Dans ce monde à casquettes où la reconnaissance sociale dépend des logos des grandes marques, Sylvie Camicas a osé monter une boutique de chapeaux sur mesure. Installée rue Caulaincourt après la rue Lamarck, elle apprécie tout particulièrement Montmartre, lieu de réminiscence de ses souvenirs d’enfance. « Ma maman était modiste et styliste, elle m’emmenait en promenade sur la Butte, se souvient-elle d ’un air attendri. Quand j’arpentais ses rues à 5 ans, j’adorais cet endroit et je rêvais de m’y installer. » Plus tard, alors qu’elle se destine à une carrière de danseuse, deux graves blessures mettent fin à ses rêves d’Opéra. À la place, elle s’envole en 1983 pour les États-Unis et s’inscrit au culot à la Fashion Institute of Technology de New York (lire notre n° 122).
À son retour en France, elle continue ses études pied au plancher, devenant titulaire de trois diplômes d’études supérieures en modélisme, stylisme et à l’école de chapeaux CMT. Depuis, Sylvie Camicas a lancé Un Chapeau dans la ville, un atelier-boutique où elle façonne et vend des modèles uniques.
Coup de chapeau
Chaque pièce est unique et nécessite parfois jusqu’à dix jours de travail. Elle peut être faite sur mesure, après avoir déterminé ensemble le coloris, la taille, la forme, le style et les matériaux désirés. Bien entendu, le prix est à la mesure du temps passé à créer le chapeau mais vous pouvez aussi acheter un chapeau de sa boutique, véritable musée. Elle y conserve ses prototypes et ses anciennes collections, les ressortant suivant les tendances du moment.
Depuis plusieurs années, l’artiste a créé aussi sa propre technique de sculptures de chapeaux à main levée dans l’espace, donnant jour à des créations aériennes qui expriment les mouvements des vents et des marées et les rythmes syncopés des chorégraphies de danse. « J’ai été élevée entre mer et forêt, et je vibre aux respirations du vent et de la nature, mes chapeaux sont inspirés de ces rythmes », résume-t-elle.
Vendues dans le monde entier, ses œuvres ont reçu de nombreux trophées prestigieux comme le Premier prix du travail manuel du Rotary Club de Paris (1999) ou le Prix d’élégance à la Dubaï World Cup (2000). Récemment, elle a exposé quatre de ses chapeaux au Musée des arts décoratifs de Berlin. « J’ai obtenu le label Made in France, ajoute-t-elle. Je suis fière de faire partie des artisans d’art à Montmartre ».
Coup de chapeau donc, à cette artiste qui offre l’élégance et la beauté à ceux qui veulent porter haut leur singularité, ou plus simplement se protéger avec style, du froid, de la pluie ou du soleil.

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