Tous les samedis matin, une soixantaine d’enfants affluent à l’Adidas Arena. Certains arborent un maillot aux couleurs du Paris basket-ball, un ballon orange calé sous le bras, d’autres ont encore les cheveux ébouriffés et les yeux endormis. Ces basketteurs en herbe, filles et garçons, âgés de 6 à 11 ans, fréquentent depuis septembre, l’école de mini-basket du Paris basket-ball qui a ouvert ses portes dans le gymnase Alice Coachman, situé sur le flanc est du mastodonte de la Porte de la Chapelle.
Une notoriété qui attire
Les profils des enfants sont très hétérogènes, précise d’emblée le coach Julien Guibert : « Beaucoup habitent le quartier et découvrent le basket, mais d’autres viennent de Seine-Saint-Denis, de l’Essonne et même de l’Oise. Ils sont déjà basketteurs et souhaitent se perfectionner. » Le défi que s’est lancé l’éducateur est de combiner des séances assez poussées techniquement, surtout pour les plus âgés, mais également adaptées aux débutants, tout en restant ludiques. Un équilibre délicat que l’entraîneur assure en travaillant les fondamentaux (dribble, aisance avec la balle, tir, qualité des passes…) et par le jeu, tout en transmettant certaines valeurs, à l’aide de rituels. « Arriver en avance, s’échauffer en autonomie, être toujours à 100%, aller serrer les mains avant et après les séances et checker rapidement ses coéquipiers », liste-t-il.
Parents et voisins enthousiastes
Cette année, pas de compétition mais des rencontres avec d’autres clubs seront organisés trois ou quatre fois dans l’année. Sur le banc de touche, plusieurs parents racontent avoir découvert l’école en suivant l’équipe du Paris basket-ball, champion de France l’année dernière, après une épopée remarquée en Euroligue. Mathieu Gomes est de ceux-là. Fan de basket depuis l’enfance, il a longtemps supporté les équipes NBA, mais depuis plusieurs mois, ils squattent les gradins de l’Adidas Arena. « Quand ils sont arrivés dans le quartier, le club a été très ouvert, en organisant des événements et en proposant des billets à prix réduits », se souvient-il. En deux ans, ils ont tout raflé et l’engouement a pris.
Cette ouverture est revendiquée par le club, qui assume une proximité avec les habitants et les associations du 18e. Alors qu’habituellement, ce sont les équipes américaines qui ont la cote, l’attention est aujourd’hui tournée vers le nord de Paris. « C’est un vent de fraîcheur incroyable, sur Paris et sur le basket français, apprécie Julien Guibert. Beaucoup de jeunes arrivent avec le maillot du club, de Nadir Hifi ou de TJ Shorts. On prend souvent quelques minutes pour discuter des résultats de l’équipe. »
La section féminine à l’honneur
Après le beau succès de l’équipe masculine, le club compte mettre à l’honneur la sélection féminine. Quatre entraîneuses accompagnent Julien Guibert, pour encadrer les deux équipes. « Nous cherchons aussi à recruter davantage de filles », insiste-t-il. Des interventions des joueuses devraient rythmer l’année des apprentis basketteurs.
D’ici quelques années, le club pourrait ouvrir d’autres catégories, prédit l’entraîneur. « Pourquoi pas pour les collégiennes et lycéennes » pour développer au fur et à mesure des années cette section féminine

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