut&#233; dans la compagnie de danse afro-contemporaine Nyanga Dance qui part en tourn&#233;e en Europe. &#171; J'avais grug&#233; sur mon &#226;ge ! &#187;, se rem&#233;more-t-il en riant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, &#224; l'occasion d'un &#233;change, il d&#233;cide de rester &#224; Paris et rejoint les troupes africaines de danse contemporaine de la capitale, dont celle de Georges Momboye et Muriel Adolphe. Puis un jour, il passe une audition avec Montalvo-Hervieu et &#231;a marche. Maintenant, Serge est quasiment le vieux dinosaure de cette c&#233;l&#232;bre compagnie de danse contemporaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sollicit&#233; pour le m&#233;tissage de sa culture, il apporte une vision personnelle &#224; la danse d'aujourd'hui. &#171; Au Cameroun, d&#232;s que je suis sorti du folklore et que je suis entr&#233; dans la cr&#233;ation, dans une autre forme d'expression qui n'a pas sa grille de lecture impos&#233;e, j'ai cr&#233;&#233; ma propre forme de danse, un langage qui peut &#234;tre &#224; la fois tr&#232;s viril et tr&#232;s f&#233;minin &#187;, r&#233;sume-t-il. D'ailleurs, l'une de ses trouvailles, son image de marque, est une magnifique robe jaune avec laquelle il danse parfois. Quand il n'est pas en tourn&#233;e, Serge cr&#233;e, avec entre autres son association culturelle Tiewe art, des spectacles en solo, anime des stages ou des ateliers de danse africaine, traditionnelle ou contemporaine, en se pr&#233;occupant tout particuli&#232;rement de la jeunesse qu'il parvient souvent &#224; mobiliser.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Du 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; &#224; Batoufam&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Serge est le roi de la communication, mais pas seulement au caf&#233; : il poste r&#233;guli&#232;rement des vid&#233;os sur son travail, sa vie, et ces fameux cours, qui confirment la bonne humeur de ces &#171; lundis endiabl&#233;s &#187; dans le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;, o&#249; vient danser qui veut, au rythme des tambours. &#171; Si j'avais 20 ans de moins, j'adorerais y aller &#187;, regrette sa voisine Isabelle. Elle n'est pas la seule, Violaine, elle aussi, appr&#233;cie l'homme et l'artiste : &#171; Il a une joie communicative qui sort de lui, et quand on voit Serge, on est forc&#233;ment joyeuse. Quand je vais assister &#224; ses cours du lundi, m&#234;me qu'une fois tous les trois mois, j'arrive &#224; suivre du d&#233;but jusqu'&#224; la fin gr&#226;ce &#224; son &#233;lan, son envie de transmettre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Attach&#233; au Cameroun, notre danseur retourne r&#233;guli&#232;rement dans le village de Batoufam, o&#249; il a cr&#233;&#233; un lieu de r&#233;sidence artistique, qu'il a nomm&#233; du nom de sa m&#232;re, et o&#249; il organise des stages. &#171; Si vous avez de la chance, vous y croiserez peut-&#234;tre le Roi &#187;, dit-il cette fois-ci sans plaisanter. Un film documentaire de Marianne Visier, Un lundi endiabl&#233;, retrace le parcours de cet homme qui fait le pont entre le Cameroun et le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement de Paris, assumant en riant son identit&#233; polymorphe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Thierry Nectoux&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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