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	<title>Le 18e du mois</title>
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	<description>Le 18e du mois est un journal d'information sur le 18e arrondissement de Paris, ind&#233;pendant de toute organisation politique, religieuse ou syndicale. Il est &#233;dit&#233; par l'association des Amis du 18e du mois.</description>
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		<title>Le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; du mois</title>
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		<title>Laurence Gillery, artisane de la lumi&#232;re</title>
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		<dc:creator>B&#233;atrice Dunner</dc:creator>



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&lt;p&gt;Il suffit de sonner, de pousser la porte et l'on est accueilli par le sourire de Laurence Gillery, sortie en tablier de lin blanc de son atelier pour vous r&#233;v&#233;ler les secrets de son royaume. &lt;br class='autobr' /&gt; L'atelier-boutique, perch&#233; tout en haut de la rue des Martyrs, &#224; Montmartre, attire immanquablement le regard : l'enseigne noire et or, la devanture rouge, cadre superbe pour les chatoyantes merveilles des vitrines, sont irr&#233;sistibles. Voil&#224; quarante ans que Laurence Gillery y exerce son art, rare et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il suffit de sonner, de pousser la porte et l'on est accueilli par le sourire de Laurence Gillery, sortie en tablier de lin blanc de son atelier pour vous r&#233;v&#233;ler les secrets de son royaume.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'atelier-boutique, perch&#233; tout en haut de la rue des Martyrs, &#224; Montmartre, attire immanquablement le regard : l'enseigne noire et or, la devanture rouge, cadre superbe pour les chatoyantes merveilles des vitrines, sont irr&#233;sistibles. Voil&#224; quarante ans que Laurence Gillery y exerce son art, rare et pr&#233;cieux &#171; son artisanat &#187;, corrige-t-elle avec une fiert&#233; modestex. Elle restaure les bois dor&#233;s et ressuscite les barom&#232;tres, un savoir-faire qu'elle est d&#233;sormais presque la seule &#224; pratiquer encore en France. Elle est n&#233;e dans le s&#233;rail : son p&#232;re, Philippe Gillery, antiquaire, restaurateur, artisan doreur, d&#233;j&#224; install&#233; &#224; Montmartre, rue d'Orsel, lui a pass&#233; le virus. D&#232;s l'&#226;ge de quinze ans, elle obtient de quitter l'&#233;cole pour apprendre le m&#233;tier avec son p&#232;re, aussi bon formateur que remarquable restaurateur. Elle va acqu&#233;rir les multiples comp&#233;tences n&#233;cessaires au m&#233;tier d'&#171; artisan doreur ornemaniste &#187; qu'elle pratique aujourd'hui rue des Martyrs, et qui contrairement &#224; ce que l'on croit souvent, ne consiste pas &#224; couvrir le bois de feuilles d'or, loin s'en faut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il convient d'abord d'&#233;tudier soigneusement l'objet et ses diverses surfaces et d'effectuer les r&#233;parations de structure &#8211; voire de sculpture &#8211; n&#233;cessaires. Puis de les d&#233;caper, les poncer, avant de les enduire d'&#233;tranges mixtures que l'artisan pr&#233;pare lui-m&#234;me : colle de peau de lapin, blanc de Meudon, craie, argile rouge, enduit ocre jaune...&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;S'effacer derri&#232;re l'objet&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le travail est consid&#233;rable et tr&#232;s minutieux : &#171; il faut pr&#233;voir jusqu'&#224; une douzaine de couches diff&#233;rentes, de multiples pon&#231;ages, et aussi et surtout cette op&#233;ration essentielle, longue et d&#233;licate que l'on appelle la &#171; reparure &#187;, c'est-&#224;-dire le fait de d&#233;gager &#224; l'aide d'un fer courbe chaque d&#233;tail de la ciselure ainsi que les fonds emp&#226;t&#233;s par la &#171; b&#233;chamel &#187; (comme dit Laurence avec humour) d'enduits dont ils sont couverts. C'est une &#233;tape indispensable si l'on veut que la dorure puisse faire chanter et briller la lumi&#232;re. Car c'est alors seulement que va commencer le travail de dorure proprement dit. Les feuilles d'or sont m&#233;ticuleusement appliqu&#233;es, et apr&#232;s s&#233;chage, il faut encore patiner cette dorure pour parachever le travail. