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mai 2020 / La générosité en actes

Grand âge : des bénévoles à l’écoute

par Sylvie Chatelin

La solitude devient difficile lorsqu’on ne peut plus sortir. Pour maintenir le lien social avec les personnes vulnérables, plusieurs associations ont développé un service d’écoute téléphonique.

Afin d’aider les personnes âgées et/ou isolées vivant à domicile, à supporter le confinement, Paris en compagnie (lire notre n° 278) a remplacé ses habituelles promenades accompagnées par des « appels de convivialité ». Dès le début de l’épidémie, l’équipe a appelé toutes les personnes âgées inscrites dans son fichier pour s’assurer qu’elles allaient bien, vérifier leur besoin et leur proposer d’être appelées par les bénévoles de l’association.

Les personnes particulièrement angoissées, déprimées ou malades sont prises en charge par l’équipe. De leur côté, les bénévoles appellent une centaine de personnes pour une conversation de vingt à trente minutes, quelquefois plus.

Coup de fil et aide aux courses

Ainsi Odile, 83 ans et habitant la Goutte d’Or depuis sa naissance, reçoit plusieurs coups de fil par semaine de bénévoles de l’association : de longues conversations « pour savoir si on va bien… ils s’intéressent vraiment ! » Très agréable pour cette dame, qui n’ose pas demander de l’aide à ses voisins et ne peut plus voir ses amis. Elle se souvient notamment d’un appel reçu de Los Angeles, où son correspondant est bloqué depuis le confinement, mais ne rate pas ses rendez-vous téléphoniques ! Et le jeudi, Odile rencontre (sur son palier, distanciation sociale oblige) un autre bénévole qui fait ses courses pour la semaine, y compris les deux heures de queue pour accéder au Carrefour du boulevard Barbès. Car les bénévoles de Paris en compagnie rendent compte de leurs discussions et transmettent les besoins de courses, de médicaments qui sont ensuite communiqués à Lulu dans ma rue, partenaire de Paris en compagnie, qui a mis en place un service gratuit de livraison ou à la Croix-Rouge. Pour l’accompagnement à un rendez-vous médical, c’est la Protection civile qui est contactée.

Les personnes âgées s’inquiètent pour leur famille, regardent beaucoup la télé et écoutent les « infos, pas toujours réconfortantes, en boucle ». L’équipe sent monter l’inquiétude et l’angoisse au fur et à mesure que la période de confinement s’allonge et constate que beaucoup auraient besoin de marcher pour des raisons de santé.

Accordeurs solitaires et solidaires

Même démarche à L’accorderie (système d’échanges de services gratuits où seul le temps est compté, lire notre n° 281) qui a appelé ses 200 « accordeurs », dont les deux-tiers sont des personnes âgées, afin de proposer des services de proximité. Beaucoup se sont organisés par ailleurs en faisant appel à des voisins, à la famille. Mais fidèles à l’esprit de l’association, ils continuent d’échanger du soutien scolaire, des séances de relaxation, des conversations en langues étrangères, du dépannage sur tablettes ou de l’aide pour s’orienter dans les méandres d’internet, tout cela par téléphone bien sûr. Pour Myriam, animatrice, « l’important est de garder les personnes de plus de soixante ans investies dans l’association » et c’est ainsi que plusieurs d’entre elles ont proposé de fabriquer des masques.

La deuxième étape a été de mettre en place un service de veille pour la quarantaine d’accordeurs de plus de 70 ans. Ils ont besoin de parler et accueillent toujours avec plaisir ces conversations téléphoniques qui peuvent quelquefois durer une heure, ou plus... Certaines personnes isolées, âgées ou pas, appellent également de leur propre initiative Myriam ou des accordeurs quand la solitude et le besoin de parler sont trop forts.

Au niveau national, la Croix-Rouge a également mis en place un système d’écoute pour les personnes vulnérables et isolées. Une équipe de bénévoles répond tous les jours de 8 h à 20 h et prend également des commandes de produits de première nécessité qui seront livrés le lendemain par des volontaires.

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