De sa rue Ordener natale jusqu’au quartier de la Moskowa, Laurence Laux a toujours habité le 18e. C’est là qu’elle a assisté aux débuts du street-art parisien. Institutrice de métier, Laurence Laux a toujours baigné dans le milieu de l’art. Son père, Charles Bézie, est un peintre passionné et reconnu et son mari, ancien typographe, est devenu, au tournant des années 1990 et sous le nom de Mosko, l’un des fers de lance d’une nouvelle génération de street artistes. Elle-même trouve sa voie, comme bénévole, au MUR (association Modulable-Urbain-Réactif) d’Oberkampf sur lequel des artistes du monde entier rêvent aujourd’hui de vider leurs bombes de peinture. Se définissant comme calme, passionnée et un brin obsessionnelle, elle nous raconte dans le quartier de la Moskowa, les débuts de cet art urbain, au cœur du 18e.
Au cœur du 18e des années 1970
« Je suis née dans une clinique située au croisement de la rue Ordener et du boulevard Ornano. Fille unique et désirée. Nous habitions un petit appartement de 36m2 rue Ordener, ma chambre avait été installée à la place de la salle de bains et je dormais sur trois coussins dépliés. C’était rudimentaire mais mon père avait bien aménagé notre petit logement. J’ai beaucoup aimé cet endroit dans lequel j’ai vécu jusqu’à mes 17 ans. Peintre à mi-temps, mon père travaillait dans son vieil atelier de la rue Championnet, vers Guy Môquet. Cet endroit, aujourd’hui disparu, était composé de plusieurs ateliers et le voisin de mon père, José Subira-Puig, un sculpteur talentueux et connu est devenu un grand ami.
Ma mère était une (...)