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce n'est pas tout. Laurence Gillery sait aussi dessiner et sculpter pour recr&#233;er les &#233;l&#233;ments manquants d'un objet, elle a une connaissance approfondie des styles, notamment des XVII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; et XVIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cles, un regard aiguis&#233; et affin&#233; par des ann&#233;es d'exp&#233;rience. Et par-dessus tout, elle aime profond&#233;ment chacun des objets qui lui passent entre les mains, ceux qu'elle ach&#232;te, restaure, vend ou encore r&#233;pare amoureusement pour la plus grande satisfaction de ses nombreux clients. Mieux que personne elle comprend que ces miroirs, ces statues, ces boiseries, ces cand&#233;labres, ces barom&#232;tres, tout ce patrimoine en bois dor&#233; est l'&#339;uvre d'hommes et de femmes qui ont mis tout leur savoir-faire et leur amour de la beaut&#233; dans chacune des pi&#232;ces qu'ils cr&#233;aient. Et plus important encore, elle est convaincue que le travail de restauration doit &#234;tre discret au point d'en devenir invisible, et combien il importe de respecter le projet initial qui a donn&#233; naissance &#224; l'&#339;uvre : &#171; un objet qui fait &#171; neuf &#187; est un objet maladroitement restaur&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un artisanat qui se perd&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Laurence est, au sens le plus noble du mot, une artisane, elle est l'h&#233;riti&#232;re d'une longue lign&#233;e qui au fil des si&#232;cles a su contribuer &#224; la beaut&#233; des choses &#187;, nous explique Claudine, une de ses clientes, collectionneuse passionn&#233;e, qui fr&#233;quente assid&#251;ment son atelier depuis de nombreuses ann&#233;es. &#171; Qui pourra un jour reprendre un tel flambeau ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, la question se pose avec acuit&#233;. Car depuis quarante ans, Laurence Gillery travaille seule. Elle explique qu'elle a un caract&#232;re ind&#233;pendant et farouche qui a rendu tr&#232;s difficile son passage par un grand atelier, o&#249; elle n'&#233;tait qu'une doreuse parmi d'autres, et o&#249; l'extr&#234;me division du travail cantonnait les employ&#233;s &#8211; les femmes surtout &#8211; &#224; des t&#226;ches subalternes, trop souvent inint&#233;ressantes. Elle n'a donc pas tard&#233; &#224; s'installer &#224; son compte dans son bel atelier, qui abritait pr&#233;c&#233;demment un vitrier-miroitier chez qui d'ailleurs son p&#232;re se fournissait r&#233;guli&#232;rement en vitres pour ses encadrements. Elle y a travaill&#233;, &#233;norm&#233;ment, mais &#224; son rythme, &#224; son air, &#224; son go&#251;t. Et n'a jamais &#233;prouv&#233; le besoin ou l'envie de former &#224; son tour de nouveaux artisans dans un m&#233;tier qui, irr&#233;m&#233;diablement, se perd ou du moins perd tous les jours en rigueur, en qualit&#233;, en comp&#233;tence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tel qu'il existe aujourd'hui, l'atelier Gillery est un des beaux ornements du quartier ; sans compter qu'il t&#233;moigne d'une &#233;poque encore proche o&#249; les rues derri&#232;re la place des Abbesses abondaient en ateliers et vieilles boutiques : marchande d'abat-jours ou de canevas et fils &#224; broder, marchand de couleurs, boucherie chevaline, librairie d'ancien, plombier, fleuriste, ferblantier, retoucheuse, fumiste, antiquaire...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laurence, derri&#232;re ses vitrines dor&#233;es, a suivi l'&#233;volution du quartier, et, sans s'abandonner &#224; de vaines nostalgies, d&#233;plore le manque d'int&#233;r&#234;t des jeunes g&#233;n&#233;rations pour les objets anciens, leur ignorance des p&#233;riodes historiques, leur difficult&#233; &#224; regarder plut&#244;t qu'&#224; photographier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; sont donc les neiges d'antan ? La question reste enti&#232;re.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Dominique Dugay&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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