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	<title>Le 18e du mois</title>
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	<description>Le 18e du mois est un journal d'information sur le 18e arrondissement de Paris, ind&#233;pendant de toute organisation politique, religieuse ou syndicale. Il est &#233;dit&#233; par l'association des Amis du 18e du mois.</description>
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		<title>Le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; du mois</title>
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		<title>La joyeuse faune du &#171; Maquis de Montmartre &#187;</title>
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		<dc:date>2025-10-06T15:29:19Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Danielle Fournier</dc:creator>



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&lt;p&gt;Que reste-t-il du Maquis tout en haut de la Butte ? Un tableau de Van Gogh, le nom d'un bar rue Caulaincourt, le Bistrot du Maquis, un (faux) rocher dit &#171; de la sorci&#232;re &#187; dans un passage, des cartes postales, des images et surtout&#8230; des l&#233;gendes urbaines. Il s'est d&#233;velopp&#233; apr&#232;s 1890 et a connu sa plus grande extension au tournant du XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, avant la d&#233;molition qui a d&#233;but&#233; le 15 juillet 1904 et s'est achev&#233;e en 1939. De nos jours, la m&#233;moire du Maquis est encore bien vivace. &lt;br class='autobr' /&gt; Le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://18dumois.info/local/cache-vignettes/L150xH98/le_maquis_nxg-bf6ef.jpg?1787825671' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='98' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Que reste-t-il du Maquis tout en haut de la Butte ? Un tableau de Van Gogh, le nom d'un bar rue Caulaincourt, le Bistrot du Maquis, un (faux) rocher dit &#171; de la sorci&#232;re &#187; dans un passage, des cartes postales, des images et surtout&#8230; des l&#233;gendes urbaines. Il s'est d&#233;velopp&#233; apr&#232;s 1890 et a connu sa plus grande extension au tournant du XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, avant la d&#233;molition qui a d&#233;but&#233; le 15 juillet 1904 et s'est achev&#233;e en 1939. De nos jours, la m&#233;moire du Maquis est encore bien vivace.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le Maquis &#233;tait un espace d&#233;limit&#233; de nos jours par le Moulin de la Galette, la rue Girardon et la rue Caulaincourt, &#224; partir de la place Constantin-Pecqueur jusqu'au &#171; Lapin agile &#187;. Un espace finalement r&#233;duit mais qui a une longue histoire. Depuis l'&#233;poque m&#233;di&#233;vale, la colline de Montmartre est habit&#233;e par des bergers, des paysans, un village se d&#233;veloppe, des chemins de terre se croisent, &#224; l'&#233;cart de l'abbaye situ&#233;e en haut de la Butte. D&#232;s le XIV&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, on exploite le pl&#226;tre, mais c'est au cours du XVIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; que les carri&#232;res s'agrandissent et que les galeries sont creus&#233;es, sur le c&#244;t&#233; sud de la Butte. Et, au d&#233;but du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, l'exploitation du gypse, roche min&#233;rale constituant l'une des mati&#232;res premi&#232;res du pl&#226;tre, devient syst&#233;matique. &#192; l'&#233;poque, on disait : &#171; Il y a plus de Montmartre dans Paris que de Paris dans Montmartre. &#187; Parce que l'essentiel des constructions en pl&#226;tre reposait sur cette fameuse carri&#232;re qui assurait, &#224; elle seule, 75 % des besoins de toute la ville. C'est &#224; cette &#233;poque que Paris se construit et se reconstruit &#224; la suite des d&#233;molitions. Au-del&#224; de son usage dans la capitale, pour la construction, le pl&#226;tre de Montmartre &#233;tait recherch&#233; dans le monde entier, pour ses qualit&#233;s et sa robustesse : les sculpteurs et artistes le faisaient importer pour leurs &#339;uvres. L'exploitation massive des lieux, &#224; cette &#233;poque, a engendr&#233; une v&#233;ritable instabilit&#233; au niveau des sols, si bien que d&#232;s 1813 on ne pouvait plus creuser &#224; moins de dix m&#232;tres des chemins ou constructions, afin d'&#233;viter tout risque d'effondrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, la loi du 16 juin 1859 a annex&#233; la commune de Montmartre &#224; Paris, dont une partie ira &#224; la commune de Saint-Ouen. Rapidement, les investisseurs y voient de riches opportunit&#233;s et la sp&#233;culation immobili&#232;re commence. Chemins de terre et sentiers deviennent des voies de circulation. D'anciennes rues changent de noms, d'autres sont cr&#233;&#233;es. Le &#171; Maquis de Montmartre &#187; se constitue alors dans la zone comprise entre les rues Lepic et Caulaincourt. Viendront s'y installer, entre autres, ceux qui sont chass&#233;s du centre de Paris, remodel&#233; par les grands travaux de Haussmann.