Pour certains parents, la crèche parentale s’est imposée comme la meilleure solution. C’est le cas de Fabien et de sa compagne qui ont vécu une première expérience mitigée avec une nounou, et dont le dossier d’inscription en crèche était en attente. Le couple a été séduit par « l’attention particulière portée à ce que l’enfant a vraiment envie de faire, le cadre, les activités communes et le partage d’un projet éducatif entre salariées et parents ». Leur enfant d’un an et demi a ainsi rejoint à huit mois la crèche associative Les Enfances, située dans le quartier de La Chapelle.
Ici, on ne se contente pas de déposer son enfant le matin, quelquefois à la va-vite, et de revenir le chercher le soir. Les parents des seize enfants que peut accueillir la structure participent à leur encadrement lors d’une demi-journée de permanence hebdomadaire et complète l’équipe de professionnelles (qui compte en moyenne douze ans d’ancienneté). Parmi elles, des éducatrices de jeunes enfants, des auxiliaires de puériculture ou des cuisinières qui adhèrent complètement au projet de la crèche pour offrir un accompagnement personnalisé au sein d’une crèche à taille humaine.
Des parents impliqués
Créée en 1990 à l’initiative d’un groupe de parents « qui souhaitaient offrir à leurs enfants un lieu d’accueil riche et innovant, où chaque famille pourrait œuvrer », la crèche reçoit les enfants de six mois à trois ans. Elle est financée à 90 % par la CAF et la Mairie, le reste étant assuré par les familles qui payent le même tarif – suivant leur quotient familial – que dans une crèche municipale.
Associative, cette structure propose également aux parents de participer bénévolement aux commissions qui permettent de faire fonctionner la crèche. Ils peuvent ainsi intégrer le bureau de l’association, élaborer les menus, assurer l’approvisionnement de la cuisine, ou participer au recrutement des nouvelles familles.
Pour faciliter l’accueil des bénéficiaires de minimas sociaux, qui sont dispensés de l’obligation de faire partie d’une commission, au moins une place leur est réservée. La crèche revendique également « la diversité socioculturelle du quartier, en favorisant l’intégration des familles d’origines diverses et en les encourageant à partager leur culture à travers les activités proposées », explique Fabien.
Éveil musical, lecture et langue des signes
Si aux Enfances on emmène les bambins se promener à la bibliothèque Maurice Genevoix, à la ludothèque, dans les squares du quartier, à la ferme des jardins d’Éole ou à la Maison des petits, avant un atelier d’éveil musical, une lecture de conte ou un atelier de psychomotricité, la communication en langue des signes fait également partie prenante du projet pédagogique. Initiée par Elisabeth, une des professionnelles qui est sourde, elle permet aux jeunes enfants qui ne maîtrisent pas encore le langage oral de communiquer plus tôt et d’apaiser la frustration de ne pas être compris. « Tout le personnel a été formé et tous les jours, entre 10 h 30 et 11 h, on ne parle pas, précise Fabien, également président de l’association gérant la crèche du 33 rue Boucry. Cela permet d’apprendre des signes pour s’exprimer sans bruit. »
Alors, séduit par la crèche parentale ? Ça tombe bien, le 18e en compte deux autres plus anciennes : Acidulés et à croquer, rue Championnet et La Chouine, square Ornano.

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