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février 2020 / La vie du 18e

Achetez en vrac, les dauphins vous diront merci !

par Florianne Finet

Gobelets en lot, assiettes jetables, cotons-tiges, bouteilles d’eau dans les cantines scolaires... Tous ces produits du quotidien qui contiennent du plastique sont interdits depuis le 1er janvier.

Et dès l’an prochain, ce sera au tour des touillettes, des pailles, des boîtes à kebab et même des gobelets à usage unique vendus remplis (dans une buvette par exemple). Des mesures contraignantes pour les industriels et les commerçants mais indispensables pour espérer lutter efficacement contre le fléau de la pollution au plastique.

Les ravages du plastique

Si nos dirigeants politiques se sont engagés il y a quelques années dans une politique volontariste pour limiter la production d’objets en plastique, ils ne se sont pas risqués à imposer des normes strictes au puissant lobby de l’agroalimentaire, plus soucieux de profit que d’écologie. Pourtant, les effets ravageurs des particules de plastique et des autres types d’emballages comme l’aluminium sont désormais bien connus, notamment sur la faune marine, par exemple les dauphins ou les tortues. Résultat, on trouve toujours autant, voire plus, de produits multi-emballés jusqu’à l’absurde dans les rayons de nos supermarchés.

En attendant que la sortie du tout jetable vienne d’en haut, ce sont les citoyens qui mettent en place la transition écologique en votant avec leur caddie. Dans le 18e arrondissement, plusieurs boutiques spécialisées dans les produits alimentaires (ou non) en vrac se sont créées récemment pour répondre à cette demande grandissante, comme l’épicerie B-Vrac ou le magasin en ligne Luco. Les trois coopératives de notre arrondissement, La Louve, pour la plus connue, et dans une moindre mesure Coopaparis et L’Indépendante, proposent depuis longtemps du vrac, en cohérence avec leur engagement écologique et pour une alimentation de qualité accessible à tous. L’absence d’emballage permet en effet souvent de faire baisser le prix des produits bio.

Bien que ce type de consommation reste une niche, un changement d’ampleur semble s’opérer, avec les enseignes traditionnelles qui rejoignent progressivement les supermarchés bio, souvent pionniers en la matière.

A la Maison du zéro déchet, la fréquentation est en hausse continuelle depuis sa création par l’ONG Zero Waste France, l’été 2017. La boutique a ainsi accueilli près de 71 000 personnes l’an dernier, venues parfois de l’autre bout de Paris et de banlieue. Parallèlement, 3 000 personnes ont assisté à l’un des multiples ateliers, le plus souvent gratuits, organisés par l’association, sur la manière de réduire en amont ses déchets : en fabriquant son savon ou sa lessive, en cousant un sac réutilisable, ou en se lançant dans le compostage. Des conférences sont aussi organisées par l’équipe de bénévoles, notamment sur les bienfaits de la démarche pour la confiance en soi ou sur la manière de faire ses courses en éliminant au maximum les emballages. Un large succès donc pour ce lieu innovant, même s’il peine encore à attirer les hommes et des habitants des quartiers populaires comme la Goutte d’Or, toute proche.

La vente de produits sans emballage – alimentaires ou ménagers – a le vent en poupe, tant dans les boutiques bio que dans les supermarchés traditionnels, même si l’empire du plastique a encore de beaux jours devant lui ! Plusieurs magasins spécialisés dans la démarche zéro déchet ont ainsi fait
leur apparition dans nos quartiers depuis quelques années.

PS : Brigitte Postec

Dans le même numéro (février 2020)

  • Le dossier du mois

    Municipales, paroles de campagne [Article complet]

    Danielle Fournier, Sophie Roux, Thierry Nectoux
    Le 18e du mois a élaboré un dispositif spécifique pour vous présenter les candidats qui briguent la mairie d’arrondissement. Il sera complété par un second volet dans notre édition de mars. Le 18e du mois a choisi de poser deux questions à chacun des candidats têtes de liste aux municipales de mars prochain dans le 18e, en leur demandant une réponse précise et surtout synthétique. Le dispositif a été identique pour tous les candidats : ils ont été filmés entre le 11 et le 22 janvier, sans mise en scène ni préparation, devant la mairie.
  • Hommage

    Le dépot de La Chapelle, de la vapeur à la caténaire

    Nadia Djabali
    Nadia Djabali, qui a rédigé cet article en octobre 2016, nous a quittés après de longs mois de souffrance. Comment partager, sous le choc du chagrin, notre immense tristesse ? Nous republions cet article en hommage à celle qui a été l'âme de notre mensuel et reviendrons sur ses 20 années passées au journal dans notre prochain numéro.
  • La vie du 18e

    Gare du nord : les propositions des urbanistes

    Dominique Gaucher
    Les experts mandatés par la Ville de Paris soulignent notamment le caractère démesuré du projet Stationord et le manque de connexion avec les quartiers environnants. Dominique Gaucher
  • La vie du 18e

    le made in paris labellisé

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    Pour la troisième édition, la Ville de Paris a valorisé les produits façonnés dans la capitale, en décernant le label Fabriqué à Paris à plus de 300 artisans, créateurs, entrepreneurs. Sans surprise, nos talents du 18e se sont fait remarquer.
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    Restos du cœur

    Christine Legrand
    Le pied de la butte Montmartre abrite le plus grand centre parisien de distribution alimentaire des Restos du cœur. Plus d’un millier de familles y viennent chaque semaine chercher de quoi se nourrir.
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    Sandra Mignot
    L’inconnu qui habite le dernier étage. Pierre Richard s’illustre dans un seul en scène où l’image et la gestuelle remplacent la parole.
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    Silvia Dieguez : une gardienne attentionnée

    Noël Bouttier
    A la porte de Clignancourt, une gardienne d’immeubles d’origine brésilienne, Silvia Dieguez, dispense jour après jour des trésors de bonne humeur et de gentillesse.

n° 282

mai 2020