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avril 2016 / La vie du 18e

Claude Estier n’est plus

par Michel Cyprien

Le journaliste et ancien sénateur s’est éteint le 10 mars à l’âge de 90 ans.


Né dans le 17e, Claude Estier a cependant toujours vécu dans le 18e, arrondissement auquel il était profondément attaché. Il était diplômé de Sciences Po. À 17 ans, il rejoint les résistants de la région lyonnaise. À la Libération, il adhère à la SFIO, au sein de la tendance la plus à gauche, d’où il sera exclu pour avoir dénoncé la répression, par le ministre socialiste Jules Moch, des grandes grèves des mi­neurs en 1948.

Du journalisme à la politique

Il délaisse alors le militantisme pour le journalisme où on retrouvera sa plume dans Le Populaire, Le Monde, Le Nouvel observateur et Libération (un journal issu de la Résistance et non le quotidien lancé en 1973). Il dirigera l’hebdomadaire du PS, L’Unité, pendant près de
15 ans. Il a ferraillé con­tre les guerres d’Indochine et d’Al­gérie, partisan d’une Algérie indépendante. Il a toujours eu une haute idée de son métier de journaliste ; la rigueur et l’éthique ont été ses chevaux de bataille. Il en a écrit un livre, Les journalistes engagés, paru en 2011.
C’est presque par accident qu’il est devenu homme politique, en 1964. Libération disparaissant, il se retrouve au chômage. Il rejoint François Mit­terrand et l’accompagne dans sa longue marche vers le pouvoir. Il sera de toutes les batailles, de toutes les campagnes. C’est lui qui a notamment suivi de très près les relations compliquées des socialistes avec le PCF. Il fut la cheville ouvrière de la stratégie d’Union de la gauche, parce qu’il aimait débattre, convaincre et qu’il possédait un sens inné du rassemblement. C’est lui aussi qui a été chargé par le président des missions difficiles à l’étranger, notamment à Cuba... (Lire la suite dans le numéro d’avril 2016)


Photo : © Christian Adnin

Dans le même numéro (avril 2016)

n° 284

juillet-août 2020