Le 18e a placé largement en tête sur les deux scrutins les listes d’Union de la gauche et des écologistes. Mais les électeurs n’ont pas forcément voté pour la même formation politique aux niveaux de l’arrondissement et de la Ville. La situation est particulièrement contrastée à gauche.
Dans le 18e, la liste Union de la gauche et des écologistes conduite par Emmanuel Grégoire à l’échelle de la Ville a dépassé les 60 % lors du second tour des élections municipales qui s’est tenu le 22 mars. Celle menée par Eric Lejoindre pour le Conseil d’arrondissement n’atteint pas les 44 %, soit un écart de 16 %. Au premier tour, cet écart dépassait déjà 10 %. Pourquoi un tel différentiel ?
Pour le comprendre, au moins en partie, il faut regarder du côté de LFI. La liste pour le conseil de Paris réalise un modeste 11,8 % dans notre arrondissement alors que celle pour le conseil d’arrondissement frôle les 25 %. L’une des raisons tient assurément à l’élargissement de la liste locale de Danièle Obono à la liste « citoyenne » conduite par Ayodélé Ikuesan (lire encadré), alors que la même opération n’a pas eu lieu avec celle portée par Catherine Teinturier 18e vivant et solidaire). Celle-ci avait pourtant franchi la barre des 5 % au premier tour et pouvait y prétendre. Une position qui interroge alors que sa liste était soutenue par le député du 18e apparenté à LFI, Aymeric Caron. En dépit de ce désengagement, Danièle Obono réalise un bon score et a même pris la tête du scrutin local dans 7 bureaux sur les 68 que compte l’arrondissement. Une percée qu’aucune autre liste LFI n’a obtenu dans les autres arrondissements parisiens.
Un vote “utile” à l’échelle de la Ville
L’autre raison expliquant cet écart important tient sans doute à la volonté d’une partie de l’électorat LFI d’éviter à tout prix l’élection de Rachida Dati à la Mairie de Paris. Exemple dans le bureau n° 13, situé dans l’enceinte du collège Utrillo, porte de Clignancourt : d’un dimanche à l’autre, 48 électeurs supplémentaires se sont déplacés. Le vote pour Grégoire est passé de 194 voix le 15 mars à 288 le 22 mars (+ 94 voix) ; celui pour Sophia Chikirou (LFI) a gagné seulement neuf voix. Dans ce bureau, Rachida Dati réalise une contre-performance : d’un tour à l’autre, elle passe de 76 à 149 voix (+73 voix) alors qu’elle aurait théoriquement dû bénéficier des 61 voix des électeurs de Pierre-Yves Bournazel dont la liste avait fusionné au second tour (sans la tête de liste, qui a jeté l’éponge) et des 34 voix de Sarah Knafo qui s’était retirée en faveur de l’ancienne ministre de la Culture, soit un cumul potentiel de 95 voix. La mayonnaise Dati n’a pas pris dans le 18e, comme dans tout l’est parisien.
Sur l’ensemble de l’arrondissement, la droite réalise un plongeon impressionnant : en 2020, les deux candidats de centre droit (Pierre-Yves Bournazel) et de droite (Rudolph Granier) avaient réalisé un score cumulé de 38 % alors que Rachida Dati a à peine dépassé 27 % cette année. Au niveau du conseil d’arrondissement, la liste Dati emmenée par Thierry Guerrier (22,4 %) est même dépassée par celle conduite par la députée Obono. A noter que d’un tour à l’autre, la liste centriste conduite par Samir Belaïd a même chuté, passant de 12,7 % à 9 %. On peut penser qu’une partie de l’électorat de Bournazel, à la suite de son retrait pour le conseil de Paris dans l’entre-deux-tours, n’ont pas jugé bon de se déplacer ou ont voté Grégoire.
Le 18e a placé largement en tête sur les deux scrutins les listes d’Union de la gauche et des écologistes. Mais les électeurs n’ont pas forcément voté pour la même formation politique aux niveaux de l’arrondissement et de la Ville. La situation est particulièrement contrastée à gauche.
Dans le 18e, la liste Union de la gauche et des écologistes conduite par Emmanuel Grégoire à l’échelle de la Ville a dépassé les 60 % lors du second tour des élections municipales qui s’est tenu le 22 mars. Celle menée par Eric Lejoindre pour le Conseil d’arrondissement n’atteint pas les 44 %, soit un écart de 16 %. Au premier tour, cet écart dépassait déjà 10 %. Pourquoi un tel différentiel ?
