Quatre ans après, Energies Désespoirs – Un monde à réparer est de retour au Cent quatre. « On essaie de partager un état du monde avec des images qui ont plusieurs niveaux de lecture, explique Nicola Delon, architecte et co-créateur de l’exposition. Elles peuvent être surprenantes, angoissantes, faire sourire, elles montrent en tout cas que tout ne va pas bien mais que tout n’est pas foutu. »
L’exposition est conçue pour mettre en évidence les dérives environnementales et les solutions qui émergent. Chacun des 116 panneaux peints qui la composent est accompagné d’un carton explicatif fondé sur des données scientifiques ou des faits observés. Ici, la création d’une bourse mondiale de l’eau en Australie, là, l’adoption d’une loi accordant au fleuve Whanganui (Nouvelle-Zélande) la qualité d’être vivant. Ici le constat que la rénovation énergétique ne réduit pas la quantité d’énergie consommée en ville, là la création d’un restaurant préparant ses menus à l’énergie solaire. Ici, une espèce animale menacée d’extinction (les ânes) car sa peau sert à fabriquer une gélatine alimentaire dont la consommation explose en Chine, là, un biologiste comme Edward Osborne propose de réserver la moitié de la surface du globe aux espèces animales et végétales.
Un projet mis à jour
Les peintures, toutes des originaux, ont été conçues après une réflexion collective et dessinées par l’artiste Bonnefrite (tout juste auréolé du Grand prix du Festival de l’affiche de Chaumont). Car cette installation (en accès libre) est le fruit d’un dispositif collaboratif entre l’agence d’architecture Encore Heureux, l’association Cité Anthropocène de l’université de Lyon et le peintre-affichiste.
Surtout, pour son retour à Paris, l’exposition a été mise à jour. L’organisation des panneaux a été repensée : « Les dessins ne sont plus agencés de la même manière, des rapprochements ont été faits, et surtout, des commentaires ont été ajoutés », précise José-Manuel Gonçalves, le directeur du Cent Quatre.
Au feutre, voire au surligneur, façon graffiti, il est précisé par exemple que si seules trois lignes de trains de nuit subsistaient en 2021, elles sont finalement huit en 2025 (certes bien loin des 67 qui existaient il y encore vingt ans). Des slogans issus des manifestations pour le climat ponctuent également l’exposition.
Parce qu’il faut « changer le système, pas le climat ».

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