Journal d’informations locales

Le 18e du mois

novembre 2025 / ça bouge

Le fleuron français de l’IA choisit le 18E

par Maxime Renaudet

L’entreprise française Mistral AI, qui rivalise avec les géants américains, va s’installer rue des Poissonniers. Avant son déménagement, on a échangé avec son robot conversationnel.

Nous en parlions le mois dernier, l’immense immeuble Belvédère Marcadet a ouvert ses portes en juin. Et en plus d’héberger la mosaïque monumentale de Maurice Calka et Katarzyna Lavocat (voir n° 341), il accueillera début 2026 le siège de Mistral AI, fleuron français de l’intelligence artificielle. La start-up fondée en 2023, valorisée aujourd’hui à 14 milliards d’euros, devrait occuper 20 000 m2 sur les 32 000 m2 de bureaux présents aux 92-104 rue des Poissonniers. Cofondée par Arthur Mensch, Guillaume Lample et Timothée Lacroix, elle est spécialisée dans l’intelligence artificielle (IA) générative, un type de système d’IA capable de générer du texte, des images, des vidéos ou d’autres médias, en réponse à des requêtes faites par les utilisateurs.

Un partenariat avec l’AFP

Très soutenu par les pouvoirs publics, qui ont fait de l’IA un enjeu majeur depuis sa popularisation récente, Mistral AI s’est surtout fait connaître le 26 février 2024. Ce jour-là, la start-up française dévoile « Le Chat », un robot conversationnel qui n’a rien à envier à celui de l’Américain Open AI : ChatGPT.

Au départ, cet outil n’était accessible qu’aux entreprises, dans le but de « révolutionner leur communication et leur efficacité opérationnelle ». Mais depuis janvier 2025, il est accessible au grand public, sur ordinateur ou sur mobile, via différents abonnements. Le même mois, la start-up officialise un accord avec l’Agence France Presse. Il l’autorise à utiliser toutes les dépêches de l’AFP publiées depuis 1983 – soit 38 millions de dépêches à la signature du contrat – mais uniquement pour répondre aux requêtes des utilisateurs, et non pas pour entraîner « Le Chat ».

Avec son déménagement début 2026 dans le 18e, « Le Chat » nous indique – en se basant sur des articles de presse sourcés – que Mistral AI « souhaite renforcer son ancrage parisien et accueillir jusqu’à un millier de collaborateurs dans ses nouveaux locaux de la rue des Poissonniers ». Un fait notable pour notre arrondissement, surtout à l’heure où l’utilisation de l’IA suscite de nombreux débats, notamment en ce qui concerne la transparence, la souveraineté numérique, l’écologie et la démocratie. Autant de valeurs défendues par Mistral AI, qui a signé des partenariats avec l’armateur CMA CGM, la SNCF, Veolia, ou Total Energies.

Une IA plus éthique ?

Interrogé sur la cohérence entre les valeurs affichées par l’entreprise et les partenariats industriels qu’elle noue, « Le Chat » nous a répondu que « L’entreprise justifie ces collaborations par la nécessité de transformer de l’intérieur des secteurs polluants ou peu transparents, en leur proposant des outils pour réduire leur impact environnemental et améliorer leur gouvernance. Par exemple, avec TotalEnergies, Mistral AI met en avant la volonté de baisser l’empreinte environnementale et d’améliorer l’expérience client, tout en développant des solutions d’IA respectueuses des normes européennes. »

Dans le même numéro (novembre 2025)

  • Au sommaire

    Faut que ça bouge !

    Que ce soient les riverains de la porte de Clignancourt qui ont réinvesti l’espace public en repeignant les potelets de la rue Letort, les bambins de l’école de mini-basket qui foulent le parquet de l’Arena de la porte de La Chapelle, les seniors de l’Ehpad des Jardins de Montmartre qui côtoient les salariés d'une start-up ou les membres de Mistral AI, fleuron de l’intelligence artificielle qui s’installera rue des Poissonniers en janvier, ils en ont dans le ventre, les bras, la tête et les jambes ! Collectif, sportif, intergénérationnel et attractif, le 18e reste en parallèle toujours aussi engagé. En témoigne le coffee shop Résilience et l'antenne locale d’Urgence Palestine qui poursuit ses différentes actions dans notre arrondissement. Enfin, en cette période automnale, les équipements culturels de notre territoire sont plus que jamais en mouvement eux aussi. La preuve, avec nos cinq pages qui font la part belle aux pièces, expos et festivals des semaines à venir.
  • ça bouge

    « Les Nanas » envahissent la rue Letort

    Noël Bouttier
    Fin septembre, une centaine de plots du bas de la rue Letort ont été habillés de façon artistique par des habitants et des enfants. À la manœuvre, une jeune association : Coclico18.
  • ça bouge

    Du basket pour les jeunes pousses

    Violaine Colmet Daâge
    Depuis septembre, une école de mini-basket a ouvert ses portes à l’Adidas Arena. Elle rassemble quelques jeunes fans du Paris basket-ball et souhaite mettre les féminines à l’honneur.
  • La vie du 18e

    Une start-up installée CHEZ NOS aînés

    Camille Goff
    Quand un Ehpad du 18e accueille une entreprise extérieure, une nouvelle dynamique se met en marche.
  • Grandes Carrières

    Résilience : c’est fort de café

    Léa Sourribes
    Six mois après son ouverture, le coffee shop Résilience remplit sa mission initiale : proposer aux clients une bonne dose de plaisir sucré, caféiné et… militant.
  • Culture

    dire la parole et la souffrance des paysans

    Cornélie Paul
    La vie infernale des agriculteurs mène parfois au suicide. Une réalité trop souvent oubliée.
  • Les Gens

    Marie-Line Tassius, militante de l’art

    Patrick Mallet
    Fondatrice et animatrice de la galerie Canopy dans le quartier de La Chapelle, Marie-Line Tassius ne conçoit pas un art qui ne s’inscrit pas par des actions dans la réalité sociale.

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N° 348 - mai 2026