En attendant Alexandra Ney, cheffe de service de cette initiative de l’Armée du salut, nous assistons au ballet de la vingtaine de bénévoles présents qui s’activent pour tout mettre en place. Tout doit être prêt à 18 h lorsque les portes ouvriront pour accueillir les premier(e)s convives. Sur les plateaux sont disposés à côté des couverts, un morceau de pain, un verre, une banane, des dattes. Jean-Marie puise dans un grand seau de yaourt pour en remplir des gobelets individuels. Garance remplit les assiettes avec le plat du jour, brandade de morue et légumes variés, avant de les garder au chaud. D’autres installent le coin café et Saïda, coordinatrice du vendredi, souriante et attentive, veille au bon déroulement de l’ensemble.
Arrivée à vélo, Alexandra auparavant juriste en droit du logement, titulaire d’un CAP pâtisserie, a travaillé dans la restauration. Elle a intégré l’Armée du salut fin août 2025, quelques mois après l’ouverture du restaurant de l’Association d’action sociale en faveur des personnels de la Ville et du département de Paris (ASPP), en avril 2025, tout d’abord uniquement le midi. « La Soupe de nuit bénéficie maintenant du créneau de 18 h à 19 h 45 depuis fin 2025, précise Alexandra. Nous commençons à préparer à 15 h 30 et terminons par le nettoyage et le rangement. »
Une attention particulière aux femmes
Dès les portes ouvertes ce sont deux cent personnes, majoritairement à la rue ou en logement précaire, orientées par la Croix-Rouge et Emmaüs, qui viennent tous les soirs se restaurer et trouver un moment de convivialité et de solidarité. « De 18 h à 18 h 15, le créneau est exclusivement réservé aux femmes (environ 10 %) qui souhaitent un temps calme et sécurisé », cela fait « suite à une enquête* menée par Action contre la faim qui a montré leur besoin de se retrouver entre elles », indique Alexandra.
Ensuite, de 18 h 15 à 19 h 45, le service est mixte avec beaucoup de jeunes de moins de 25 ans (47 %) mais pas d’enfants car « l’ambiance peut être tendue parfois ». Après avoir quitté le 70 boulevard Barbès, la Soupe de nuit dispose d’une convention avec l’ASPP jusqu’en juin 2026. Elle est financée par la Direction régionale et interdépartementale de l’hébergement et du logement (DRIHL), ainsi que par des fonds propres de la Fondation de l’Armée du salut (FADS).
Depuis trois ans, elle est partenaire de Refugee Food qui lui fournit tous les jours des plats fraîchement cuisinés et en prime, le mercredi, des fruits bio distribués le soir même.
Petit bémol, Alexandra déplore de ne pas pouvoir stocker le matériel dans les locaux du restaurant, ce qui les oblige à tout transporter chez Carton plein (association qui accompagne des personnes en situation d’exclusion vers l’emploi), tout proche.
Plus qu’un repas chaud
En plus d’un repas chaud tous les soirs et d’une permanence assurée par un avocat une fois par mois, la Soupe de nuit offre également, dans ses murs ou hors les murs, des soirées jeux tous les quinze jours avec Olivier, bibliothécaire dans le 18e, des places pour le match PSG/Real Madrid, des visites au Pavillon Beaudoin, espace culturel dans le 20e ou encore au Bar commun pendant les vacances, avec Winston Barber « venu couper les cheveux des hommes ».
Des moments de détente, de rencontre et de culture nécessaires et appréciés par des personnes bousculées par la vie.

Le vinyle à nouveau dans les bacs
Le MILA, une pépinière de jeunes talents
La carte interactive des disquaires du 18e
La playlist des disquaires
Unis contre le racisme et le fascisme
Ricardo Suanes, en première ligne pour préserver notre patrimoine
la famille et les femmes au centre d’un projet social
Escrime : ParisNord en sursis
Chronique d’une maison du peuple
Erik Truffaz, un jazzman au pied de la Butte
