Écologie urbaine : quelle est la priorité de nos élus ?
Amener la nature en ville nécessite une échelle de temps long qui ne correspond pas au temps du politique : la durée du mandat pousse les élus à privilégier des projets de court terme, avec une forte visibilité. Ce ne sont pas forcément ceux qui permettent de changer en profondeur l’écosystème urbain.
Comment améliorer les projets d’écologie urbaine ?
Ces projets obtiennent des fonds importants en investissement mais la vie des projets, les modalités de fonctionnement et d’entretien des espaces créés ne sont pas pris en compte. Pourtant, chaque projet est amené à évoluer et à perdurer. Chapelle International est un bon exemple : un square a été livré il y a deux ans. Il ne convenait pas, jugé trop minéral. Il a été refait. Ce budget aurait pu être alloué à une aide à l’animation et à la cogestion pour accompagner sa tranformation. La nature se débrouille seule mais en ville, il faut l’accompagner et inclure les habitants, leurs usages.
De plus, la manière de construire la ville reste ancrée sur de vieux processus : des projets ex nihilo qui ne tiennent pas suffisamment compte des spécificités de chaque territoire. En outre, chaque expertise, chaque opérateur travaille en silo sur ses problématiques sans intégrer celles des autres et l’expertise des habitants n’est pas suffisamment utilisée. Il reste toujours un fossé entre la concertation et la réalité.
Comment devraient intervenir nos élus ?
On pourrait développer une profession de médiateurs jardiniers. Comme les éducateurs qui parcourent les rues, ces personnels auraient pour mission de veiller aux espaces verts communs et sensibiliser ou inclure les habitants dans leur gestion. Ils interviendraient également en support des jardins partagés ou de la végétalisation participative.
Prochaine mandature : quels projets à suivre ?
Le 18e est l’un des arrondissements les plus denses en projets d’agriculture urbaine. Nous sommes sur-sollicités pour remplir des fonctions sociale, environnementale, pédagogique. Le dispositif des cours Oasis - qui permet de végétaliser les cours d’écoles - est une bonne démarche, qui nécessite d’être animée mais nous essayons aussi d’accompagner l’école dehors. Nous aimerions aussi que la collectivité continue de débitumer les rues. Il y a une dynamique encourageante avec la végétalisation des rues : il faut désormais les entretenir et les étendre. Concrètement, contribuer à créer une trame verte qui pourrait rapidement être rallongée au niveau de la Petite Ceinture, vers le parc Chapelle Charbon, ou au-delà du périphérique ou encore du Jardin des Mécanos.

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