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De juin 1886 &#224; f&#233;vrier 1888, Vincent Van Gogh habite chez son fr&#232;re, rue Lepic, et il va se promener du c&#244;t&#233; de la rue Caulaincourt. Il peint alors la Butte, qui n'est pas encore toute couverte de cabanes, et sa v&#233;g&#233;tation. Cette terre cultivable, au sol argileux, a &#233;t&#233; longtemps non constructible et a &#233;t&#233; pr&#233;serv&#233;e de fait. Peu &#224; peu, les sans-logis de la capitale vont trouver refuge dans cet &#238;lot &#233;pargn&#233; par l'urbanisation galopante due &#224; la fi&#232;vre haussmannienne. Vont s'y installer principalement des ferrailleurs et des chiffonniers, comme souvent aux marges de la ville. On y croise aussi des voleurs, venus se cacher (d'o&#249; le surnom de &#171; Maquis &#187;) dans les ruelles du quartier et des petits voyous, que l'on appelait les &#171; Apaches &#187;. Les artistes d&#233;sargent&#233;s, les petits artisans ont suivi.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Ferrailleurs, chiffonniers, Apaches&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On construit alors des baraques de fortune, des cahutes enchev&#234;tr&#233;es : c'est la naissance du Maquis, une sorte de petit village avec ses cabanes en mat&#233;riaux de r&#233;cup venus des chantiers de la capitale et du d&#233;montage des b&#226;timents de l'Exposition universelle de 1889. Ensuite viendront les maisons en bois aux airs de chalets et, plus tard, les maisons en torchis entour&#233;es de jardins. On ne conna&#238;t pas encore le mot bidonville, mais on est ici aux marges sociales et g&#233;ographiques de la ville. Malgr&#233; la pauvret&#233;, l'ins&#233;curit&#233; et le manque d'hygi&#232;ne, tout ce petit monde constituait une communaut&#233; socialement organis&#233;e, solidaire et unie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Habitent dans le Maquis toutes sortes de gens : des chiffonniers, des brocanteurs, des marginaux &#224; la mauvaise r&#233;putation c&#244;toient des marchands ambulants, des artisans, des artistes, des peintres. De fait, on poss&#232;de de nombreux t&#233;moignages sous forme de photographies, peintures, illustrations, celles de Maurice Utrillo, Depaquit, Poulbot, Steinlen, de la famille d'imprimeurs-graveurs Del&#226;tre. Henri Laurens et Francisque Poulbot ont v&#233;cu dans le Maquis et l'ont repr&#233;sent&#233; comme une zone bucolique, m&#234;me si la vie n'y &#233;tait pas facile. &#192; c&#244;t&#233; des cabanes mis&#233;rables construites &#224; la va-vite et des taudis reli&#233;s par des chemins de terre qui menaient aux fontaines s'installent des guinguettes, non loin des moulins dont les ailes tournaient encore au-dessus de la rue Lepic. Meuniers et carriers y vivent aussi, &#224; proximit&#233; de leur lieu de travail. Et de tr&#232;s nombreux artistes y trouvent refuge ou y passent : Auguste Renoir traversait le Maquis plusieurs fois par jour en partant du ch&#226;teau des Brouillards pour se rendre &#224; son atelier en contrebas de la rue Tourlaque. Son fils, Jean Renoir, le cin&#233;aste, raconte qu'avec sa m&#232;re ils allaient les lendemains de pluie ramasser des escargots dans le Maquis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacun d&#233;limitait son espace avec des poteaux, s'am&#233;nageait une petite cour avec des poules ou un jardin de subsistance. C'&#233;tait le r&#232;gne de la d&#233;brouille : les habitants y &#233;chappent aux imp&#244;ts &#8211; on ne payait pas l'octroi &#8211; et sont loin des r&#232;gles d'hygi&#232;ne et de s&#233;curit&#233; qui se mettent en place. Dans cette proximit&#233;, pas &#233;tonnant qu'une intense vie collective se d&#233;veloppe. Autour, s'&#233;l&#232;veront au nord et &#224; l'ouest les immeubles cossus de la rue Caulaincourt.