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octobre 2013 / Théâtre

Au Lavoir Moderne Parisien

par Nadia Djabali

J’ai trop trimé, travail de femmes, paroles de femmes,
mise en scène Stella Serfaty
les 12, 13 et 14 octobre et les 30 novembre et 1er et 2 décembre. Samedi et lundi à 20 h 30, dimanche à16 h. Scolaires le lundi à 14 h 30. 35 Rue Léon, 01 42 52 09 14.

«  Ma mère travaillait tout le temps. Il n’y avait pas de repos. Qu’elle soit enceinte ou qu’elle vienne d’accoucher, elle ne s’arrêtait jamais. Comme elle travaillait avec les gens aux moissons, tous les jours baissée avec le ventre comme ça, même les gens ne savaient pas qu’elle était enceinte… ». La comédienne qui ouvre la pièce incarne Amina, une fille de paysanne qui va apprendre la couture mais qui n’est pas allée à l’école parce que ses voisines ont dit à sa mère « qu’à l’école, il y a des garçons et des filles mélangés, c’est pas bien  ».
Entre octobre 2004 et novembre 2005, la sociologue Nadine Jasmin a recueilli les témoignages de vingt-deux femmes, habitantes du 20e arrondissement. « Se sont croisées les paroles de femmes de tous âges, toutes origines, tous parcours professionnels, toutes situations face à l’emploi  », déclare la sociologue. Salariées ou au chômage, travailleuses indépendantes, rmistes et chefs d’entreprise.
La pièce de théâtre « J’ai trop trimé » est constituée de cinq de ces témoignages, cinq itinéraires professionnels plus ou moins chaotiques, cinq monologues portés par deux comédiennes. Amina donc mais aussi Marine, Pakita, Françoise et Marie-José.
La scène du Lavoir Moderne Parisien invite à la sobriété. Le décor dépouillé est constitué d’un carré dans lequel on entre ou on sort. Une représentation de l’espace social ou de la maison, lieu propice à la confidence. Pour signifier une condition sociale différente, la comédienne change de chaussure, cela suffit. Ici, pas d’artifices. Cela permet au spectateur de se concentrer sur le texte et la force de ces cinq témoignages.

Dans le même numéro (octobre 2013)

n° 285

septembre 2020