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janvier 2020 / La vie du 18e

Des canards au jardin d’Éole

par Jacky Libaud

À l’origine plutôt farouche et campagnard, le colvert s’est acclimaté. Dans notre arrondissement, peu riche en plans d’eau, on l’observe dans le jardin d’Éole où il niche depuis quelques années.

Monsieur un peu « tape à l’œil », Madame plutôt discrète, scenario assez courant chez les animaux si l’on songe au lion et au coq ! La règle fonctionne aussi chez le canard colvert. Le mâle est très coloré : tête et cou verts, collier blanc, poitrine violacée, corps gris et noir, « miroir » bleu, pieds orange, bec jaune et « frisettes » sur certaines plumes de la queue, alors que la femelle est uniformément brune tachetée de nuances de noir et blanc. Assurant seule l’incubation de sa couvée,elle passe inaperçue aux yeux des prédateurs grâce à son plumage, le nid étant le plus souvent installé au sol.

Mère courage

L’hiver est la saison des amours. De nombreux mâles tentent de séduire une femelle avec force cancanements, courbettes, poursuites et bagarres. Les accouplements sub-aquatiques ont souvent lieu sans le consentement des intéressées mais, une fois en couple, Monsieur défendra Madame contre tout intrus.

Les pontes, 8 à 12 œufs en général, se font très tôt, surtout à Paris. On aperçoit des canetons dès le mois de février et des nichées peuvent être enregistrées jusqu’au mois de juillet. La cane a fort à faire pour défendre ses petits contre les chats, rats, corneilles, goélands ou hérons et la mortalité infantile est importante. Les canetons ne voleront qu’au bout de deux mois et, pour certaines canes nichant loin de l’eau, le chemin vers l’élément liquide se révèle fort périlleux, avec traversées de routes et autres terrains découverts.

Une fois dans l’eau, les canards barbotent pour trouver leur nourriture en suspension et basculent parfois tête en bas pour fouiller la vase.

Les oiseaux dorment beaucoup (d’un œil) le jour et se déplacent souvent en groupe au crépuscule pour rejoindre leurs lieux de gagnage. Entendre le sifflement de leur vol dans la pénombre, avant de les voir « amerrir » sur un bassin avec force éclaboussures est toujours fascinant.

Il est nterdit de les nourrir

En été, c’est la mue. Les oiseaux revêtent leur « plumage d’éclipse », les mâles ne se distinguent alors plus des femelles. À l’automne, puis en hiver, ils débarquent à Paris en provenance des pays du Nord et de l’Est. Et passent parmi nous...

Photo : Jean-Claude N’Diaye

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n° 282

mai 2020