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La perc&#233;e de l'avenue Junot&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La place Constantin-Pecqueur, qui r&#233;unit une partie de la rue Girardon et la rue de la Fontaine-du-But est cr&#233;&#233;e au tournant du si&#232;cle. L'abreuvoir &#8211; qui donne son nom &#224; la rue &#8211; est remblay&#233; et la pente est franchie par des escaliers au sommet desquels prendra place bien plus tard la statue de Dalida, pris&#233;e des touristes. Le 15 juillet 1904, une perc&#233;e est cr&#233;&#233;e au c&#339;ur du Maquis. L'avenue Junot a &#233;t&#233; creus&#233;e juste avant la guerre de 1914 et devait se poursuivre jusqu'au parvis du Sacr&#233;-C&#339;ur. De fait, elle se terminera place Marcel Aym&#233; et modifiera l'aspect nord de la Butte, puisque des maisons ont &#233;t&#233; d&#233;truites, des moulins ferm&#233;s (sauf deux), des rues ont disparu comme l'impasse Girardon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, le Maquis devint la proie des promoteurs et, apr&#232;s la guerre, des villas avec jardins et des immeubles remplacent les taudis. Quelques rares irr&#233;ductibles, dans des cabanes consolid&#233;es, y surv&#233;curent jusqu'aux ann&#233;es 30, mais c'est vraiment la fin du Maquis. Le dernier habitant sera le sculpteur Paco Durrio, d&#233;c&#233;d&#233; en 1940, qui avait c&#233;d&#233; &#224; Picasso son atelier au Bateau-Lavoir. Il sera expuls&#233; de son domicile, impasse Girardon, en 1939. &#171; Tout est maintenant ras&#233;. Les b&#226;tisses en carreaux de pl&#226;tre, les cahutes de planches, les cantines, la Feuill&#233;e, le bal et beuglant pittoresque&#8230; Pr&#232;s de la ferme Debray, la plate-forme o&#249; l'an dernier l'on voyait le troisi&#232;me moulin, le moulin &#224; Poivre, n'est plus que sable et pl&#226;tre &#187;, a &#233;crit Olivier Charpentier.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'h&#233;ritage du Maquis de Montmartre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Est-ce &#224; dire que tout est fini, que les promoteurs et les sp&#233;culateurs ont eu raison de ce dernier bastion populaire ? Certes, les habitants mis&#233;rables et les artistes d&#233;sargent&#233;s, ceux qui ont fait le Maquis ont depuis longtemps disparu, mais une sorte d'esprit du Maquis s'est transmis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet de construction d'un parking souterrain, sous le Maquis de Montmartre, vot&#233; &#224; l'unanimit&#233; en 1987, n'a pas vu le jour, &#224; la suite de la mobilisation des riverains. Quatre ann&#233;es de batailles juridiques ont eu raison du projet. Les riverains ont notamment mis en avant le sous-sol, &#171; un vrai gruy&#232;re &#187; avec les cavit&#233;s des carri&#232;res, qui est fragile et instable et l'aspect patrimonial du lieu, &#171; dernier vestige naturel du Maquis &#187;. Il faut sauver les arbres ! On voit d'ailleurs, dans une video extraite d'un JT d'Antenne 2, Daniel Bangalter, qui fut un des initiateurs de cette lutte, s'exprimer avec v&#233;h&#233;mence et passion pour sauver les &#233;rables, face au directeur technique adjoint de la Soci&#233;t&#233; d'exploitation du stationnement de la Ville de Paris (Saemes).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est d'ailleurs en 1972 que des boulistes se r&#233;unissent sous le nom de Club de p&#233;tanque Lepic-Abbesses et prennent possession d'un terrain municipal laiss&#233; &#224; l'abandon au 17-23 de l'avenue Junot. Sur des photos anciennes, on voit d&#233;j&#224; des groupes d'enfants et d'adultes jouer aux boules alentour, au niveau des rues Simon Dereure et Junot, ou dans les squares. Lorsque les adh&#233;rents du Clap s'installent, seuls quelques arbres subsistent alors du Maquis, mais bient&#244;t une guinguette s'installe et l'esprit montmartrois perdure. Une affiche du &#171; bapt&#234;me des arbres du Maquis de Montmartre &#187; en t&#233;moigne, sign&#233;e par de nombreux artistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne reviendrons pas sur les d&#233;veloppements r&#233;cents de cette histoire mouvement&#233;e dont notre journal a rendu compte pas &#224; pas. A la suite d'une proc&#233;dure d'appel &#224; manifestation d'int&#233;r&#234;t concurrent, le Conseil de Paris a attribu&#233; une convention d'occupation du domaine public &#224; l'H&#244;tel Particulier. Au printemps, le Clap a &#233;t&#233; expuls&#233;, la guinguette d&#233;truite et le &#171; jardin Junot &#187;, prolongement du jardin de l'H&#244;tel Particulier qui a &#233;t&#233; laur&#233;at de l'appel d'offres, a fait une tr&#232;s discr&#232;te ouverture au d&#233;but de l'&#233;t&#233; 2025. Mais on garde en m&#233;moire que le Maquis a &#233;t&#233; class&#233; par d&#233;cret du 27 novembre 1991 parmi les sites &#171; pittoresques et historiques &#187; et, si le lieu n'existe plus &#224; proprement parler, l'histoire est loin d'&#234;tre termin&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Mus&#233;e de Montmartre&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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