Pour le comprendre, au moins en partie, il faut regarder du côté de LFI. La liste pour le conseil de Paris réalise un modeste 11,8 % dans notre arrondissement alors que celle pour le conseil d’arrondissement frôle les 25 %. L’une des raisons tient assurément à l’élargissement de la liste locale de Danièle Obono à la liste « citoyenne » conduite par Ayodélé Ikuesan (lire encadré), alors que la même opération n’a pas eu lieu avec celle portée par Catherine Teinturier 18e vivant et solidaire). Celle-ci avait pourtant franchi la barre des 5 % au premier tour et pouvait y prétendre. Une position qui interroge alors que sa liste était soutenue par le député du 18e apparenté à LFI, Aymeric Caron. En dépit de ce désengagement, Danièle Obono réalise un bon score et a même pris la tête du scrutin local dans 7 bureaux sur les 68 que compte l’arrondissement. Une percée qu’aucune autre liste LFI n’a obtenu dans les autres arrondissements parisiens.
Un vote “utile” à l’échelle de la Ville
L’autre raison expliquant cet écart important tient sans doute à la volonté d’une partie de l’électorat LFI d’éviter à tout prix l’élection de Rachida Dati à la Mairie de Paris. Exemple dans le bureau n° 13, situé dans l’enceinte du collège Utrillo, porte de Clignancourt : d’un dimanche à l’autre, 48 électeurs supplémentaires se sont déplacés. Le vote pour Grégoire est passé de 194 voix le 15 mars à 288 le 22 mars (+ 94 voix) ; celui pour Sophia Chikirou (LFI) a gagné seulement neuf voix. Dans ce bureau, Rachida Dati réalise une contre-performance : d’un tour à l’autre, elle passe de 76 à 149 voix (+73 voix) alors qu’elle aurait théoriquement dû bénéficier des 61 voix des électeurs de Pierre-Yves Bournazel dont la liste avait fusionné au second tour (sans la tête de liste, qui a jeté l’éponge) et des 34 voix de Sarah Knafo qui s’était retirée en faveur de l’ancienne ministre de la Culture, soit un cumul potentiel de 95 voix. La mayonnaise Dati n’a pas pris dans le 18e, comme dans tout l’est parisien.
Sur l’ensemble de l’arrondissement, la droite réalise un plongeon impressionnant : en 2020, les deux candidats de centre droit (Pierre-Yves Bournazel) et de droite (Rudolph Granier) avaient réalisé un score cumulé de 38 % alors que Rachida Dati a à peine dépassé 27 % cette année. Au niveau du conseil d’arrondissement, la liste Dati emmenée par Thierry Guerrier (22,4 %) est même dépassée par celle conduite par la députée Obono. A noter que d’un tour à l’autre, la liste centriste conduite par Samir Belaïd a même chuté, passant de 12,7 % à 9 %. On peut penser qu’une partie de l’électorat de Bournazel, à la suite de son retrait pour le conseil de Paris dans l’entre-deux-tours, n’ont pas jugé bon de se déplacer ou ont voté Grégoire.
Douze sièges pour l’opposition
La réforme du mode de scrutin (avec une prime pour la liste en tête ramenée de 50 à 25 %), le relatif faible score de la liste conduite par Eric Lejoindre (perdant 18 points entre 2020 et 2026) lié à l’arrivée d’un groupe important à la gauche du bloc majoritaire conduisent à un rééquilibrage au sein du conseil d’arrondissement. Quatre groupes y siégeront (tableau) : « Le 18e est à vous » d’Eric Lejoindre avec 32 sièges, « Le Nouveau Paris populaire et citoyen » de Danièle Obono et « Changer Paris 18 » de Thierry Guerrier, avec chacun 5 sièges, et le « Paris 18 apaisé » de Samir Belaïd avec 2 sièges. Tout cela promet des débats très animés au conseil d’arrondissement.
La réforme du mode de scrutin (avec une prime pour la liste en tête ramenée de 50 à 25 %), le relatif faible score de la liste conduite par Eric Lejoindre (perdant 18 points entre 2020 et 2026) lié à l’arrivée d’un groupe important à la gauche du bloc majoritaire conduisent à un rééquilibrage au sein du conseil d’arrondissement. Quatre groupes y siégeront (tableau) : « Le 18e est à vous » d’Eric Lejoindre avec 32 sièges, « Le Nouveau Paris populaire et citoyen » de Danièle Obono et « Changer Paris 18 » de Thierry Guerrier, avec chacun 5 sièges, et le « Paris 18 apaisé » de Samir Belaïd avec 2 sièges. Tout cela promet des débats très animés au conseil d’arrondissement.

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