C’est le credo de l’Association pour l’accueil de tous les enfants (APATE), créée en 1990 : accueillir des bambins porteurs de handicap de tout type parmi les autres, pour partager le même lieu de vie. Un premier établissement ouvre alors à l’époque, pour montrer aux tutelles que c’est possible. « C’était de l’inclusion avant l’heure, sourit Carole Lagrue, responsable pédagogique des six crèches et jardins d’enfants de l’APATE. Mais aujourd’hui encore, elle est loin de se faire partout. »
Située au 5 rue Pajol, la crèche Baloo a intégré le réseau APATE en 2015. Sur les vingt-huit enfants accueillis dès deux mois et demi, une place sur trois est réservée aux enfants en situation de handicap ou atteints d’une maladie chronique. « Ces enfants sont avant tout des enfants. On accueille un enfant, pas un handicap », insiste Stella Delahoche, la directrice depuis bientôt deux ans. Avec ou sans handicap, ils partagent ensemble leurs premiers jeux, leurs premiers pas, leurs premiers mots. L’équipe éducative – neuf professionnelles formées – adapte les activités, l’encadrement et les soins aux besoins de chacun. Il s’agit avant tout d’offrir une vie sociale riche. Par exemple, savourer, à l’heure du goûter, le gâteau au yaourt préparé par les « grands » lors de l’atelier cuisine. Autour des petites tables ou dans les transats, les plus petits ne sont pas seuls à déguster le gâteau, les adultes aussi. « Les repas sont des moments de partage, alors les professionnelles mangent avec eux à chaque fois », précise Stella Delahoche.
D’ailleurs, cuisiner et manger de bonnes choses fait partie intégrante de son projet pédagogique. Elle a récemment fait l’acquisition d’une machine à pain et chaque lundi, les enfants vont fabriquer toutes sortes de pain, car « cela rassemble. Nous proposons également le plus possible des produits frais, naturels et bio ». Cela lui semble d’autant plus important que plusieurs familles habitent dans des centres d’hébergement où il est impossible de cuisiner, les enfants y consomment donc surtout des produits industriels.
Crèche buissonnière
Baloo souhaite favoriser la mixité sociale et culturelle, rechercher la diversité, accueillir des familles à hauts revenus comme des familles en situation très précaire. L’un des gros soucis rencontrés par la crèche Baloo demeure celui des locaux, installés dans deux appartements, l’un au rez-de-chaussée, l’autre au premier étage d’un immeuble d’habitations.
Si ces appartements sont, bien sûr, aménagés pour accueillir des jeunes enfants et répondent aux normes en vigueur, la crèche ne dispose d’aucun espace extérieur pour courir, sauter ou enfourcher une draisienne. Il y a bien un espace vert qui s’étend devant les fenêtres, mais le règlement de l’immeuble n’en autorise pas l’accès.
Aussi, Stella développe des projets hors les murs qui permettent d’avoir un contact direct avec la nature ou de s’inscrire pleinement dans le quartier. Régulièrement, un groupe d’enfants se rend au Bois Dormoy, le jardin partagé situé à quelques minutes de marche de la crèche, au marché de l’Olive pour y faire des courses, à la Maison des tout-petits du Cent-quatre, à la bibliothèque Vaclav Havel ou à la ludothèque Planète Jeux. Ainsi, l’un des plus beaux souvenirs évoqués par Stella Delahoche concerne la fête de fin d’année avec les parents, en juin dernier, qui s’est déroulée au Bois Dormoy. « D’habitude la fête a lieu à la crèche, où on peut à peine bouger tant nous sommes nombreux, explique-t-elle. J’ai vu dans les yeux des parents combien ils étaient heureux de partager avec leurs enfants ce moment festif, même s’il se passe tant de moments chouettes avec les enfants à la crèche ! »
Les inscriptions à Baloo s’effectuent toute l’année. Parlez-en autour de vous !

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